PRESIDENTIELLE AU LIBERIA : L’étoile blanche ne doit pas pâlir

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Liberia's President George Weah attends a plenary session at the start of the Paris Peace Forum, in Paris, France, November 11, 2021. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Le 10 octobre 2023, les Libériens étaient appelés aux urnes pour élire leur nouveau président. Vingt candidats sont sur la ligne de départ, parmi lesquels le président Georges Weah, candidat à un second mandat. Après plus d’un mois d’une campagne émaillée de tensions et parfois d’incidents, l’heure de vérité a sonné.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’étoile blanche ne doit pas pâlir. Et pour l’instant, il y a de quoi se montrer optimiste. Car le scrutin s’est déroulé sans couac ni anicroche. On espère qu’il en sera ainsi même après la proclamation des résultats.  Car, le Liberia revient de loin, après plus de dix ans de guerres civiles qui ont ravagé le pays entre 1989 et 2003. C’est pourquoi on croise les doigts pour que les djinns de la violence ne sortent pas de leur bouteille comme cela a été le cas au cours des dernières semaines de la campagne qui a connu des affrontements entre militants du parti au pouvoir et ceux de l’opposition, au point de susciter les inquiétudes de l’Organisation des Nations unies (ONU) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Autant dire que le défi majeur reste encore largement celui du raffermissement de la cohésion sociale, de la reconstruction du pays et du renforcement de la démocratie dans une sous-région ouest-africaine de plus en plus exposée au retour des régimes d’exception.

 

 

Ces élections paraissent aussi ouvertes qu’indécises

 

Cela dit, le principal challenger du chef de l’Etat, est l’ex-vice-président Joseph Boakai, soutenu par une large coalition de l’opposition dans laquelle figure Prince Johnson, ancien chef de guerre et ancien soutien de Georges Weah à la présidentielle de 2017. A 78 ans révolus, tout porte à croire que l’opposant joue sa dernière carte dans un scrutin qui ne lui a pas souri en 2017. A côté de lui, l’homme d’affaires, Alexander Cummings et le défenseur des droits de l’Homme, Tiawan Gongloe, se présentent comme de redoutables outsiders pour l’ancienne star de Monaco, du Paris Saint Germain et du Milan AC. C’est dire si l’ancienne gloire du football international et libérien devenue président, a affaire à forte partie dans cette élection où son bilan paraît pour le moins mitigé malgré la croissance économique réalisée dans un contexte difficile, et où la corruption reste largement encore un défi majeur quand elle ne se présente pas comme l’une des taches noires de la gouvernance du successeur de Ellen Johnson Sirleaf. Toujours est-il que si la victoire, en 2017, de l’icône du ballon rond, avait suscité beaucoup d’espoirs, six ans plus tard, tout semble à refaire pour le locataire de l’Executive Mansion, nom du palais présidentiel libérien, qui est encore loin d’avoir comblé les fortes attentes de ses compatriotes, malgré ses efforts dans le domaine de l’éducation et surtout des infrastructures routières. C’est dire si ces élections paraissent aussi ouvertes qu’indécises et la probabilité d’un second tour n’est pas à écarter.

 

On attend de voir si le taux de participation sera à la hauteur de la mobilisation lors de la campagne électorale

 

En tout état de cause, il appartient à la Commission électorale nationale (NEC) de relever le défi de l’organisation et de la transparence du scrutin, pour éviter les remous susceptibles de plonger le pays dans des violences postélectorales. Le Liberia n’a pas besoin de ça. C’est pourquoi il importe aux candidats de garder une attitude hautement républicaine à l’issue du scrutin, en s’obligeant à renoncer à la violence et à ne recourir qu’aux voies légales en cas de contestation. Et cela, conformément à l’esprit de l’accord de paix baptisé Déclaration de Farmington River 2023, signé en avril dernier par les leaders des partis politiques dans le but de prévenir la violence qui pourrait compromettre la bonne tenue des élections. Il y va de la paix sociale et de l’intérêt de la nation libérienne qui n’a pas besoin de renouer avec les démons du passé, après la douloureuse parenthèse de la guerre civile qui a ravagé le pays pendant plus d’une décennie. C’est dire si ces élections générales qui verront aussi le renouvellement du parlement, sont un véritable défi pour le Liberia qui doit continuer à séduire le monde, dans sa reconversion démocratique et qui en est à sa quatrième élection, depuis la fin de la guerre civile en 2003. En rappel, environ deux millions quatre cent mille électeurs sont appelés à départager les candidats. Et l’on attend de voir si le taux de participation sera à la hauteur de la mobilisation des électeurs lors de la campagne électorale.

 

« Le Pays »

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