Pourquoi Ziguélé cherche – t – il activement à rentrer en contact avec Bozizé ?

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Des informations de sources proches du bureau politique du MLPC et de celui du KNK ne cessent de soutenir que le président du MLPC en la personne de Martin Ziguélé, député de Bocaranga 3 et président de la commission finances à l’assemblée nationale, cherche activement ces derniers temps à rentrer en contact avec le président Bozizé, exilé à Kampala en Ouganda. A ce propos, il a reçu par deux fois Francis Bozizé pour en discuter.

A la question de savoir quelles en sont les raisons, l’homme répond que sa démarche ne s’inscrit pas dans une logique d’une dynamique commune pour la constitution d’une possible  alliance politique dans le cadre des prochaines élections mais plutôt est l’expression d’un engagement total de sa part et d’une disponibilité à travailler au retour de l’ancien président à Bangui et à sa participation effective au processus du dialogue en cours, initié par l’UA et soutenu par la France, les Etats – Unis, la Chine, l’ONU, l’UE, le G5+, la CEEAC, la CEMAC, etc. Une réponse qui est loin de convaincre ses interlocuteurs et qui a suscité et continue de susciter un certain nombre d’interrogations dans leur camp.

En effet, pour ceux qui connaissent bien l’homme et qui savent qu’il a toujours milité dans ses sorties médiatiques et prises de positions publiques pour la fin de l’impunité et la justice, cette démarche n’est pas anodine. Elle cache quelque chose de flou. Et quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup derrière, comme dirait l’autre.

Pour la simple raison qu’il apparait illogique  que quelqu’un qui a combattu pour l’arrestation des bourreaux du peuple centrafricain et qui s’est farouchement opposé à l’octroi d’une loi d’amnistie à tous les auteurs et autres complices  des crimes commis ces dernières années en Centrafrique, puisse se lever un beau matin, faire un virage à 390° et manifester le désir de tendre la main au président Bozizé et même à son fils Francis Bozizé qui sont sous sanctions de l’ONU.

Alors que cherche – t – il exactement ? Il cherche le pouvoir, répondent tout volontiers certains observateurs de la vie politique centrafricaine. Et ceux – ci d’être plus explicites en ces termes : « convaincus qu’il est le seul bien placé pour s’asseoir dans le fauteuil douillet et moelleux de Méckassoua et sachant que la présence du président Bozizé à Bangui ragaillardirait ses partisans et donnerait certainement du fil à retordre au mathématicien de Boy – Rabé, il suffirait qu’un désordre se produise pour qu’il soit appelé à assurer l’intérim de la présidence de la République ».

Pour d’autres, homme de réseaux et fin stratège, informé de ce que des dispositions seront prises dans les jours à venir, au nom de la paix et celle des braves, pour le retour de tous les exilés politiques y compris les président Bozizé et Djotodia, Ziguélé a déclenché cette entreprise pour préparer son propre avenir politique. Un fin calculateur, donc.

N’étant pas doté d’un pouvoir divinatoire pour prédire les évènements et l’avenir, nous ne pouvons pas donner un total crédit à ces propos et toutes ces informations qui circulent par – ci et par – là, tout comme nous ne pouvons pas non plus les rejeter.

Toutefois, nous ne pouvons que noter avec consternation et regret que depuis l’annonce de la tenue du dialogue politique qui se profile à l’horizon, l’atmosphère politique, en commençant par la bataille qui se joue actuellement entre l’exécutif et le législatif, est délétère.

Des manœuvres politico politiciennes, faites de lutte d’intrigues et surtout de guerre de positionnement et de jeux d’intérêts personnels, égoïstes et catégoriels, sont devenus le seul lot quotidien de nos hommes politiques et de nos députés, dans le seul but de divertir les centrafricains et laisser la dramatique situation dans laquelle se trouve le pays, se pourrir.

Dans le même temps, alors que les oligarques incompétents et cupides qui sont au pouvoir, sont impliqués tous les jours que Dieu fait sur cette terre des hommes dans des affaires de scandales financiers, de détournements des deniers publics, de bradages des concessions minières à des hommes d’affaires étrangers et véreux contre de fortes rétro-commissions et de dépravation des mœurs, la République se meurt. Et avec elle, le peuple centrafricain meurt aussi en silence loin des grandes caméras du monde, du fait des exactions des seigneurs de guerre et des bandes armées. Et comme dans de nombreux villages jadis prospères et vivants et où ne règne désormais qu’un silence de cimetière,  peu à peu la vie et l’engouement de vivre dans ce pays disparait. Et avec elle, la flamme de la liberté allumée le 1er décembre 1958 par B. Boganda.

A cause de nos hommes politiques qui n’ont jamais su poursuivre son œuvre ; à cause de leurs fourberies, de leurs intrigues et de leurs invectives ; à cause de leurs propensions inouïes à user de la confiance à eux donner par le peuple dans les urnes, non pas pour le servir mais plutôt pour se servir.

C’est malheureux et honteux !

Jean – Paul Naïba

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