Petit Séminaire St – Marcel de Sibut : 70 ans de Dons à l’Eglise et au Pays

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Vendredi 19 janvier 2018.

Initialement prévue pour le vendredi 19 janvier 2018 à 12 heures, notre arrivée a été retardée d’une heure, suite à une escale au village « Galafondo », situé à 30 Km de Sibut, jadis appelé Fort-Sibut, du nom de ce lieutenant français qui y avait construit une garnison, puis Krébédjé, en la mémoire de cet autochtone, né en 1840 et mort en 1920, qui avait opposé une farouche résistance à l’impérialisme et à la pénétration française. Pour déguster le vin de palme local communément appelé « Péké » ; et c’est là, après quelques délicieuses gorgées que le « comique » Ange Yanguéré s’était levé pour monter sur la scène, esquissant quelques pas de danse, et soulevant l’ire de toute l’assistance, comme pour faire dire à tous qu’il n’a pas perdu, plus de 37 ans plus tard, de ses dons de comédien.

C’est donc dans une ambiance bon enfant et de petits séminaristes de retour des vacances de fin d’année que nous avions fait notre entrée au Petit Séminaire St – Marcel, vers 13 heures,  en nous dirigeant directement vers le bâtiment abritant le réfectoire des professeurs, attenant au domicile et au bureau du Père Supérieur. Le temps de retrouvailles et de formules d’usage de présentation passé, nous avons été invités par le Père Supérieur Cyrille Pangola, à partager le déjeuner avec toute son équipe.

Après ces moments fort agréables  de partage de pain en communauté, égayé par de fructueux échanges, nous avons décidé de remettre à nos hôtes les présents destinés au Séminaire afin d’aller prendre notre QG, au quartier, malgré l’insistance du Père Supérieur, au bord de la rivière Tomi. Histoire d’obtenir des chambres décentes avant que n’arrivassent les  nombreux invités à cette cérémonie. Ce laps de temps nous avait permis de faire le tour de la ville et déguster deux bouteilles de bière, non fraîches, chacun avant de prendre part à la messe d’ouverture de la cérémonie de célébration de ce 70ème anniversaire, au Séminaire de 18 heures à 19 heures 30 minutes.

A la fin de la messe,  comme nous avions payé en route des rats palmistes et quelques pangolins bien frais que nous avions déposés dans la maison de la belle – famille de Sérémalet Aimé – Lambert, nous avons préféré décliner, avec trop de politesse et diplomatie, l’offre du Père Supérieur nous invitant à prendre le dîner avec eux, pour nous retrouver à 20 heures, au quartier Socada, au bord de la rivière Binguiti, affluent de la Tomi, savourant ces mets préférés, accompagnés de quelques bouteilles de bière, non fraîches un fois de plus.

Samedi 20 janvier 2018.

 Alors que nous étions tous bien réveillés et assis sous une belle paillote dans la concession de la belle famille de Sérémalet, attendant de prendre notre petit – déjeuner composé des restes de nos plats de la veille et de quelques pigeons verts, achetés lors de la marche matinale, bien rôtis, assaisonnés et pimentés, le téléphone de Bissafi Thierry, connu jadis sous le patronyme de Hassana ou Assana, sonna. Au bout de fil le Père Supérieur  de nous de demander de nous rendre au Séminaire  participer à une conférence – débat, à 9 heures précises. Surpris et n’ayant pas été informés du programme du déroulement de cette festivité, nous avions trouvé unanimement judicieux de nous régaler d’abord, avant de déférer à son invitation. Sitôt dit, sitôt fait.

C’est à 10 heures que nous étions arrivés au Séminaire pour la Conférence – débat qui, animée par le Père Supérieur, Cyrille Pangola, venait étonnement à peine de commencer  par la présentation des membres composant l’équipe dirigeante, suivie de son exposé portant sur l’historique du Petit Séminaire St – Marcel de Sibut.

De cette intervention, il est ressorti que depuis son ouverture le 7 octobre 1947, sous la direction du Père Jean – Marie Lejeune et de feu Abbé Lingo, à ce jour il a formé 2524 séminaristes dont 4 évêques, à savoir Joachim Ndayen, Jean – Claude Regbanga, Xavier – François Yongbandji et Richard Appora, 91 prêtres  et des hommes d’état, des ministres, des députés, des fonctionnaires et agents de l’Etat dans tous les différents domaines sectoriels, des militaires, gendarmes, policiers et salariés dans le secteur privé sans oublier l’agriculture et l’élevage. D’où le slogan : « Petit Séminaire St Marcel de Sibut : 70 ans de Dons à l’Eglise et au Pays ».

 Après avoir évoqué la belle période de cette oasis, cette hacienda ou plus exactement ce petit « Jardin d’Eden » qu’était ce centre de formation de futurs disciples du Christ et d’incontestables et redoutables soldats de l’Apôtre Paul, grâce à l’œuvre messianique des Pères Spiritains, en général, et à l’esprit d’initiative, d’organisation, de discipline, inspiré et incarné par  Michel Desportes, en particulier, qui y avait tenté et réussi une politique d’auto – prise en charge et d’autosuffisance alimentaire, dans les années 80, il a poursuivi  ses propos en s’appesantissant sur les difficultés dans lesquelles baigne désormais  le Séminaire, dues à un contexte où ne règnent plus la crainte de Dieu et le respect des séminaristes, où les bonnes volontés et les œuvres de charité se font rares en Europe, depuis le départ des Pères Spiritains, où l’équipe dirigeante du Séminaire ne jouit plus d’une certaine autonomie et n’ a plus une marge de manœuvre comme les autres en jouissaient.

D’où le constat de champs de désolation et de  ruines  qu’offre aujourd’hui le Séminaire St Marcel de Sibut, par  la présence des lycéens qui y prennent cours ensemble avec les séminaristes avec tout le risque de contamination des mentalités et de perversion des valeurs ayant fondé l’existence de cette maison de jeunes, telles que conçues par les Pères Spiritains,  l’influence combien trop  importante des parents des apprenants sur la gestion du Séminaire et la prise des décisions, du fait du poids financier de leurs apports, l’inexistence de moyens de déplacement, etc…. Il a fini sa présentation  par un appel aux bonnes volontés et aux ressortissants du Petit Séminaire de Sibut pour des appuis matériels, logistiques et financiers.

 

De toutes les interventions ayant suivi ce brillant exposé, seules les nôtres, prononcées d’abord par moi – même, de la « légendaire promotion »  1980- 1984, et ensuite par Thierry Bissafi, de la promotion 1981- 1985, ont  véritablement suscité l’admiration et l’adhésion de toute l’assistance. Pour avoir dénoncé la responsabilité de l’équipe dirigeante actuelle dans la déchéance du Séminaire, due à l’absence de tout esprit d’initiative, d’organisation et de discipline dont avaient fait preuve Hubert Douillard, Michel Desportes, Joseph Wirth, par exemple, à une soumission totale et inacceptable à l’autorité des parents des séminaristes, réfractaires à l’exercice des travaux manuels, et à une certaine propension au clientélisme, pour avoir accepté d’ouvrir le Séminaire à des jeunes venus d’ailleurs.

Après plus de deux heures, le Père Supérieur a levé la séance et a demandé à l’assistance de s’apprêter à aller  accueillir le Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga dont de Djoukou et de Galafondo l’arrivée était prévue pour 13 heures.

A suivre….. !

Jean – Paul Naïba

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