PERCEE  DU M23  EN RDC : Félix  Tshisékédi  doit se faire du mouron

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PERCEE  DU M23  EN RDC : Félix  Tshisékédi  doit se faire du mouron

L’armée congolaise semble avoir  perdu du terrain dans le conflit qui l’oppose depuis quelque temps, au mouvement  rebelle du M23. En effet,  celle-ci a perdu  le contrôle de la ville stratégique de Bunagana, frontalière avec l’Ouganda, à l’issue de violents affrontements. Ce sont des militaires congolais qui ont été contraints de se replier du côté  de la frontière ougandaise. Autant dire que Félix Tshisékédi  doit se faire du mouron car cette débâcle de son armée,  est un mauvais signe. Celle-ci  intervient au lendemain de la visite du roi belge en RDC, visite au cours de laquelle les autorités de Kinshasa, confrontées aux nombreuses incursions de l’ennemi sur leur territoire, ont demandé ouvertement à leur hôte, un soutien et un appui logistique en armement afin de  faire face à ce mouvement qui sème la  terreur et la désolation au sein des populations le long de la frontière  du Nord-Kivu que la RDC partage avec le Rwanda et l’Ouganda. Selon la Croix- Rouge, ce sont près de 30 000 Congolais qui ont trouvé refuge en Ouganda. Aujourd’hui,  ce conflit oblige  ces deux pays  jadis bons  voisins, à  se regarder  en chiens de faïence au point qu’ils ont fini par rompre tous les accords qui existaient entre eux. En effet, la RDC  accuse le Rwanda  d’armer et de soutenir les rebelles du M23 dans l’objectif de la déstabiliser. Des accusations démenties par le gouvernement rwandais.  Le  président angolais, Joâo Lourenço, a essayé d’apporter ses bons offices à travers une médiation en vue de rapprocher les deux pays et mettre fin au conflit. Une  démarche qui est à saluer. Cependant, pour que celle-ci aboutisse, il faudrait  que les deux protagonistes que sont Kagamé et Tshisékédi, fassent preuve de bonne volonté et surtout de sincérité.

Dans le jeu d’intérêt régional, le Rwanda pourrait vouloir à tout prix continuer à maintenir sa mainmise sur le Nord-Kivu

On constate que la situation dans la zone est  loin de s’améliorer ;  elle se dégrade  de jour en jour, et les Congolais ne cachent plus leur ras-le-bol. Ils l’expriment à travers des manifs de rue comme ce fut le cas le 15 juin dernier à Goma. Pendant ce temps, le  M23 continue son avancée  avec le soutien supposé ou réel du Rwanda   qui rejette toujours toute implication de ses soldats. Si tout cela est avéré,   il  serait naïf  de croire que  ce mouvement rebelle  qui  a repris du poil de la bête, suite à  cette victoire,  va  freiner son avancée. Dans tous les cas, la RDC et le Rwanda devraient  comprendre qu’ils  sont condamnés à s’entendre  s’ils veulent ramener la paix dans la région. Quant  à  Félix Tshisékédi  et  son  gouvernement, ils pourraient travailler à faire baisser le mercure  en associant le M23 aux rencontres que le gouvernement organise. Car, disons le, ce mouvement, suite à la rencontre de Nairobi au Kenya, a fait des démarches auprès de l’Exécutif congolais pour obtenir la mise en œuvre de certains points  de l’accord. Mais ce mouvement a été exclu des rencontres entre le gouvernement congolais et les groupes armés. Sans doute est-ce l’une des causes de son hostilité sans relâche envers la RDC. Mais si les armes peinent toujours à se taire, la raison est probablement à chercher aussi du côté de Kigali car le M23 est accusé d’être à tort ou à raison soutenu par Kigali depuis sa naissance. Dans le jeu d’intérêt régional, le Rwanda pourrait vouloir à tout prix continuer à maintenir sa mainmise sur le Nord-Kivu et signaler à toute la région, et plus particulièrement au Kenya qui a offert ses bons offices, qu’il reste l’interlocuteur incontournable pour tout ce qui concerne les questions sécuritaires.  

Ben Issa TRAORE  

Le Pays

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