Paoua : Quand la Minusca laisse tuer et se contente d’accuser les médias de diffamation

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Dans son dernier communiqué de presse, la Minusca n’est pas allée par quatre chemins pour conférer béatement à l’article intitulé «  Paoua : La Minusca prise en flagrant délit de ravitaillement des éléments du général Bahar en armes et minutions », paru dans le journal Le Démocrate, il y a quelques jours, un caractère mensonger et diffamatoire, pour avoir repris sans recoupements préalables  une publication du journal en ligne La Voix des Sans – Voix.

Loin de lui dénier ce droit à la parole et à la réfutation du contenu de l’article ci –dessus mentionné, la rédaction regrette le refus de sa responsable en charge de la communication d’échanger sur cette question d’une extrême gravité avec le journal Le Démocrate et  considère  cette sortie médiatique malencontreuse non seulement comme l’expression d’une propension systémique et systématique de la Minusca à ne pas reconnaitre ses propres faiblesses mais surtout comme sa marque de fabrique et sa totale disponibilité  à rejeter sur les médias son implication dans l’alimentation et la persistance de la crise centrafricaine.

 En réponse à ses dernières gesticulations, la rédaction du journal Le Démocrate rend publique ici la  lettre d’un habitant de Paoua qui accuse le contingent bangladais de passivité ou de complicité avec les éléments du général Bahar :

«  La zone de Paoua dans la détresse : priez pour les déplacés !

 Commune de Bah-bessar

 Les Séléka dans leur fuite de pougol vers la base de Béni en date du 1er Janvier 2018 ont tué 3 personnes dont 1 jeune et 2 vieillards carbonisés suite aux incendies des cases aux villages  Nzéréké situé entre pougol et benamkor. Le 02 Janvier 2018, les séléka ont tué 15 personnes et plusieurs blessés de village Bénamkor. Ces villageois étaient en abri au bord de rivière pende dans la brousse fuyant les exactions des séléka. Les maisons sont incendiés et les greniers sont vidés donnés aux bovins des peuhls qui appuyaient les séléka dans les exactions contre la population civile.

Commune de Mia pende

Le 3 Janvier 2018 les séléka sur les chevaux ont attaqué les villages béokoumbo ;békila sur l’axe béboura3-Bémal ils ont massacré la population et incendié des maisons ,des greniers et réserves alimentaires carbonisés.

Commune de Banh

Dans la commune de Banh, une partie de la population a trouvé refuge dans la brousse allez-y comprendre pendant cette période de fraicheur. La situation humanitaire est très déplorable.

Actuellement Paoua est devenu un centre de gravité de la population de ces zones de combat avec une forte concentration des déplacés d’autres ont trouvé refuge dans la brousse. Je viens de recevoir une information selon laquelle, les Séléka ont pris en étau les Antibalaka à bédéré 5km de Paoua.

Dans la nuit de Mardi 02 Janvier 2018, un contingent Bangladesh rentrait sur paoua avec plus d’une vingtaine de véhicule.

Pour votre information Gouzé est libéré depuis plus de 2 semaines par les antibalaka donc la voie entre Paoua et Bozoum est libre. SI LES RESSORTISSANTS DE Paoua pouvaient faire quelque chose pour sauver des vies dans un délai raisonnable en vérité, les gens souffrent grand frère.

Actuellement la population de Paoua est dans la psychose pour la simple raison que les séléka sont capables de rentrer sur Paoua et cela va être une catastrophe. Recevez mes fraternelles salutations ».

Comme tous les lecteurs et les lectrices du journal Le Démocrate peuvent le constater, alors que les éléments du général Bahar commettaient leurs exactions, une vingtaine de véhicules du contingent bangladais de la Minusca faisait tranquillement route vers Paoua, abandonnant ainsi des populations civiles à la merci de leurs bourreaux. Qu’est ce que ce contingent venait faire à Paoua ? Sa mission première n’était – elle pas d’assurer leur protection ? Quel qualificatif peut – on donner à cette attitude ? Acte de passivité ou acte de complicité ? Comment le contingent bangladais  peut – il rentrer à Paoua  sans gêne au moment où des communes entières étaient à feu et à sang et où  leurs habitants étaient attaqués de toutes parts par des hommes armés ? Terrible, n’est – ce pas ?

Voilà de si pertinentes questions auxquelles  la Minusca a intérêt à répondre, au lieu de  chercher toujours à jeter son dévolu sur les médias et à  cacher ses laideurs et ses actes de culpabilité  avérés dans la persistance de la crise centrafricaine, sous des dehors des menaces perpétuelles de bâillonnement de la presse.

Nous rendrons publiques dans notre prochaine parution les informations en notre possession et touchant à la complicité entre ce contingent et les éléments du général Bahar.

Affaire à suivre ….. !

Jean – Paul Naïba

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