JOURNEE DE MANIF DE L’EGLISE CATHOLIQUE CONTRE LE M23 : Une marche suffira-t-elle à émouvoir le M23 ?                

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JOURNEE DE MANIF DE L’EGLISE CATHOLIQUE CONTRE LE M23 : Une marche suffira-t-elle à émouvoir le M23 ?                

JOURNEE DE MANIF DE L’EGLISE CATHOLIQUE CONTRE LE M23 : Une marche suffira-t-elle à émouvoir le M23 ?

Le  4 novembre 2022, à l’appel de l’Eglise catholique, les Congolais sont descendus dans la rue de Kinshasa et de plusieurs autres villes pour dénoncer « la guerre d’oppression imposée à la RDC et l’hypocrisie de la communauté internationale ». Les cortèges qui charriaient de grandes foules dans la capitale, se sont dirigés vers les représentations de la Monusco, des Nations unies et le quartier des ambassades, pour faire passer leur message.  De prime abord, l’on peut dire que c’est inhabituel pour le clergé, en dehors des processions religieuses, d’organiser des manifs de ce genre mais pour qui connait l’engagement de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) pour les causes nationales en République démocratique du Congo (RDC), cette marche contre le M23 et ses parrains n’a rien de véritablement surprenant. L’on peut même dire que l’Eglise catholique est dans son rôle. Car, elle ne pouvait pas se claquemurer dans le silence face aux atrocités de la guerre dans le Nord-Kivu. Elle colle ainsi à son image de l’Eglise artisane de paix. Mieux, comme elle n’en fait d’ailleurs pas mystère dans son appel à manifester, elle cherche à attirer l’attention de l’Occident sur ce conflit qui pourrait passer comme une guerre oubliée. Et quand on connait le cordon ombilical qui lie l’Eglise universelle à l’Occident, tout laisse croire que la CENCO ne prêche pas dans le désert.

 

On est en droit de se demander si l’Eglise catholique ne pouvait pas agir autrement

 

Mais au-delà de ces raisons qui peuvent paraître évidentes, il peut y avoir des mobiles sous-jacents comme la volonté d’afficher la démarcation de l’Eglise catholique du M23 qui est majoritairement constitué de Tutsis qui sont généralement d’obédience chrétienne, comme pour dire que la foi catholique ne saurait servir d’idéologie pour alimenter la guerre.  Cela dit, l’on peut se demander si cette simple marche suffira à toucher les cœurs des rebelles du Nord- Kivu. Il est vrai que la foi au miracle est une posture chrétienne mais l’on peut sérieusement douter de l’efficacité d’une manif pacifique contre des hommes armés qui croient dur comme fer à la légitimité de leur lutte. C’est pourquoi l’on est en droit de se demander si l’Eglise catholique qui constitue une puissante voix morale en RDC, ne pouvait pas agir autrement, c’est-à-dire en se constituant comme médiateur entre l’Etat congolais qui, jusque-là, refuse de s’asseoir autour de la même table que les rebelles et le M23. Cette solution aurait eu pour avantage de privilégier le  dialogue comme mode de règlement du conflit par le rapprochement des positions, contrairement à la marche de ce dimanche qui ressemble plus à un parti pris de l’Eglise catholique en faveur des autorités congolaises avec pour risque de jeter en pâture au M23, les fidèles catholiques qui peuvent désormais être la cible des exactions des groupes rebelles. Mieux, il est évident que les pressions de l’Eglise catholique sur les autorités congolaises pour aller vers une offre de paix au M23, seraient beaucoup plus porteuses que celles qu’elles tentent d’exercer sur un groupe d’insurgés dont elle ignore complètement les valeurs.

 

 Saho 

Le Pays

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