OBSEQUES DE PELE : Une entrée bien méritée dans le panthéon brésilien  

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OBSEQUES DE PELE : Une entrée bien méritée dans le panthéon brésilien

Après des obsèques nationales à la fois riches en couleurs et en émotions au stade de Santos où a été exposée sa dépouille mortelle, la légende du football brésilien, Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento, décédée le 29 décembre 2022 à l’âge de 82 ans, a été conduite à sa dernière demeure, le 3 janvier 2023, dans l’intimité familiale après une longue procession dans la ville où le tout- Brésil a dit ses adieux à son dieu. Conformément à sa volonté, il a été inhumé au 9e étage du Mémorial Necropole Eucumenica, un cimetière vertical aux allures d’un building moderne, avec une vue sur le stade de Santos dont la pelouse l’a vu étaler son génie. C’est donc un hommage exceptionnel ayant connu la participation de milliers de Brésiliens qui scandaient le nom « Pelé, Pelé, Pelé » sous des applaudissements nourris et d’un parterre de hautes personnalités politiques et du football mondial dont le président de la Fédération internationale de football  association (FIFA), Gianni Infantino et le président de la Confédération sud-américaine de football, Alejandro Doinguez, qui a été rendu au roi du football. Et c’est peu de dire que c’est un hommage mérité.

 

Si les Anglais ont créé le football, Pelé l’a réinventé

 

Car, l’icône a non seulement beaucoup apporté au sport-roi, mais aussi au Brésil qui l’a érigé, de son vivant, en « trésor national non exportable ». En effet, au football, Pelé a beaucoup sinon tout apporté au plan technique et sportif. L’on pourrait même dire que si les Anglais ont créé le football, Pelé l’a réinventé. Au cours de sa carrière, l’homme aux 1281 buts marqués en 21 ans de carrière, s’est révélé un joueur de football accompli, capable de combiner les capacités techniques et sportives, l’intelligence et la vitesse en passant par la précision et le sens de l’objectif. Et c’est bien l’avis de son compatriote, Tostão, une autre icone du football brésilien, qui eut de lui ces mots :   « Je crois que Pelé était meilleur que tous les autres. Pour moi, il n’y a pas photo. Il n’avait pas le moindre défaut. Maradona était un génie mais physiquement, il n’était pas au niveau de Pelé. Il n’a jamais autant marqué que lui. Messi est un génie, mais il ne possède pas le jeu de tête de Pelé, il n’est pas aussi adroit des deux pieds et il n’est pas capable de dribbler comme le faisait Pelé. Cristiano Ronaldo est un joueur exceptionnel, mais il n’a pas le talent de Pelé et il ne possède pas son sens inné de la passe. En associant les qualités de Cristiano Ronaldo et de Messi, on obtient un joueur qui pourrait soutenir la comparaison avec Pelé ».  A son pays, le Brésil, Pelé a aussi beaucoup apporté comme il l’a dit lui-même lors d’une interview :  “Je n’étais pas un superman, je n’étais pas capable de faire des miracles, j’étais juste une personne normale à qui Dieu avait donné le don de jouer au foot. Mais je suis sûr qu’en jouant au foot, j’ai fait plus pour mon pays que bien des hommes politiques payés pour ça”. En effet, le roi du football a, en effet, apporté à son pays, trois Coupes du monde, lui collant à jamais l’image de pays du football.  

 

L’immortalité accordée à Pelé dépasse largement les frontières du Brésil

 

Mieux, son génie footballistique qui lui a valu d’être le plus jeune joueur à remporter la Coupe du monde, a engendré chez de nombreux jeunes Brésiliens, l’amour du sport-roi au point de faire du Brésil, une véritable usine de footballeurs qui s’exportent dans le monde entier, constituant ainsi une importante manne financière pour le pays. Et l’on ne peut passer sous silence le renforcement du sentiment national auquel Pelé a fortement contribué en unissant un pays socialement fracturé dans l’amour du football.  Toute cette image élogieuse de l’homme que le Brésil continue de pleurer, est davantage embellie par le fait que Pelé, au plan personnel, n’a pas été une star à polémique. Au contraire d’un Diégo Maradona de l’Argentine, éternelle rivale du Brésil en football en Amérique du Sud, sa vie et sa carrière n’ont jamais été entachées de scandale. L’on peut donc comprendre qu’après avoir tout donné à son pays, son pays le lui rende bien à travers un hommage grandiose qui a connu la participation effective du tout nouveau président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva qui, après son investiture le dimanche 1er janvier dernier, lui a consacré son premier déplacement. Pelé est donc entré à juste titre dans le panthéon brésilien. Mais l’immortalité accordée à Pelé dépasse largement les frontières du Brésil. Car, le président de la FIFA, pour garder la mémoire de celui qui est considéré comme le plus grand footballeur de tous les temps, a fait la promesse suivante : « Nous allons demander à tous les pays du monde de baptiser un de leurs stades du nom de Pelé ». C’est en raison de tout cela que l’on est en droit d’espérer qu’il sera obtenu au roi du ballon rond, le pardon de ses contempteurs qui lui reprochent le fait qu’en homme de couleur,  passé entre-temps en politique en occupant le portefeuille de ministre des Sports, il n’ait pas, à l’image d’un Mohammed Ali aux Etats-Unis, milité pour la cause des Noirs qui vivent dans des conditions précaires au Brésil et dans toute l’Amérique.

 

« Le Pays » 

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