Niger : le régime militaire accuse la France de préparer une « intervention militaire »

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Amadou Abdramane, colonel major membre de la junte putchiste au Niger, dénonce les accords de coopération militaire avec la France Prise de parole à la télé le jeudi 03 août 2023

Niger : le régime militaire accuse la France de préparer une « intervention militaire »

Le colonel-major Amadou Abdramane s’est fendu de cette déclaration dans un communiqué lu samedi soir à la télévision.

Le 10 septembre 2023 à 01h50, modifié le 10 septembre 2023 à 13h43

Le régime militaire nigérien issu d’un coup d’État a accusé la France de « déployer ses forces » dans plusieurs pays ouest-africains en vue d’une « agression » contre le Niger, dans un communiqué lu samedi soir à la télévision nationale.

« La France continue de déployer ses forces dans plusieurs pays de la Cédéao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, NDLR) dans le cadre de préparatifs d’une agression contre le Niger, qu’elle envisage en collaboration avec cette organisation communautaire », notamment « en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Bénin », a déclaré un membre du régime, le colonel-major Amadou Abdramane.

Le régime affirme avoir constaté depuis le 1er septembre que « deux aéronefs de transport militaire type A400M et un Dornier 328 ont été déployés en renfort en Côte d’Ivoire », et que « deux hélicoptères multirôles type Super Puma » et « une quarantaine de véhicules blindés » l’ont été « à Kandi et Malanville au Bénin ». Six jours plus tard, soit jeudi 7 septembre, « un navire militaire français a accosté à Cotonou (Bénin, NDLR) avec à son bord, du personnel et des moyens militaires ». Les généraux au pouvoir font également état d’ « une centaine de rotations d’avions militaires cargo ayant permis de débarquer d’importantes quantités de matériel et d’équipement de guerre au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Bénin, pour ne citer que ceux-là ».

« Ces manœuvres » ont pour but de « réussir une intervention militaire contre notre pays », selon eux.

Après le coup d’État du 26 juillet, la Cédéao a brandi la menace d’une intervention militaire au Niger, dont elle avait annoncé la préparation, pour rétablir l’ordre constitutionnel, libérer le président renversé Mohamed Bazoum et le restaurer dans ses fonctions. Une décision soutenue par la France, qui compte environ 1 500 soldats dans ce pays sahélien, dans le cadre de la lutte anti-djihadiste.

Des rotations d’hommes et de matériels dans les pays voisins

Ces derniers jours, les deux parties avaient admis l’existence d’« échanges » sur le retrait de « certains éléments militaires » français au Niger, alors que les généraux à Niamey exigent le départ des soldats tricolores. Ce dialogue constituait une inflexion par rapport à la posture de fermeté jusqu’ici adoptée par Paris, qui refuse toute légitimité aux nouvelles autorités de Niamey ayant démis le président Mohamed Bazoum, partenaire des Français.

Malgré les injonctions du pouvoir en place, qui a dénoncé les accords de coopération militaire avec la France et mise sur « un départ rapide » des Français, Paris excluait avant cela tout retrait du Niger, où l’ambassadeur Sylvain Itté reste actuellement en poste, cloîtré dans son enceinte diplomatique et menacé d’expulsion.

Ce dimanche, depuis Delhi (Inde) où il assiste au sommet du G20, Emmanuel Macron s’est montré catégorique: « Si nous redéployons quoi que ce soit, je ne le ferai qu’à la demande du président Bazoum et en coordination avec lui. Pas avec des responsables qui aujourd’hui prennent en otage un président », a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Le chef de l’Etat a réitéré sa demande de « la libération du président Bazoum et la restauration de l’ordre constitutionnel ».

Les États-Unis, qui disposent de quelque 1 100 soldats au Niger, ont commencé « par précaution » à repositionner leurs troupes de la base 101 de Niamey à la base 201 d’Agadez, dans le centre du pays, a pour sa part déclaré le département de la Défense jeudi.

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