Nation : Que dit la cour constitutionnelle de l’invalidation des présidentielles au Kenya ?

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Depuis la conférence de la Baule dans les années 90, un vent de démocratie a soufflé sur l’Afrique. Ce vent est suivi de conférence nationale à travers le continent. L’Afrique a ainsi pris une nouvelle dimension avec l’avènement du multipartisme et de l’alternance démocratique. Toutes les dictatures de l’époque sont alors légalisées ou encadrées dans une structure légale.

On assiste avec impuissance à la main invisible de l’Occident qui dicte les conduites à tenir lors des différentes élections pour maintenir ou destituer les présidents africains au grès de leurs intérêts. Le continent africain est ainsi habitué à des mascarades d’élections avec la complicité criminelle des commissions électorales et cours suprêmes (ou Cour constitutionnelle).

Toutes ces manœuvres sont placées sous la très haute bénédiction des missions internationales d’observation électorale sans oublier la fameuse communauté internationale.

Le célèbre président ivoirien Laurent Gbagbo en a fait les frais et reste un cas d’école dans les annales des élections en Afrique. Les archives électorales en Afrique est en train de connaître un revirement jurisprudentiel très important car pour une première fois en Afrique une cour constitutionnelle invalide les Présidentielles alors que le président sortant était déclaré réélu par la commission électorale.

Eh oui…ce n’est pas une illusion, cela c’est passé au Kenya, un pays d’Afrique australe qui avait connu un passé électoral compliqué avec des milliers de morts dans les camps des deux protagonistes. Secoué par son envie de comprendre, le citoyen lambda qui ne se prive pas de curiosité et s’interroge : Depuis quand un président proclamé élu par la commission électorale se voit son élection invalidée par la cour suprême ? Dans quelle faculté les juges de cette cour ont-ils appris le droit ? Cela servira t-il de cas d’école ou de jurisprudence de principe aux autres États africains ? Cette décision est-elle le début d’une révolution électorale en Afrique ? Dans le contexte centrafricain, quelle lecture le malheureux candidat aux dernières élections présidentielles donnera de cette décision ? Sous cette optique, que dire des rapports des missions internationales d’observation électorale ? La cour constitutionnelle centrafricaine avait-elle mesuré la portée de sa décision ? Pourquoi cette piteuse élection centrafricaine entachée d’innombrables irrégularités n’était pas annulée ? La cour constitutionnelle se rend- t-elle compte de ce que nous vivons aujourd’hui avec les conséquences de leur médiocrité ?

La décision rendue par la cour suprême kényane nous prouve l’indépendance progressive des institutions judiciaires dans le cadre du respect de la théorie de séparation de pouvoir édictée par Montesquieu. Cette décision confirme également la différence de culture démocratique qui existe entre les États anglo-saxons et les États francophones.

Il est évident que le vieux partenaire privilégié des États francophones a commencé à se mordre les doigts devant ce riche continent qui commence à prendre progressivement conscience de son exploitation abusive. La réponse spontanée du président Rwandais à l’attaque du président français et les mécontentements contre l’impérialisme monétaire du franc CFA en sont des illustrations. La démocratie en Afrique commence à retrouver sa vraie définition étymologique: »Le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple ».

Sous certains cieux, que risquent les courageux membres de cette Cour suprême ?

Ils allaient très certainement subir les représailles de tous genres et même le chien de la famille serait répréhensible. Au passage les membres de la honteuse commission électorale doivent démissionner et même se voir traduit devant les tribunaux pour crimes et haute trahison.

S’inscrivant dans la même suite logique, le président déclaré élu par la commission électorale doit se retirer de la course pour laver son affront. Il est important de rappeler que la définition du remord n’est pas loin de la culpabilité et de l’auto-accusation.

Le président kényan ne regrette t-il pas des milliers de morts qu’on pouvait épargner lors de la précédente élection présidentielle qui a connu une crise post électorale très sanglante ?

Nous estimons par contre que la cour suprême du Kenya n’est pas allée au bout de sa logique car elle devrait en conséquence déclarer le candidat de l’opposition gagnant suite à l’annulation des procès verbaux des bureaux de vote frauduleux et fictifs.

Pour en finir et dans le souci de la transparence des futures échéances électorales en Centrafrique, nous invitons humblement les autorités centrafricaines d’envoyer les membres de la Cour constitutionnelle en stage au Kenya pour se recycler car la maxime de l’ancien président américain Obama qui disait que:« L’Afrique a besoin des institutions fortes et non des hommes forts » Se profile à l’horizon et commence à prendre son envol. Mais attention, ne le dîtes à personne. Si on vous demande, ne dîtes pas que c’est moi.

Source : Afriquenewsinfo

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