Nation : Quand l’ « Affaire Kokaté / Dologuélé » fait révéler les grands dossiers de scandales financiers

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Comme le journal « Le Démocrate » l’avait si bien dit dans l’un de ses articles, après une mission de recoupements d’information et d’investigations faisant suite à la publication par le journal en ligne Sango Ti Kodro dans lequel M. Sani Yalo, opérateur économique et ci- devant président du conseil d’administration du Barc, a été copieusement savonné, cette attaque par voie de presse ne serait que l’œuvre d’un de ses détracteurs dont le nom a été fort heureusement cité dans ledit article. Du fait du report sine die de la procédure judiciaire pendant devant le tribunal de grande instance de Bangui et afin de donner l’opportunité à l’opinion nationale et internationale de se faire une idée sur les  tenants et les aboutissants de cette affaire, la rédaction se fait l’humble devoir, des sources très proches du mis en cause, de porter à la connaissance de ses  lecteurs  et lectrices, une partie de l’article du compatriote, Jean Lucien Kayamadé, observateur libre et politologue centrafricain, largement diffusé, peu avant l’entre – deux tours des élections présidentielle et législatives.

 Afin que nul n’ignore !

 « ……….Mais une rétrospective du parcours de ce compatriote s’impose bien à chacun de nous, ceci afin de ne pas crier demain lorsque les choses iraient de mal en pis, alors que lui DOLOGUELE serait peut-être déjà élu. C’est donc dans ce contexte que je souhaite scruté avec vous chers compatriotes, le profil de ce candidat dont le projet de société plus utopique que réaliste a du mal à véritablement convaincre.

 Question à 1euro : Qui est vraiment Anicet Georges Dologuelé ?

 L’homme serait (d’après wikipédia), titulaire d’un DEA (Diplome d’Etudes approfondies) en ECONOMIE obtenu à l’Université de Bordeaux en France en 1982. Diplôme qui lui ouvrira comme fonctionnaire, les portes de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). En 1995, Dologuélé est nommé représentant de cette institution financière sous régionale auprès de la France et de l’Union européenne. En 1997, il est rappelé par le Président de la république Ange-Félix Patassé qui lui confie alors le poste de Ministre des finances, dans le gouvernement Michel Gbezera-Bria. Du 4 janvier 1999 au 1er avril 2001, il fut Premier ministre, Chef du gouvernement de la République centrafricaine.

 Il sera ensuite nommé Président de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) à Brazzaville au Congo, mandat renouvelé en 2006. Après avoir été licencié à la BDEAC, il crée son association dénommée “Espoir et Avenir”; puis en juin 2013, il fonde son parti politique, l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA). Ce bref aperçu de l’itinéraire d’Anicet Georges Dologuelé témoigne bien de son ambition et sans doute de son audace, surtout dans un pays ou 55% de la population est illettrée. Toutefois, cela suffit-il pour que nous Centrafricains puissions l’élire lors du second tour de ces élections de la dernière chance ?

Nous pourrions ensemble répondre à cette question uniquement après avoir fait une lecture rétrospective du parcours de l’homme quand il était bien aux affaires dans notre pays. Commençons par là…

1/PREMIER POINT :

Quand il fût ministre des finances et Premier ministre cumulativement avec le poste précité, d’Anicet Georges Dologuelé était connu pour sa main mise sur les marchés publics. En effet, tous les Centrafricains savent bien qu’il s’octroyait systématiquement des rétro-commissions de 10 % sur tous les marchés publics attribués aux opérateurs économiques, tant et si bien que ces derniers l’ont d’ailleurs affublé du sinistre sobriquet “Monsieur 10 %”. C’est ainsi que DOLOGUELE avait été viré de la Primature par le Président Patassé de façon brutale, puisque l’intéressé lui-même avait appris son limogeage le dimanche 1er avril 2001 à 12h00 précises, comme tout le monde sur les antennes de la radio nationale.

Anicet Georges Dologuelé a réussi à tromper le Président Ange-Félix Patassé sur le dossier de la cession gratuite au groupe Fotso de l’Union bancaire en Afrique centrale (UBAC), aujourd’hui devenue CBCA. Ce bradage bancaire sous prétexte de maintien et de création d’emploi au profit des centrafricains, n’aura été qu’un subterfuge de Dologuélé pour rouler le Président Ange-Félix Patassé dans la farine, car en réalité l’UBAC sera vendue à sa vraie valeur à son grand ami camerounais Yves Michel Fotso, aujourd’hui sous les verrous au Cameroun, pour de détournements divers et autres malversations financières dans ce pays voisin.

Non seulement Anicet Georges Dologuélé récupère discrètement pour son seul compte tout l’argent généré par la vente, pour ensuite acquérir les nouvelles actions dans la nouvelle Banque (CBCA), mais il va aussi investir en Afrique de l’Ouest avec cet argent des Centrafricains.

2/ DEUXIÈME POINT

Des affaires diverses d’escroquerie auxquelles l’homme est directement mêlé: Affaire “Zongo oil” ; “Petroca” ; ” Centrafrican Airlines” ; “location de véhicules de fonction des ministres”

Anicet Georges Dologuélé est également cité dans la grosse affaire dite “Zongo oil”, société fictive de vente de carburant créée par un groupe de mafieux dans un but d’enrichissement personnel. Cette société illégale a occasionné une évasion fiscale de 5 milliards de Fcfa dans les caisses de l’Etat Centrafricain. Avec d’autres mafieux tels que Sani Yalo, Dologuele est encore impliqué dans l’affaire du “don libyen en carburant” soit 55 000 tonnes métriques détournées. Alors Premier ministre, Dologuélé monte infructueusement une opération de blanchiment d’argent d’un montant de 380 milliards de Fcfa.

D’autres affaires impliquent la participation de Dologuélé, notamment les affaires “Petroca“, “Centrafrican Airlines” et l’affaire dite de “Location des véhicules de fonction des ministres“.

Pour PETROCA, l’on se souvient encore que c’était le 15 Mai 1999 que Dologuelé avec l’appui de ses amis au FMI, induisait une fois de plus en erreur PATASSE, l’emmenant à faire privatiser la PETROCA. DOLOGUELE savait bien que le faire, serait vendre une entreprise publique au secteur privé. Normalement le Gouvernement DOLEGUELE à l’époque et DOLOGUELE lui-même qui prétendait être le roi des économistes, mais qui en réalité ne vaut rien en économie, ce gouvernement a simplement fait voter une loi pour dissoudre la PETROCA et le même jour 15 Mai 1999, une autre loi 99/014 a été votée pour transférer les actifs de la PETROCA à l’Etat. Une année après, l’Etat a signé un accord cadre avec TOTAL et on a transféré tous les actifs à TOTAL et SOGAL et à ce jour, tous les passifs sont à la charge de l’Etat Centrafricain par la faute professionnelle de DOLOGUELE. Le plus subtil est que sur quatre cent quatre vingt employés, ils en avaient licencié trois cent cinquante. Donc, il restait cent trente. DOLOGUELE avait ainsi tué les Centrafricains, car, et alors que la PETROCA à l’époque versait 800 Millions de taxe à l’Etat pour l’aider à fonctionner et payer les salaires, et avec un record d’un Milliard Huit Cent Millions en Avril 1999, la TOTAL aujourd’hui paie moins de 120 Millions de francs par mois à l’Etat, tout ceci par la faute de DOLOGUELE.

Cet économiste et banquier, est trempé dans bien d’autres affaires internes à la République centrafricaine. Rappelons-nous que sur toutes ces affaires et scandales financiers, Dologuélé sera interpellé à l’assemblée nationale du 19 au 21 avril 2000, au point que l’intéressé avait fait un malaise dans l’hémicycle, avant d’être secouru et transporté immédiatement dans une clinique privée de la capitale. Il faut souligner qu’à cette occasion, Dologuélé avait déclaré publiquement à l’endroit des députés de la majorité parlementaire MLPC : “Je ne suis pas membre du MLPC, je suis un technocrate”. C’est vrai que Dologuélé n’a jamais eu une carte de militant du MLPC. Mais, paradoxalement à cette démarcation du MLPC, on sait que Dologuelé tentera plusieurs fois sans succès et même à distance, enveloppes à l’appui, et par l’intermédiaire d’Apollinaire Dondon et Cie, de prendre la direction du MLPC. On sait aussi que paradoxalement à sa revendication de son statut de “technocrate”, Dologuélé, partout où il été responsabilisé, n’a donné que l’image d’un homme véreux, prompt à confondre les caisses de l’Etat et de la BDEAC avec les siennes.

Durant son passage à la Primature, au lieu de privilégier le paiement des salaires de nos parents, les bourses de nos jeunes, et les pensions pour nos retraités, Anicet Georges Dologuélé a préféré rembourser par anticipation les dettes des instituions de Breton Woods dans le but de percevoir des quotes-parts. Ce qui créera des crises sociales dans le pays.

En raison de toutes ces affaires, Anicet Georges Dologuélé sera limogé brutalement par le Président Ange-Félix Patassé. L’on se souvient des termes du décret de son limogeage lus avec un ton autoritaire sur les antennes de la Radio nationale par Prosper Ndouba, alors porte-parole du Président Patassé : “A compter de ce jour, Monsieur Anicet Georges Dologuélé n’assumera plus ses fonctions de Premier ministre…”

3/ TROISIÈME POINT

A la tête de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), Anicet Georges Dologuélé renouera avec ses vieux démons. Il multipliera abusivement des missions afin de se procurer les frais de mission et autres indemnités financières qui étaient assez importantes. De façon systématique, les promoteurs de projets de la sous-région d’Afrique Centrale étaient officieusement astreints à verser à Dologuélé en personne une rétro-commission toujours de 10 %, condition sine qua non pour la conclusion des accords de prêt.

Lorsque ses collaborateurs entreprirent de le rappeler à l’ordre ou de faire valoir leurs droits en interne, ceux-ci étaient menacés et marginalisés au sein de leurs différents services, à l’instar du centrafricain Gabriel Guerezebanga, valeureux cadre de cette Banque et plus calé en économie que Dologuélé lui-même.

De même, à la BDEAC à Brazzaville, sur la base des preuves irréfutables des détournements, par lui, d’une dizaine de milliards, les six (6) Chefs d’Etat réunis de la CEMAC qui ne sont d’ailleurs ni bêtes ni fous, l’ont viré comme un malpropre,.

Tous les chefs d’Etat de la sous-région mettent un terme au mandat de directeur général de Dologuélé, à la BDEAC.

Comme certains cadres de la Banque avaient eu le courage de dénoncer ces malversations, Dologuélé a procédé purement et simplement à leur licenciement. Ce fut les cas des camerounais Serge Nzepa et Paul Gilles Nanda.

Suite donc aux multiples détournements de grosses sommes d’argents appartenant à cette Banque sous régionale, et dénoncés par l’observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH), et sur la base des preuves irréfutables de ces détournements, tous les chefs d’Etat de la sous-région réunis du 16 au 17 janvier 2010 à Bangui, ont unanimement mis fin de façon prématurée à sa fonction de Président de la BDEAC, soit 19 mois avant la fin de son mandat. Cela se passait de tout commentaire, tant ça sautait aux yeux !…… »

Affaire à suivre….. !

Kassa Mo Gonda

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