Nation : M. Touadéra, il faut sortir de l’imbroglio Sarandji !

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Les luttes souterraines au Palais de la Renaissance nous interpellent et nous inquiètent. Des rumeurs persistantes circulent sur un changement de gouvernement. Le président Faustin-Archange Touadera fait face à un dilemme : d’une part, il souhaite remanier le gouvernement et nommer une nouvelle équipe avec un nouveau Premier Ministre ; d’autre part, il doit composer avec Simplice Sarandji qui s’accroche à son fauteuil et ne veut pas démissionner.

 L’ami de plus de trente ans refuse obstinément de partir et brandit l’arme du chantage. Il serait en possession de « révélations » pouvant nuire à son ami, le président Touadera. Décidément, on n’est jamais trahi que par les siens ! Ces joutes de palais sèment la confusion et décrédibilisent la République Centrafricaine aux yeux de la communauté internationale.

On apprend ainsi que les bailleurs de fonds de Bruxelles ne sont pas pressés de délier le cordon de leurs bourses. Les querelles intestines au sein même de l’Etat, les problèmes majeurs d’insécurité dans tout le pays constituent un cocktail détonant – qui ferait fuir un lion dans la savane ! Quand les bailleurs de fonds de Bruxelles avaient promis deux milliards de dollars à leur pays, les Centrafricains avaient salué cette manne providentielle pour le développement de leur pays. Mais ils devaient, en contrepartie, respecter un plan de financement précis et rigoureux selon les exigences de Bruxelles.

 Comment pourraient-ils y parvenir avec un gouvernement dont les membres passent leur temps à se disputer le bout de gras, à se livrer à des manœuvres à peine dissimulées pour déstabiliser l’actuel président Touadera et faciliter ainsi le retour des anciens, François Bozizé et Michel Djotodia ? La presse centrafricaine ne manque pas de pointer la cacophonie qui règne au sein du gouvernement, compromettant ainsi le surgissement de la paix(SIRIRI) et de la réconciliation, facteurs primordiaux de développement du pays.

 UNE DESCENSION A PRENDRE SANS ÉTAT D’ÂME

Permettez-moi, Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, d’insister sur l’urgence des décisions à prendre : le Centrafrique est un pays profondément meurtri, il faut le sortir du chaos. Les affrontements récurrents au sein des institutions ne font que donner du grain à moudre aux rebelles et ruiner la confiance des investisseurs.

 Le Premier ministre, Simplice Sarandji, et son équipe ont malheureusement fait la preuve de leur incapacité à sortir le pays du bourbier. Les tergiversations du gouvernement, son repliement sur Bangui où règne une paix illusoire, alors qu’il aurait fallu apporter soutien et réconfort aux populations éplorées des villages, poussent désormais une majorité de Centrafricains à réclamer un changement de Premier ministre. Ils veulent un gouvernement resserré et déterminé, composé de ministres nommés pour leurs compétences et leur intégrité non pas sur des critères tribaux, ethniques ou d’amitié. Il faut sortir rapidement de l’imbroglio Sarandji. Les hésitations à remanier le gouvernement risqueraient d’être interprétées comme des signes de faiblesse. Les intérêts du pays doivent être placés au-dessus de tout.

 Car c’est d’un pays souverain mais déstabilisé qu’il s’agit. Un pays qui a besoin de gouvernants patriotes. Un pays qui réclame de l’attention et de l’espoir, pour pouvoir, enfin, se redresser.

 « LA PATRIE OU LA MORT, NOUS VAINCRONS ! » (THOMAS  SANKARA)

JOSEPH AKOUISSONNE

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