Nation : M. Onanga, démissionnez pour avoir lamentablement échoué !

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UNE ATTENTE FORTE

La Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations-Unies pour la Stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) a été créée pour répondre en urgence à la nécessité de protéger les populations, afin d’empêcher un génocide en gestation. Autant dire que les Centrafricains ont accueilli la MINUSCA et les forces internationales à bras ouverts. Avec énormément d’espoir.

Quand les ex-Sélékas, majoritairement musulmans, se sont emparés du pouvoir à Bangui, ils se sont livrés à des actes d’une violence indicible. Bangui a été transformée en un champ de bataille où la chasse aux chrétiens a fait rage : destruction de leurs biens ; profanation de leurs lieux de cultes ; obligation pour les femmes et les jeunes filles de porter le tchador ; protection de la minorité musulmane qu’ils disaient menacée, alors que, jusque-là, elle vivait en harmonie avec ses compatriotes chrétiens.

Si on prend le cas de l’extrême nord du pays, force est de constater que le développement de cette région a pris du retard par rapport à l’ensemble du pays. Ses habitants, notamment les musulmans, se considèrent comme abandonnés par le pouvoir central.

Ajoutez à cela les coups d’états récurrents, les injustices sociales et les impunités chroniques : ce sont tous ces facteurs qui ont été à la source du plongeon de la République Centrafricaine dans un chaos inextricable. Sans oublier le retard en développement, aggravé par des gouvernants prédateurs. La population a beaucoup souffert et n’a survécu que grâce à l’aumône internationale, malgré les énormes potentialités en richesses naturelles de son pays.

La MINUSCA et les forces internationales devaient donc intervenir avec un mandat clair : il leur fallait assurer « la stabilisation de la situation dans les principales agglomérations et le rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays. »

UN ÉCHEC PATENT

Dès le départ, elles ont, hélas ! commis de lourdes erreurs. Le gouvernement de la Transition de Catherine Samba Panza aussi. En laissant sortir de Bangui les ex-Sélékas sans les désarmer, ni arrêter leurs chefs, la MINUSCA est devenue complice, peut-être sans le vouloir, de la situation compliquée d’aujourd’hui.

En effet, les rebelles se sont alors repliés dans les provinces qu’ils ont transformées en camp retranché, en y appliquant la loi du plus fort et en affichant une arrogance conquérante.

Par ailleurs, en matière de sécurité, la MINUSCA, entravée par ses contradictions et ses hésitations, a donné l’impression de tenir aux bandes armées un autre langage que celui de la fermeté souhaitée par le président Touadera.

Ajoutons à cela le comportement sectaire et partisan de certains Casques bleus issus de pays musulmans, qui pratiquaient ouvertement une protection discriminatoire à l’égard des chrétiens. D’après le témoignage de certaines populations, ils aidaient même les ex-Sélékas à affronter les Antibalakas chrétiens. D’ailleurs, des Casques bleus de certains pays musulmans ont été renvoyés chez eux à cause de leur partialité.

D’un autre côté, des témoins affirment que certains éléments de la MINUSCA passent le plus clair de leur temps à s’enrichir frénétiquement. Comment ? Par des ventes d’armes aux groupes armés, par le commerce illicite de pierres précieuses, par du proxénétisme. L’ONU est parfaitement au courant des dérives de ses soldats dits «de la paix», mais ne les sanctionne pas. C’est ce qui s’est passé aussi dans la douloureuse affaire de viols et d’actes de pédophilie : les familles éplorées attendent toujours que la justice se fasse.

Occupés qu’ils sont à faire du « business », ils ont oublié leurs missions premières : protection des personnes et des biens ; garantie de la sécurité aux frontières et de l’intégrité du territoire ; retour de la paix(SIRIRI).

Force est de constater qu’en matière d’aide humanitaire à la population, la MINUSCA a apporté une assistance non négligeable. Mais, en ce qui concerne la paix et la sécurité, l’échec de la MINUSCA est évident. En outre, la population rejette désormais les Casques bleus.
Si rien n’est fait, si le gouvernement ne trouve pas d’autres pistes, le chaos centrafricain s’éternisera et le bout du tunnel sera alors inaccessible.

 JOSEPH AKOUISSONNE

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