Nation : M. Méckassoua, à quoi ont servi les crédits inscrits dans la loi de finances 2017 pour le compte du ministère de l’éducation ?

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Dans son discours d’ouverture de la session parlementaire d’octobre consacrée à l’examen et l’adoption du projet de la loi de finances de l’exercice 2018, le président de l’assemblée nationale et président du mouvement dénommé « Chemin de l’Espérance », M. Karim Méckassoua, n’était pas passé par quatre chemins pour conditionner le vote des représentants de la nation par la présentation de la loi de règlement. Une condition qui, à ce jour, n’est pas encore satisfaite par le gouvernement Sarandji 2. Même si les différentes commissions, en général, et la commission finances, en particulier, ont déjà commencé à se pencher sur l’étude de ce projet de loi des finances, il est fort à craindre que cette conditionnalité ne rejaillisse  d’un moment à l’autre.

A ce sujet, n’en déplaise aux thuriféraires du régime de Touadéra et aux laudateurs du roi Sarandji qui ne cessent d’y voir un coup en préparation de la part du camp Méckassoua, la présentation de cette loi de règlement est importante à plus d’un double titre. D’abord, en ce qu’elle permet aux représentants du peuple qui ont adopté la loi de finances de  l’exercice 2017, d’avoir une lecture comptable détaillée de son exécution en parfaite adéquation avec le programme politique général du gouvernement, titre par titre, chapitre par chapitre, rubrique par rubrique et ligne par ligne, avant de se pencher sur l’analyse du projet de la loi de finances de l’exercice 2018, ensuite en ce qu’elle leur donne l’opportunité d’accomplir leurs obligations de contrôle d’actions gouvernementales et de jouer pleinement leur rôle de censeur.

Et justement, en l’espèce, depuis quelques jours, ne cessent de circuler sur les réseaux sociaux des images des bâtiments scolaires du lycée de Fatima, sis dans le 6ème arrondissement de la ville de Bangui, en état de délabrement suffisamment avancé et menaçant ruines. Des bâtiments à l’abandon, sans tables – bancs, avec des toitures enlevées, entourés par de hautes herbes pleines de serpents, et avec des salles de classe servant de dépotoirs et de toilettes aux passants et aux populations riveraines.

Des images apocalyptiques  qui démontrent à suffisance l’absence de crédits accordés par les autorités légales et légitimes, d’une part, et par les dirigeants du ministère de l’éducation nationale, d’autre part, à ce secteur porteur d’espoirs, celui de l’instruction et de la formation, celui de la jeunesse montante devant être mieux formée et  mieux formatée, celui de l’avenir du pays.

Des images dégoutantes qui prouvent à elles seules que Touadéra, professeur de mathématiques, et son cher aîné le roi Sarandji, maître de conférence en géographie, qui avaient tout reçu de l’Etat centrafricain, qui avaient étudié dans de bonnes conditions et qui avaient  bénéficié des  bourses d’études  grâce aux impôts du peuple centrafricain et à la priorité donnée à l’éducation nationale par des hommes et des femmes qui assumaient les mêmes fonctions qui sont aujourd’hui les leurs mais qui n’étaient pas détenteurs de deux ou trois doctorats, n’ont aucune vision pour la jeunesse centrafricaine, à l’exemple d’un certain Jean Bedel Bokassa. En réalité,  ces deux compères  ne sont guidés que par la recherche effrénée des bas intérêts de ce bas monde et utilisent à ces fins l’onction du peuple. C’est le constat auquel est parvenue l’opinion nationale devant la publication de ces honteuses images.

Et pourtant, dans la loi de finances 2017, il a été alloué au ministère de l’éducation nationale, des crédits  de  fonctionnement et d’investissement pour le compte du ministère de l’éducation nationale, parmi lesquels ceux  alloués  à la construction et la réhabilitation des bâtiments scolaires. A quoi alors ont tout simplement servi tous ces crédits ? Ont – ils été engagés, ordonnancés, liquidés et payés ? Pourquoi la direction des constructions et des équipements scolaires relevant du ministère de l’éducation nationale n’a – t – elle pas inscrit, parmi ses priorités des priorités, le lycée de Fatima ? Doit – on attendre que les bâtiments qui abritent nos écoles et dont l’âge de vétusté est aujourd’hui suffisamment avancé, ne soient réhabilités que grâce à l’aide internationale ? Dans ce cas, à quoi doivent et devront servir l’adoption de la loi de finances et l’allocation des crédits de fonctionnement et d’investissement à ce ministère de souveraineté ?

 Seule la présentation et l’examen de la loi de règlement de l’exercice 2017 pourront donner aux députés de la nation des éléments de réponse plus ou moins probants et convaincants à toutes ces pertinentes questions. Et c’est une opportunité qui s’offre à eux afin d’interpeller le gouvernement Sarandji 2 sur ce dossier du lycée de Fatima et tous les autres dossiers en souffrance du ministère de l’éducation nationale. C’est une opportunité qui s’offre à eux afin d’interpeller le gouvernement Sarandji 2 sur la bonne gouvernance et la transparence qui passent impérativement par  le respect de la discipline budgétaire, l’allocation stratégique des ressources et la prestation efficiente des services publics, indispensables à la mise en œuvre de toute politique nationale de développement.

Jean – Paul Naïba

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