Nation : M. Doubane remet certains membres du gouvernement et certains conseillers à la présidence dans leurs petits souliers puants….

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Dans un article intitulé : « M. Charles Armel Doubane, démissionnaire de facto de ses fonctions de ministre des affaires étrangères », le journal en ligne : « La Voix des Sans – Voix » s’est interrogé  sur les raisons de la disparition du ministre actuel aux affaires étrangères des radars de l’entourage immédiat du président Touadéra  et s’est inquiété de la présence régulière en lieu et sa place de M. Moussa Kembé, ministre – conseiller aux affaires étrangères  à la présidence de la République. Un article qui aurait eu le mérite de porter sur la place publique l’affaire de terribles brouilles entre les institutions de la République au plus haut sommet de l’Etat.

Sans parti pris, il était inacceptable et malséant pour les lanceurs d’alerte et tous les combattants de la liberté et de la démocratie que le titulaire dudit poste qui agit au nom du gouvernement et de l’Etat centrafricain puisse être relégué, sans raison valable officielle, au  second rang au profit d’un  simple expert. Tel était le problème soulevé dans cet article et ceux – ci de demander purement et simplement à M. Charles Armel Doubane de claquer la porte puisque sa présence dans ce gouvernement ne servirait à rien du tout.

Même si cette analyse avait heurté la conscience de certaines âmes sensibles, sans le savoir  pour n’avoir pas été au courant du programme des séances d’interpellations des membres du gouvernement par les députés de la nation, son auteur venait de secouer le cocotier, donnant ainsi l’opportunité à qui de droit d’affûter son arc et de s’exprimer avec une certaine rare éloquence et  une élégance politique sans pareille dans ce gouvernement  sur les sujets tabous de l’heure.

En effet, alors que certains membres du gouvernement prétendant obtenir leur poste grâce à des parapluies extérieurs et de ce fait n’ayant de compte à rendre à personne, tel que celui en charge de la défense de l’intégrité du territoire nationale, de la protection de la population et de la préservation des intérêts fondamentaux de l’Etat, refusent de déférer à ces séances d’interpellations et se bombent les muscles, M.  Charles Armel Doubane, quant à lui, a eu le courage politique et le respect dû aux élus de la nation, de se rendre à l’assemblée nationale et de se soumettre au débat sur l’adoption de la loi portant  Charte de la Démocratie.

Profitant de cette occasion, les représentants du peuple ne sont pas passés par quatre chemins pour poser toutes les questions tabous. Des tensions entre la présidence de la République et l’assemblée nationale au sujet brûlant de l’heure, c’est – à – dire celui de l’embargo sur les armes en destination de la République centrafricaine en passant par le refus des membres du gouvernement de répondre aux interpellations des députés ou l’intervention de certains conseillers à la présidence de la République en lieu et place du porte – parole du gouvernement aux conquêtes de la République par des seigneurs de guerre et des bandes armées, tout a été mis sur la table.

Et l’homme n’est pas aussi allé sur le dos de la cuillère pour y donner sa réponse en tant que membre du gouvernement et en tant que combattant de la liberté et de la démocratie. Ainsi, même s’il a reconnu que ces querelles de positionnement entre la présidence et l’assemblée nationale ne sont pas anormales dans tous les pays du monde, il a cependant déploré le fait que les responsables à la tête de ces entités semblent ne pas faire suffisamment d’efforts pour les résoudre et les surpasser et que leur persistance fait bloquer le fonctionnement des institutions de la République. En tant qu’ancien parlementaire, M. Doubane a condamné sans fioritures et sans ambages les actes d’agression et de traitements humiliants et dégradants subis par un député qui est un élu de la nation, et donc un représentant du peuple. De ce fait, il a droit au respect, à la déférence, à l’honneur et à la dignité même de la part d’un ministre. Et comme l’a dit tout récemment le président de l’URCA, Anicet Georges Dologuélé, celui – ci de donner un véritable cours de droit constitutionnel de 1ère année, à certains membres du gouvernement, sur le rôle de l’exécutif et du législatif dans toute démocratie parlementaire, et de  trouver qu’il est indigne d’un ministre de la République de refuser de déférer aux séances d’interpellations des députés.

Quant à la question relative à l’embargo, dans sa réponse, l’homme a dénoncé l’inertie des autorités légitimes et légales à explorer à suffisance les possibilités qui leur sont offertes dans le cadre d’exemption pour doter les forces armées centrafricaines d’armes de guerre, indispensables à la défense de l’intégrité du territoire national, à la protection de la population et à la préservation des intérêts fondamentaux de l’Etat.

 En demandant aux députés de la nation de ne pas tenir compte des sorties tonitruantes et folkloriques de certains conseillers à la présidence, il a préféré user de la diplomatie pour reconnaitre qu’il est inacceptable que ceux – ci puissent se substituer au porte – parole du gouvernement, s’aventurant dans un domaine qui n’est pas le leur et insultant ainsi allégrement le peuple, détenteur de la souveraineté.

En somme, une intervention qui a eu le mérite de rendre publiques les vives tensions caractérisant ces derniers temps les relations entre les  trois (3) institutions de la République et d’être un appel de pied à peine voilé au président Touadéra, massivement élu par tout un peuple. A lui d’avoir hic et nunc le courage politique de prendre de la hauteur afin de redonner vie à toutes ces institutions et de rappeler à l’ordre tous les baroudeurs politiques qui sont légion dans le gouvernement et à la présidence de la République, qui ignorent tout des règles élémentaires de l’administration et de leurs propres missions et qui n’en font qu’à leur tête pour leurs petits et bas intérêts.

Donnons donc la chance aux personnalités politiques les plus fortes de nous diriger !

Jean – Paul Naïba

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