Nation : Les vérités de M. Gaston Mackouzangba à Touadéra et les propositions de sortie de crise de son Parti….

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Action Républicaine Pour le Progrès
Unité – Justice – Progrès

Déclaration politique

A l’issue de son conclave réuni à GBOKILA, le 16 avril 2017, pour faire le point de la situation du parti et du pays, l’Action Républicaine pour le Progrès (ARP) rend publique la déclaration politique qui suit :
Depuis trois (3) ans, la vie politique de la RCA a été marquée par des événements aussi troublants que significatifs qui reflète, avant tout, l’état de délabrement avancé du pays et l’effort de redressement en cours.
Parmi ces événements qui marquent d’un sceau l’histoire de notre pays, il y a le coup d’état sanglant ayant amené la coalition SELEKA au pouvoir le 24 Mars 2013, la mise en place d’une ‘’transition consensuelle’’ violente et chaotique ayant entraîné la démission forcée de l’ex président de transition DJOTODIA, l’élection d’une nouvelle présidente de la transition par le Conseil National de Transition (CNT) dans un contexte de tension sécuritaire permanente, la tenue des consultations populaires à la base et du FORUM de BANGUI assortie d’un accord de désarmement signé par tous les groupes armés, mais jamais respecté et enfin la tenue des élections présidentielles et des législatives précédées par la campagne référendaire et le vote d’une nouvelles LOI FONDAMENTALE.
Ces élections ont permis entre autres choses, l’élection de Monsieur Faustin Archange TOUADERA à la Magistrature suprême de l’ETAT et l’élection d’un nouveau parlement pour un mandat respectif de cinq (5) ans. Ces élections marquent le retour à la légalité constitutionnelle et représentent une lueur d’espoir pour le peuple centrafricain qui aspire à la paix, à l’unité, à la cohésion sociale, à la réconciliation nationale et à la bonne gouvernance dans la transparence, la rigueur et la justice contre l’impunité.
Mais malgré ce retour à la légalité constitutionnelle et l’installation d’un pouvoir légitime, la situation du pays reste préoccupante sur plusieurs plans et principalement sur le plan sécuritaire avec la menace permanente des groupes armés auteurs de massacres, de pillages, de viols et de crimes graves de guerre et de crimes contre l’humanité restés jusqu’alors impunis. L’Etat reste terriblement affaibli et sans moyens et se trouve dans l’incapacité de projeter une armée restructurée, organisée et efficace dans l’arrière-pays, encore entre les mains des groupes armés malgré la présence des forces internationales.
Sur le plan politique et sécuritaire.
Les nouvelles institutions se mettent en place dans un climat de psychose, de peur et terreur alimentés par les groupes armés qui n’hésitent pas à recourir à la violence armée aussi bien à Bangui que dans l’arrière-pays. Les événements tragiques de Bangui couplés aux représailles massives dans l’arrière-pays attestent de ce climat délétère. Les événements de BAMBARI, BRIA, BAKALA prouvent à eux seuls les intentions belliqueuses de certains groupes armés dont la nouvelle coalition FPRC, MPC. La moisson de cette guerre absurde, ce sont des milliers de morts, des milliers de déplacés qui vivent dans des conditions inhumaines, des maisons pillées et incendiées, des femmes violées.
L’affaiblissement de l’État et le délitement des forces armées centrafricaines (FACA) donnent des ailes aux groupes armés qui détiennent encore aujourd’hui le monopole de la violence. Alors que celle-ci relève du pouvoir régalien de l’État pour ce qui est de la Défense nationale, de la Sécurité, de la protection des populations et du maintien de l’ordre public. C’est pourquoi la restauration de l’autorité de l’Etat s’impose partout.
La souveraineté et la légitimité du pouvoir ne s’étendent pas encore à toute l’étendue du territoire national entre les mains des groupes armés et le pays reste menacé de PARTITION. Laquelle partition représente ‘’le plan B’’ de certains groupes armés animés par une volonté funeste de sécession contraire aux idéaux qui ont présidé à la fondation de la République Centrafricaine par le-feu Barthelemy BOGANDA. Une perspective inadmissible pour l’ensemble du peuple centrafricain.
‘’L’union sacrée’’ tant vantée reste une déclaration d’intention puisque les relations entre les institutions et leurs chefs sont marquées par des intrigues, des tirs aux flancs, des dysfonctionnements et des accusations graves qui excluent tout dialogue citoyen et républicain autour des vraies valeurs de la République qui appellent la courtoisie et le respect mutuel.
Après une année de gestion du pouvoir dans des conditions insoutenables, malgré une relative accalmie notamment à Bangui, il y a lieu de songer sérieusement à une véritable rupture pour une véritable renaissance nationale dans la paix, la cohésion sociale, la réconciliation, le progrès social et la démocratie. Car nous sommes dans un pays où tout est à reconstruire dans le dialogue, l’unité, la fraternité, la solidarité et la rigueur.
Or malheureusement, certaines nominations récentes dans l’administration publique restent marquées par le retour au galop du clanisme, du clientélisme et du favoritisme, violant ainsi gravement certaines dispositions du statut général de la fonction publique en ce qui concerne les retraités et le ‘’personnel hors statut’’. Cela pose un problème de gouvernance juste et démocratique, mais aussi de frustration d’une frange de centrafricains.
Par ailleurs, le bilan a mi-parcours d’une année de pouvoir dressé par le Chef de l’Etat est trop triomphaliste pour être vrai et appelle au réalisme politique malgré les efforts consentis.

Sur le plan économique.
L’économie en lambeaux porte les stigmates de soubresauts politico-militaires de ces dernières années. Le tissu économique est malmené aussi bien à Bangui que dans l’arrière-pays par les ‘’seigneurs de guerre’’ qui se livrent par ailleurs à un pillage éhonté des ressources naturelles dans le cadre d’une économie de prédation et de guerre’’ qui aliment la violence armée en ressources financières, en armes et en mercenaires étrangers, privant ainsi l’état des ressources financières additionnelles et des moyens de sa puissance.
Tant et si bien que la RCA a besoin d’un véritable plan Marshall pour son relèvement durable dans la paix, étant donné que les secteurs primaire, secondaire et tertiaire sont dans le rouge, particulièrement déprimés. Le climat des affaires étant particulièrement perturbé et déprimé pour cause d’insécurité. Le Plan de Relèvement Durable et de Consolidation de la Paix élaboré par le gouvernement et appuyé par la communauté des pays donateurs à hauteur de 2,2 milliards de dollars US lors de la table ronde de Bruxelles est une solution, mais celle-ci demande un effort supplémentaire pour le décaissement et l’absorption des fonds promis. Le gouvernement est ici interpelé pour faire diligence car les populations pourraient perdre patience ; ainsi que les bailleurs de fonds au regard de la persistance de la violence armée et des attaques récentes de plusieurs localités
Un effort particulier et un soutien politique doivent être faits à l’endroit des opérateurs économiques centrafricains dans l’accès au marché national et international à travers les PME-PMI afin de favoriser l’émergence d’une nouvelle classe d’hommes d’affaires compétitifs et autonomes.
La RCA est un vaste chantier qui ne permet pas le laxisme et l’immobilisme. Car sans une économie saine, dynamique et en croissance, il n’y a pas de place pour la création des richesses, leur distribution et la création d’emplois jeunes dans un pays où le chômage exponentiel des jeunes désœuvrés, déscolarisés est une véritable ‘’bombe à retardement’’. La relance de l’économie nationale s’impose pour ces raisons et une lutte implacable contre la corruption et l’affairisme des hommes politiques s’impose au titre de la bonne gouvernance.
Sur le plan social.
La situation sur le plan social n’est guère reluisante. Elle est le résultat cumulé de plusieurs années de turpitudes et de mal gouvernance qui a conduit à l’appauvrissement et à la paupérisation de couches les plus déshérités et les plus précaires comme les paysans, les ouvriers, les artisans, les jeunes. L’Indice du Développement Humain de notre pays est révélateur de la pauvreté généralisée et de la dégradation des conditions de vie du peuple centrafricain.
La pauvreté des populations reste ‘’l’ennemi public n1’’ et source de tous les conflits, vu que toutes les infrastructures sociales de base de base ont été saccagées, détruites comme les écoles, les centres de santé et les hôpitaux. Un effort est fait pour payer les salaires, les pensions, les bourses et même les vacations, mais le gouvernement doit se rappeler ses promesses électorales et prendre en compte les aspirations essentielles du peuple qui veut le pain, la paix et la liberté. Le pays attend des investissements lourds dans les secteurs productifs comme l’agriculture, les mines, les transports, les infrastructures, l’énergie et le secteur social et nous en passons comme secteurs générateurs d’emplois.
Cette situation générale prouve à suffisance que la RCA évolue en terrain miné et demande au gouvernement d’assurer pleinement ses responsabilités régaliennes, et à toute les forces vives de la nation d’appuyer celui-ci de sa solidarité aux fins d’une sortie définitive de la crise synonyme de paix, de sécurité, de justice et de réconciliation nationale. La justice sociale et le progrès restent le ciment de la paix et de la sécurité.
Fort de tout ce qui précède,
1. L’ARP demande que la sécurité et le désarmement reste l’objectif numéro un dans le cadre du processus du DDRR. Celui-ci doit s’accélérer et se faire avec les groupes armes qui y adhèrent pour isoler les récalcitrants en vue d’un traitement spécifique. Le dialogue avec les groupes armés doit être un ‘’dialogue républicain’’ dans le respect de l’autorité de l’État et de la légitimité du pouvoir qui doit s’étendre à toutes les régions du pays sans exception.
Force doit rester à la Loi et au Droit là où les groupes armés ne respectent pas leurs propres engagements et s’installent dans le défi permanent à l’autorité de l’État par la violence armée. La défense nationale, la sécurité publique, la protection des populations et le maintien de l’ordre relèvent de la compétence exclusive de l’État et non de groupes armés qui doivent être démantelés et désarmés.
Seules les forces de défense et de sécurité républicaines doivent être déployées sur toutes l’étendue du territoire national appuyées par la MINUSCA et les institutions de la République à la condition que la mesure d’embargo sur les armes soit levée. Par ailleurs, le gouvernement doit user de sa souveraineté pour régler cette question qui pourrait retarder le redéploiement des FACA et des forces de sécurité comme la police et la gendarmerie.
2. L’ARP exhorte les autorités à instaurer un dialogue permanent entre toutes les institutions de la République pour éviter une crise institutionnelle. Pour cela, le principe de la séparation des pouvoirs doit être scrupuleusement respecté ainsi que l’union sacrée qui doit être avant tout un espace d’échange et de concertation entre toutes les forces vives de la nation sans restaurer l’unanimisme et la pensée unique. Echanges et concertation sur les questions vitales qui engagent la vie de la nation et l’intérêt général avant tout.
3. Il appelle la MINUSCA à appuyer de toutes ses forces le gouvernement dans le cadre des termes précis de sa mission de maintien de la paix en RCA et la stratégie de désarmement devrait gagner en efficacité et en cohérence. L’opération de BAMBARI doit s’étendre à toutes les localités du pays afin d’asseoir toute l’autorité de l’État dans les régions sans groupes armés et sans armes. Les criminels de guerre doivent être arrêtés et poursuivis par la justice nationale ou internationale. La réconciliation vraie est à ce prix et au prix d’une justice équitable. Il y a des crimes qui sont imprescriptibles et qui ne peuvent être amnistiés.
4. Le Chef de l’Etat est appelé expressément à faire preuve de courage politique dans la prise des décisions engageant la vie de la nation. Et le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour accélérer le retour des déplacés et des refugies, pour atténuer la souffrance de ces personnes et pour créer les conditions d’un retour à la vie normale. La protection des populations relève de l’une des charges régaliennes du Chef de l’Etat.
Profitant de cette déclaration politique, l’Action Républicaine pour le Progrès (ARP) appelle la direction du parti, tous les cadres, les fédérations et sous fédérations à se remobiliser pour participer à l’animation de la vie politique, économique et sociale afin de promouvoir les idéaux du parti que sont, l’unité, la liberté, la démocratie, la justice, le dialogue, la fraternité, l’égalité, le respect des droits de l’homme, le progrès social et la bonne gouvernance.
Le parti assure les nouvelles institutions de son soutien politique mais les exhorte à faire preuve de plus de dynamisme et d’engagement pour créer les vraies conditions du changement et de la rupture dans l’intérêt du peuple tout entier et sans discrimination aucune.
La République Centrafricaine survivra ….

Bangui, le 27 avril 2017

Pour le Bureau Politique

Le Président
Gaston MACKOUZANGBA
Ancien Ministre

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