Nation : Affaire ICS/CCS : Touadéra se fâche, se rétracte mais Yandocka courageusement continue son combat….

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Depuis quelques jours, l’affaire de l’octroi du marché de gestion des documents administratifs et autres titres de l’Etat à l’entreprise ivoirienne dénommée Ivoire Cartes Système (ICS) via sa filiale centrafricaine Centrafrique Cartes Système (CCS), par délégation de service public, ne cesse de défrayer les chroniques, à travers une vague de campagne médiatique de vives dénonciations.

Une dénonciation courageuse dont a été victime le directeur de publication du journal « La Fraternité » pour avoir été jeté pendant plus de trois (3) jours dans les geôles de l’OCRB comme un bandit,  c’est – à – dire comme devraient être traités  un certain Ali Darass,  un certain Nourreldine Adam, un certain Sidiki,  un certain Al – Katim, etc. Mais une dénonciation dont les problèmes soulevés n’ont jamais  été publiquement abordés par les autorités légitimes et légalement établies.

 En effet, de la dénonciation de la flagrante violation des dispositions de l’article 2 de la loi n°08.017 du 6 juin 2008 portant code des marchés publics et délégations de service public en République centrafricaine au refus du ministre des finances et du budget, M. Henri Marie Dondra de communiquer sur la procédure suivie en la matière en passant par l’absence de volonté et de courage politiques de la part du président Touadéra dans la gestion de ce dossier, les guerriers de la plume, les lanceurs d’alerte, et les combattants de la liberté et de la démocratie ne sont pas passés par quatre chemins pour appeler à la manifestation de la vérité sur cette affaire.

Comme il fallait tout naturellement s’y attendre, leur soif de recherche de vérité serait en train d’être étanchée.  C’est ainsi qu’à ce propos, selon des informations généralement dignes de foi en notre possession et émanant des entrailles de la présidence de la République, le directeur général de l’entreprise Centrafrique Cartes Système (CCS), M. Dominique Yandocka aurait eu, il y a quelques jours, un tête – à – tête avec le président de la République, Faustin Archange Touadéra, massivement et démocratiquement élu par tout un peuple, sur la base des mielleuses et alléchantes promesses de la politique de la rupture, du changement et de l’alternance générationnelle.

D’entrée de jeu, le locataire de la présidence aurait reçu son hôte en ces termes : «  Non, si c’est de cela, je ne veux pas entendre parler. Non, je ne veux rien entendre. Il fallait passer par un appel d’offre et on pouvait bien le donner aux libanais pourquoi pas ? ». Son hôte, de lui répondre, en le regardant droit dans les yeux : « M. le président, est – ce parce que je suis très proche de Martin Ziguélé que vous me faites cela ? ». Sur ces mots, le président qui ne serait pas très bien assis dans son fauteuil, serait un peu déstabilisé et aurait décidé de réajuster sa position. En quittant le bureau présidentiel, le directeur général de l’entreprise CCS, aurait été accompagné par M. Fidèle Gouandjika. Ce dernier lui aurait soufflé dans les oreilles ces propos : « Mon cadet, continuez votre combat. Vous avez notre soutien ».

Des mots de réconfort, venant de la part de l’homme le plus puissant et le mieux écouté à la présidence, qui auraient immédiatement convaincu le manager de l’entreprise CCS de l’impérieuse et stratégique nécessité de passer à la vitesse supérieure en  procédant au lancement officiel d’un avis de recrutement de plus de 234 personnels. Comment devrait – il en être autrement ? Comment devrait – il être tenu pour responsable des actes de violation manifeste des dispositions de l’article 2 de la loi sus évoquée ? N’était – il pas tout simplement de bonne foi ?

En répondant à ces pertinentes questions, en passant aux cribles de la vérification  la procédure suivie dans la gestion de ce dossier, les observateurs de la vie politique actuelle ne peuvent que noter une certaine absence notoire de volonté et de courage politiques de la part du président Touadéra.  Ce courage et cette volonté politiques qui ont toujours  permis sur cette terre des hommes à des hommes politiques de poser des actes salutaires pour leurs frères et sœurs, d’ouvrir à la main et avec des pelles des routes à travers des collines, de faire pousser de la tomate dans le désert, de faire jaillir de l’eau potable des profondeurs de la terre, etc. Ce courage et cette volonté politiques qui ont permis à un certain B. Boganda de demander et d’obtenir l’indépendance de la République Centrafricaine. Ce courage et cette volonté politiques qui ont permis à un certain Jean – Bedel Bokassa de demander et d’obtenir la construction de l’Université de Bangui.  

En effet, ayant promis au peuple centrafricain la politique de la rupture et ayant constaté que la gestion opaque et mercantiliste de ces documents administratifs et de ces titres de l’Etat est l’une des causes de la crise actuelle, par leur distribution anarchique à des sujets étrangers et à des mercenaires, il ne pouvait que prendre le devant des choses et avoir son mot à dire courageusement dans le traitement à réserver à dossier, et ce, conformément aux dispositions de la loi et règlements en vigueur. En donnant l’air d’être surpris de la manière dont ce marché a été attribué à CCS, il laisse entrevoir une certaine incapacité de sa part  à anticiper énergiquement sur les évènements et une certaine légèreté dans la gestion des grands dossiers touchant à la vie de la République et du peuple centrafricain. Comment pouvait – il ne pas être au courant de la suite à réserver à ce dossier ? Pourquoi n’en avait – il pas préalablement discuté avec le ministre des finances et du budget ? A quoi servent alors ses plus proches collaborateurs ? Où est donc la politique de la rupture, s’il ne peut donner des instructions à réserver au traitement de tel dossier et avoir le courage politique d’en assumer l’entière responsabilité ? La politique de la rupture ne signifie – t – elle pas en finir avec les pratiques rétrogrades telles que celles qui ont caractérisé la gestion de ces documents administratifs à une époque relativement récente par de puissants lobbies et autres groupes de pression connus de tous ?

Pis, l’on ne pouvait pas connaitre cette vague de vives  dénonciations par voie de presse, si le ministre des finances et du budget, M. Henri Marie Dondra avait fait preuve d’un certain professionnalisme pointu et avéré dans la manière de gérer ce marché dont la nature est hautement sensible et stratégique. S’il avait fait respecter les dispositions de l’article 2 de la loi portant code des marchés publics et s’il avait accepté de communiquer avec la presse à ce propos, on n’en serait pas là aujourd’hui. C’est son refus de laisser s’exercer les règles de la commande publique et de la transparence dans un Etat démocratique qu’est la République centrafricaine qui explique à bien des égards ces tonnerres de réserve et de dénonciation de l’octroi de la gestion des documents administratifs et autres titres par délégation de service public à CCS. Et cette faute relève de l’entière responsabilité du ministre des finances et du budget, de certains ministres – conseillers exerçant à la présidence et de certains fonctionnaires et agents de l’Etat relevant de la DGMP et de l’ARMP.

Alors pourquoi vouloir maintenant coûte que coûte en faire porter la responsabilité à M.  Dominique Yandocka dont la bonne foi et le patriotisme ne sont pas à démontrer dans cette affaire ? Ce serait injuste de la part de ceux – là qui doivent parler au nom de l’Etat dans cette affaire et qui sont censés maîtriser toutes les règles de l’administration pouvant garantir de manière certaine la défense des intérêts de l’Etat et  du peuple, mais qui ont malheureusement pêché par amateurisme et non – maîtrise réelle de la technicité.

C’est pourquoi, en toute sérénité et avec un courage et une rare élégance devant forcer l’admiration, l’homme qui aurait beaucoup contribué lui aussi à la brillantissime victoire du  président Touadéra, continue  tranquillement son combat. Mais, en procédant au lancement officiel d’un avis de recrutement de 234 personnels, il vient de franchir le rubicond : donner de l’emploi aux jeunes centrafricains. Un volet – phare des mielleuses et alléchantes promesses de la campagne du candidat Touadéra. Alors, qui dit mieux au risque de créer de mécontents parmi les jeunes des IVème  et VIIIème arrondissements ? Ne vient – il pas par  là de poser le premier acte fort, politiquement courageux, et socialement louable, à mettre sur le compte du quinquennat de Touadéra ? Ne vient – il pas par là  de donner de l’espoir pour un avenir meilleur à toute une génération de chômeurs, à des familles entières, et à de jeunes diplômés abandonnés à eux – mêmes, « longtemps soumis et longtemps brimés par tous » ?

Affaire à suivre…… !

Jean – Paul Naïba

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