En Centrafrique, pour Simplice Mathieu Sarandji, l’heure des comptes a sonné

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Récemment annoncé comme étant sur la sellette, le président de l’Assemblée nationale, proche de Faustin-Archange Touadéra, est resté en poste. Mais il est depuis très remonté et notamment contre son vice – président, Évariste Ngamana. Explications.

Un temps menacé d’être destitué, Simplice Mathieu Sarandji, le président de l’Assemblée nationale – par ailleurs secrétaire exécutif du Mouvement cœurs unis (MCU), le parti au pouvoir –, a finalement conservé son fauteuil. Il n’empêche, ce proche du président Faustin-Archange Touadéra (FAT) compte bien faire savoir à ses détracteurs et, en particulier, à son viceprésident Évariste Ngamana, également porte-parole du MCU, qu’il ne se laissera plus intimider.

Ce dernier fut en première ligne dans la bataille de la modification constitutionnelle ayant permis à FAT de supprimer le verrou des deux mandats présidentiels. « Ngamana a voulu prouver qu’il avait désormais plus de pouvoir, en orchestrant les manœuvres pour la destitution du président de l’Assemblée nationale », assure à Jeune Afrique un député du MCU.

La médiation de Touadéra

D’après notre source, un groupe de députés et de fonctionnaires de l’Assemblée nationale, proches d’Évariste Ngamana, ont lancé une pétition mi-octobre réclamant le limogeage de Sarandji du perchoir. Les signataires ont invoqué plusieurs raisons, parmi lesquelles une mauvaise répartition des 40 millions de francs CFA des frais d’entretien versés chaque vendredi à l’Assemblée nationale par le Trésor public, mais aussi une augmentation (non
justifiée selon eux) des indemnités des députés, passées de 1,5 million à 3 millions de F CFA.

Très remonté contre Évariste Ngamana, Simplice Mathieu Sarandji a sollicité l’arbitrage de FAT. Le chef de l’État les a donc reçu tous les deux dans sa ferme de Damara. Si aucune information n’a filtré à la suite de cet entretien, le président de l’Assemblée a pris, par la suite, toute une série de décisions contre son numéro deux et ses proches.

Ainsi, le 15 novembre, d’après une note que Jeune Afrique a pu consulter, il a demandé aux députés, membres de son cabinet, personnels de l’administration parlementaire et visiteurs, « de déposer leurs téléphones portables à l’entrée avant les audiences avec le président de l’Assemblée nationale », craignant donc d’être enregistré. Puis, il a limogé des
collaborateurs jugés trop proches du vice-président, à l’instar de son frère, l’expert Francis Yapandé. D’autres personnalités influentes de son propre cabinet sont sur la sellette, bien qu’ils soient eux aussi cadres du MCU.

Maître du jeu

Le conflit s’est d’ailleurs déplacé jusqu’au sein du parti au pouvoir. Lors des célébrations du cinquième anniversaire du MCU, les 25 et 26 novembre, les interventions de Simplice Mathieu Sarandji ont, là encore, tourné au règlement de comptes avec Évariste Ngamana. « Pourquoi toutes ces querelles ? Pourquoi toutes ces luttes ? Ils étaient où quand on se battait pour défendre la candidature de Touadéra et organiser sa victoire et celle de nos députés ? Il faut laisser le temps à Touadéra d’apprécier qui doit faire quoi, qui doit être
nommé à quel poste et quand », a-t-il lancé dans son discours prononcé en sango, la langue nationale.

« Le président de l’Assemblée nationale veut rappeler qu’il reste le maître du jeu, en réaffirmant sa fidélité au président Touadéra, qui ne lui a pas retiré sa confiance. La suite va être dure pour certains s’étant sentis pousser des ailes », commente un ministre centrafricain ayant requis l’anonymat.

Jeune Afrique

 

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