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Mort de Prigojine : que va-t-il advenir de la fortune du patron de Wagner ?

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Mort de Prigojine : que va-t-il advenir de la fortune du patron de Wagner ?

RUSSIE

Evguéni Prigojine se trouvait à bord de l’appareil qui s’est écrasé en faisant la liaison entre Moscou et Saint-Pétersbourg. L’impétueux patron de Wagner laisse derrière lui un empire et une fortune colossale.

Il en coûterait de défier Vladimir Poutine. Deux mois quasiment jour pour jour après sa marche sur Moscou, Evguéni Prigojine serait mort le 23 août dans un crash d’avion. Depuis sa tentative de rébellion, le patron du groupe paramilitaire Wagner faisait figure d’opposant de premier plan au pouvoir. Depuis lors, ses jours semblaient comptés, ce qui laisse à penser que le crash n’aurait rien d’accidentel.

Pourtant, la relation entre les deux hommes n’a pas toujours été aussi mauvaise. Être un proche du Président a permis à Prigojine, avant de s’engager sur le terrain militaire, d’amasser une fortune colossale grâce à de juteux contrats dans différents secteurs. L’ex-vendeur de hot-dogs a rencontré Poutine, fraîchement élu, alors qu’il était propriétaire d’un restaurant luxueux à Saint-Pétersbourg. Poutine a ensuite accéléré son ascension dans la restauration en lui accordant des contrats dans des écoles, l’armée et l’immobilier pour plusieurs millions de dollars. L’entreprise de Prigojine a également assuré le service de restauration du Kremlin, ce qui lui valait le surnom de “cuisinier de Poutine” et la réputation de milliardaire grâce à ces contrats publics.

Un homme d’affaires milliardaire

Grâce à cet argent, Prigojine a pu “diversifier” son activité en créant, en 2014, sa propre milice, composée d’anciens détenus. Là encore, et même si Moscou niait tout lien avec les mercenaires, la proximité du groupe Wagner avec le pouvoir a été profitable. Vladimir Poutine a fini par reconnaître en juin dernier, peu après la tentative de rébellion de Wagner, avoir financé le groupe à hauteur de 920 millions d’euros de mai 2022 à mai 2023. Depuis sa création, l’armée privée aurait amassé plus de 10 milliards d’euros rien qu’avec des contrats accordés par l’État russe, selon Dmitri Kisselev, directeur du groupe de médias Rossia Segodnia. Même si ces contrats ne concernent pas directement l’oligarque, la circulation de l’argent entre la milice et les sociétés de Prigojine est assez nébuleuse.

À la tête de Wagner, l’oligarque a pu faire fructifier ses positions. Rapidement impliqué dans des conflits en Afrique et au Moyen-Orient, le groupe tire des revenus de ses activités opérationnelles, notamment via ses concessions minières en République centrafricaine (RCA), pour plusieurs centaines de millions de dollars. En Syrie, les opérations de Wagner menées en soutien au régime ont permis à Prigojine de percevoir des recettes tirées de l’exploitation de champs pétrolifères libérés de Daesh.

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Un groupe de hackers a dévoilé en mars dernier une étude basée sur un million de documents piratés permettant de mesurer l’ampleur des activités de Prigojine et la portée de son influence. Au total, près de 400 entreprises administrées de manière assez centralisée par un holding, Concord Group, possédé par Prigojine. Un véritable empire tentaculaire.

Une famille impliquée dans les “business” du père

Pour ce qui est de la fortune personnelle du commandant de Wagner, elle devrait revenir en toute logique aux proches de Prigojine, son épouse Lyubov Prigozhina et leurs trois enfants. Discrète, la désormais veuve a pourtant toujours eu un rôle essentiel dans les affaires de son mari. Son nom apparaît dans l’organigramme de plusieurs sociétés de Concord Group. Le Financial Times avait assuré en avril dernier que Lyubov Prigojine et ses enfants “jouent depuis des années un rôle actif dans les multiples entreprises” de Prigojine. Les registres des sociétés russes montrent que les enfants de Prigojine détenaient des actions dans les sociétés de leur père, ces participations étant fréquemment échangées entre eux. À l’exemple de la société Lakhta Plaza, d’abord sous le contrôle de Polina, l’aînée des trois enfants, puis de Pavel, le cadet, qui a lui-même combattu avec les forces de Wagner en Syrie.

Le groupe Wagner, quant à lui, devrait perdurer, mais “avec des relations beaucoup plus officielles et contractuelles avec le pouvoir russe”, comme l’estime Philippe Migault, directeur du Centre européen d’analyses stratégiques. Finies les relations en direct avec le Président, comme c’était le cas entre Prigojine et Poutine. “La personne qui prendra sa suite devra sans doute avoir l’aval de l’État-major des armées russes, ce que refusait absolument Prigojine qui a préféré se rebeller plutôt que de se voir mains liées au ‘Genchtab’”, ajoute le spécialiste.

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