Mohammed bin Salman, discret trésorier de Faustin-Archange Touadéra

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Mohammed bin Salman, discret trésorier de Faustin-Archange Touadéra

L’Etat centrafricain a pu compter en 2022 sur un crédit opportun de près de 11 milliards de francs CFA en provenance de Riyad. C’est le prêt bilatéral le plus important versé au pays cette année- là, alors que les bailleurs traditionnels se désengageaient, en réaction à l’influence de Wagner.

Publié le 13/07/2023

Tandis que le Fonds monétaire international (FMI), qui a envoyé, en juin, une mission à Bangui, s’apprête à ouvrir une facilité élargie de crédit pour la RCA, les services de l’Etat ont passé en revue la composition de la dette. Selon un rapport interne au ministère des finances, consulté par Africa intelligence, l’année 2022 fut délicate à gérer pour le président Faustin-Archange Ce dernier a accordé à la RCA un prêt de 10,98 milliards de francs CFA (FCFA, environ 16,7 millions d’euros), portant le montant total de la créance saoudienne à 32 milliards de FCFA (48,7 millions d’euros). La plupart des fonds ont été décaissés dès mars 2022. Le timing de cet appui financier a été opportun : il est arrivé quelques mois avant que les principaux bailleurs du pays – le FMI, et la Banque africaine de développement (BAD) en tête – se désengagent financièrement de la RCA, échaudés par l’emprise de la société militaire privée Wagner sur l’appareil de l’Etat (AI du 22/11/21). Le total des prêts multilatéraux de ces organismes était ainsi passé de 43 milliards de FCFA en 2020 (65 millions d’euros), à 25 milliards, en 2021 (38 millions d’euros) et à 30 petits millions de FCFA seulement en 2022 (45 000 euros).

Endettement sur les marchés financiers

Ce manque à gagner a forcé Bangui à trouver des solutions en Arabie saoudite, mais pas seulement. Une d’entre elles s’est révélée presque providentielle : l’allocation de droits de tirage spéciaux par le FMI à tous les Etats, dans le cadre de la relance de l’économie mondiale post-Covid-19. Pour la RCA, cela a représenté 35 milliards de FCFA (53 millions d’euros) en 2021 et 50 milliards de FCFA (76,2 millions d’euros) en 2022. Enfin, depuis 2021, Bangui est parvenu à lever des fonds sur les marchés financiers de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) : 49 milliards de FCFA en 2021 (74 millions d’euros) et plus de 50 milliards (76,2 millions d’euros) en 2022. C’est cette dernière option retenue qui explique la hausse de la dette domestique totale, passée de 684 milliards de FCFA (1,04 milliard d’euros) en 2021 à 768 milliards de FCFA (1,1 milliard d’euros) en 2022, soit une augmentation de 12,36 %. La dette extérieure est passée de 494 milliards de FCFA (753 millions d’euros), en 2021, à 488 milliards (744 millions d’euros) en 2022, tandis que la dette intérieure a grimpé de 47 %.

« Risque de liquidités »

Si la dette reste en dessous des critères de la Cemac (70 % du PIB), le rapport s’inquiète du fait que le service de la dette ait dépassé en 2022, pour la deuxième année consécutive, 20 % des recettes intérieures propres, une limite fixée par la Cemac. De quoi alerter les services du ministre Hervé Ndoba, selon qui, « à partir de l’exercice budgétaire 2023, la RCA pourrait courir un risque de liquidités qui s’étendrait jusqu’à 2026 ». De nombreux titres levés sur les marchés arriveront ainsi à échéance en 2024 et 2025, d’où l’importance de l’attribution d’une facilité élargie de crédit aux yeux du FMI. Taïwan, premier créancier Le premier créancier bilatéral de la RCA reste, depuis 2016, Taïwan, avec 135 millions d’euros d’arriérés de paiement. Viennent ensuite l’Arabie saoudite, devenu deuxième en 2022 (48 millions d’euros), l’Inde (39 millions), l’Argentine (30 millions) et le Koweit (18 millions).

https://www.africaintelligence.fr/afrique-centrale/2023/07/13/mohammed-bin-salman-discret-tresorier-de-faustin-archange-touadera,110002684-art

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