MASSACRE DE CIVILS DANS LA REGION DU SAHEL  : Un pied de nez à Damiba et au peuple burkinabè

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MASSACRE DE CIVILS DANS LA REGION DU SAHEL  : Un pied de nez à Damiba et au peuple burkinabè

Trente-cinq ! C’est le bilan provisoire de civils tués dans l’explosion, au contact d’une mine et d’un véhicule de transport qui faisait partie d’un convoi de ravitaillement escorté en partance pour Ouaga, entre Djibo et Bourzanga, le 5 septembre dernier. Le communiqué du Gouverneur de la région du Sahel, qui annonce « l’incident », fait aussi cas d’une quarantaine de blessés. C’est dire si le bilan pourrait s’alourdir dans cette attaque qui demeure l’une des plus meurtrières de ces derniers mois, depuis la prise du pouvoir par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba et ses camarades, à la faveur du coup d’Etat qui a renversé le président Roch Marc Christian Kaboré, le 24 janvier dernier.  Ce massacre de civils à l’engin explosif improvisé, est d’autant plus marquant qu’il intervient au lendemain du discours-bilan des sept premiers mois de pouvoir du président Damiba, prononcé le 4 septembre dernier depuis Dori, la capitale de la région du Sahel. Un discours qui, au-delà de la symbolique du choix de la région martyre du Sahel pour sa déclamation, se voulait plutôt rassurant pour les Burkinabè.

Malgré les efforts, les terroristes continuent de garder toute leur capacité de nuisance

C’est dire si ce massacre de civils,  qui vient comme une réponse au discours du chef de l’Etat, est un véritable pied de nez à l’officier-président. Car, pour des gens que l’on dit désorganisés et pratiquement aux abois en ayant recours à des actes désespérés de sabotage d’infrastructures pour donner le change, la réaction a été plutôt fulgurante, si la concomitance des faits, ne relève pas de l’effet du hasard. Quoi qu’il en soit, c’est un massacre qui  vient rappeler aux Burkinabè non seulement la nécessité de toujours garder l’arme au pied, mais qu’au-delà des résultats, beaucoup reste encore à faire dans la longue et difficile guerre de libération du pays, des griffes des forces du mal. Cela est du devoir de tous les Burkinabè qui doivent être guidés par le même élan de patriotisme pour sauver la Nation en péril. Car, s’il est de plus en plus admis que c’est dans l’union sacrée des fils et des filles du pays, que nous gagnerons cette guerre, il fait de moins en moins de doute que dans la division, nous périrons ensemble. Il y a donc plus à se réarmer mentalement et à se remobiliser qu’à polémiquer sur le bilan du chef de l’Etat. Car, l’heure est grave.  En effet, le flot de déplacés internes va grandissant au moment où les cris de détresse de nombreuses populations demandant secours, continuent de s’élever, comme dans les Banwa où les terroristes sont en train de faire la pluie et le beau temps. Pendant ce temps, les symboles de l’Etat comme les mairies, les préfectures, les commissariats de police continuent d’être des cibles, comme cela a encore été récemment le cas à Gourcy, Bondokuy et Ouarkoye. C’est dire si malgré les efforts, tout porte à croire que les terroristes continuent de garder toute leur capacité de nuisance. Et surtout que ces gens sans foi ni loi,  ont plus d’un vilain tour dans leur turban.

Il importe à présent, pour les Burkinabè, de taire leurs divergences pour se donner la main afin de lutter efficacement contre l’ennemi commun

Car, quand on croit les tenir en respect par les escortes militaires de convois, c’est là qu’ils actionnent un de ces vilains IED (engin explosif improvisé) capables de remettre en cause toute une stratégie. C’est dire si la bête immonde a beau être touchée au flanc comme tendent à le montrer les propos du chef de l’Etat, il faut se garder de tout triomphalisme tant qu’elle n’aura pas poussé son dernier souffle. Et de cela, on en est encore loin. D’autant que nous sommes en guerre où des coups, nous en porterons de durs à l’ennemi comme nous en recevrons aussi en retour. C’est pourquoi, au-delà de la douleur, cette énième attaque meurtrière doit être un moment de rapprochement des Burkinabè  qui doivent comprendre que leur salut est dans l’union plutôt que dans les calculs politiciens qui ne profitent qu’à l’ennemi. En tout état de cause, comme dit l’adage, on ne peut pas cacher le soleil avec son doigt. Et maintenant que le président Damiba a fait son bilan comme il l’avait promis, chacun a pu se faire son opinion. Il importe à présent, pour les Burkinabè, de taire leurs divergences pour se donner la main afin de lutter efficacement contre l’ennemi commun qui menace le pays jusque dans ses fondements. C’est le seul combat de l’heure qui vaille.

 « Le Pays »

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