MASRA – KAKA, LE GRAND DEAL

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Tard dans la nuit du 29 juillet 2023, un jet privé s’immobilise sur le tarmac de l’aérodrome de la base militaire française Adji-Kosseï.

Deux silhouettes débarquent de l’appareil. Elles sont accueillies au bas de la passerelle par le chef de station de la DGSE à N’Djaména et l’attaché d’Ambassade.

Puis, le petit monde s’ébranle vers la résidence de l’Ambassadeur de France où les visiteurs y passent la nuit. Ils ont rendez-vous avec Kaka, le lendemain.
Il s’agit de Christophe Bigot, directeur de la stratégie à la DGSE et Roland Marchal, officiellement chargé de recherche à la CNRS, ( En fait, il est depuis plusieurs années, analyste et spécialiste de l’Afrique Centrale et Australe à l’Agence du Renseignement Français).
Au matin, les deux envoyés spéciaux se rendent au palais présidentielle où les attendait le Président de Transition dans son bureau.

La réunion se tient à huit clos entre Kaka et ses sécurocrates d’une part et 03 français d’autre part. Le message de ces derniers tient sur 02 points :
1. Envoie d’une division d’élite de la DGSSIE à Niamey pour déloger les putschistes et remettre en scelle leur homme Bazoum.
2. Se préparer à sécuriser et accueillir un éventuel retrait des troupes françaises du Niger.

Les français avaient été surpris par la tiédeur de la condamnation du tchadien et sa passivité face au coup d’état du Niger. Kaka était pourtant assez proche du président nigérien déchu avec lequel il soutenait les forces rebelles de Himétti. Surtout que, des instructeurs tchadiens et français formaient 12.000 nouvelles recrues arabes dans le camp de Tondibia, au nord-est de Niamey.

Il était prévu qu’après la formation, 6.000 hommes soient affectés à la garde rapprochée de Bazoum et les restants envoyés comme supplétif à Himétti.

Sur le 1er point, Kaka botte en touche. Il refuse que l’armée tchadienne traverse la frontière du Niger. Les français insistent, nouveau refus. Après plusieurs minutes de dialogue de sourd et de cacophonie, Christophe Bigot (qui était arrivé avec une serviette contenant quelques documents) tend sans prononcer un mot une chemise à kaka.
(Nous reviendrons par la suite sur le contenu des documents).

Surpris, ce dernier la prend et la consulte feuille par feuille. Puis, le visage livide, il remet le documents :
‘’ Je ne peux pas envoyer de militaires au Niger, même ici nous ne sommes pas en sécurité. Mais je peux jouer un rôle de facilitateur’’. La réunion pris ainsi fin et les français repartirent en France.

Les témoins de cette rencontre ont constaté l’irritation de Kaka après la lecture des documents français et sur son comportement irrationnel lorsque 48h plus tard, il décida d’aller à Niamey.

Kaka avait appelé le président nigérian Bola Tinubu et lui informa de son intention d’aller parler aux putschistes nigériens et leur persuader de remettre le pouvoir au récipiendaire.

Le 31 juillet, Kaka et sa suite débarquent à Niamey et vont directement voir le Général Abdraman Tchiani, qui les reçoit en compagnie de Salifou Mody, son n°2.
Contre toute attente, Kaka rassure Tchiani que jamais un soldat tchadien n’attaquerait le Niger et demande à la junte de tenir bon face à la CEDEOA. Il répète la même chose au parrain du putsch Mohamadou Issoufou.
Ensuite, il demande à rencontrer le prisonnier Bazoum, son ex ‘’Oncle’’.

Le président déchu reçoit donc jovialement son ancien poulain, croyant à un signe de soutien et d’espoir. Espoir qui fut rapidement douché, lorsque subitement Kaka lui demande de démissionner et de laisser la junte parachever la transition au risque d’être assassiné par les militaires.

Entre surprise et déception, Bazoum est sonné. Il met fin à leur entretien, tout en lui demandant d’aller dire à qui de droit qu’il ne démissionnerai jamais.
Kaka s’était livré à un jeu de duplicité que ni ses collaborateurs ni les français qui ‘’écoutaient’’ toutes les conversations émanant du palais présidentielle du Niger n’avaient compris.

Mohamed Bazoum mis hors jeu, Mht Kaka reste donc le seul véritable allié de la France.

Malléable à volonté, sans substance, acquiesçant à toutes les injonctions des français, Kaka est aujourd’hui l’homme idéal.

Mais le casting ne s’était pas fait sans peine :

Quelques semaines après la mort mystérieuse du Maréchal, l’Elysée et les services secrets s’étaient mis à la recherche d’un président d’après transition.

Apres d’innombrables réunions où ils réussissent à dégager le profil idéal de leur futur homme, la DGSE envoie 02 officiers traitant à Dakar pour rencontrer le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’Ouest et au Sahel : Mahamat Saleh Annadif.

On lui propose de se préparer à prendre le pouvoir. Lucide (mais surtout craignant un piège), Annadif décline poliment l’offre français, non sans leur tenir un cours géo-ethnique de l’histoire du Tchad.
Mais la DGSE ne se démonte guère, elle cible une autre personnalité tchadienne du 1er plan : Moussa Faki Mahamat.

Faki est justement de passage à Paris. Il est secrètement invité au 141 Boulevard Mortier, le siège des services secrets français. Moussa Faki est reçu par le DG BERNARD ÉMIÈ lui-même, qui lui expose d’entrée de jeu son plan de succession. Faki l’écoute longuement, pose des questions, demande des détails, fait part de ses craintes, puis finit par accepter la proposition.

Dès lors, il est l’homme des français. Il recevra une enveloppe symbolique pour sa campagne et aura droit de manière hebdomadaire à une fiche de briefing sur la situation socio-économique et politique du Tchad.
Plusieurs mois passèrent et les français finirent par s’en rendirent compte : Faki n’est pas populaire et surtout il n’a aucune espèce d’influence sur l’armée tchadienne, chose absolument essentielle pour conquérir le pouvoir au Tchad.

Ils finirent par tirer la conclusion qui était que : Annadif et Faki, l’un à 100% arabe et l’autre à 50% arabe ne feront pas l’affaire dans un pays à 90% négro-africain.

Aussi, qu’il soit civil ou militaire, il faut Kaka à la tête du pays.

Et malgré son incapacité notoire à diriger un État, la déconfiture de l’administration et des finances, malgré son affairisme, Kaka et sa meute, tiennent toujours la barre. Et l’armée dans sa résignation semble suivre.
Mais pour éviter la déconfiture totale du pays, il faudra adjoindre à kaka un cogestionaire, et ce sera MASRA SUCCÈS !

L’idée est apparue comme une évidence lors d’un brainstorming entre agents secrets et civils à l’Élysée.
C’est ainsi que Kaka est convoqué à Paris le 17 octobre 2023.

Dès l’arrivée de Kaka à Paris, le protocole français l’informe que son Dircab n’était pas le bienvenu à l’Élysée. Et qu’il faudra venir sans lui ou pas.
Kaka s’exécute et s’en va à son audience accompagné d’autres collaborateurs. On l’introduit au bureau du président français.

Emmanuel Macron commence malicieusement par exposer devant Kaka certains documents qui lui avait été fourni par les américains :
• Des images satellite des convois de camions transporteurs de la drogue traversant le pays sous escorte de l’armée tchadienne ;
• Les itinéraires de vol du jet privé de IYB en partance pour le village de Malana en Inde (mondialement connu pour ses usines de haschisch, de cocaïne et de Tramadol) ;
• Une liste de personnes « Most wanted » du DEA américain (y figure son nom, celui de son Dircab et de son DG/DGSSIE).

Kaka nie en bloc les preuves exposées sous son nez, mais Macron n’en avait que faire. Il ne l’avait pas convoqué pour ça, les documents ne servait que de mise en bouche et de chantage pour la suite de son raisonnement.

Il lui expose le New-Deal, la proposition française :
Il garde le pouvoir après la transition et Succés Masra sera son 1er ministre avant et après les élections présidentielles de 2024. La gestion du Tchad sera à 50/50.

Les 02 hommes discutent une heure durant et finissent par tomber d’accord. Le président Tchisekedi est immédiatement mis au parfum. Il sera le chef d’orchestre du retour de Masra au Tchad.

Dès lors, Masra est directement contacté et la proposition lui est faite. Elle est simple :
Il sera désigné chef du gouvernement, avec des pouvoirs étendus. Il gérera l’économie, les comptes publics et la diplomatie. Kaka garde la main sur les forces armées et la sécurité. En somme, une cohabitation.

Ainsi, la pièce se mit en place, Masra débarque à Kinshasa, ainsi que l’équipe tchadienne de négociations. Un accord global est trouvé et signé et Succés Masra finit par rentrer au pays avec sa team. Joli coup médiatique pour Tshisekedi et doublé pour Masra qui rentre non seulement avec les honneurs, mais avec la quasi-certitude d’être le prochain chef du gouvernement du Tchad.

Et comme le prévoyait l’accord non écrit, le leader des Transformateurs changea diamétralement de tonalité et de langage en optant pour la modération.

Enfin, avec l’aide logistique du gouvernement (400 millions francs FCA), il entama une tournée nationale, qui est moins une tournée de sensibilisation au référendum qu’une tournée de présentation du futur Premier Ministre.

Marco Hassan-Pinault

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