Marché des titres publics : les levées de fonds de trois pays de la Cemac déclarées infructueuses

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Banques et Finances

Marché des titres publics : les levées de fonds de trois pays de la Cemac déclarées infructueuses

Il s’agit du Congo, du Gabon et de la Guinée Equatoriale dont les émissions respectives de 25, 8 et 10 milliards de Fcfa ont été vouées à l’échec, preuve d’un début d’année difficile pour ces Etats de la Cemac qui ont exprimé d’importantes levées de fonds sur le marché monétaire cette année 2024.

C’est un début d’année difficile pour les Etats de la Cemac qui opèrent d’importantes levées de fonds sur le marché des titres publics de la Beac. Pour preuve, les émissions de trois pays de la Cemac ont été déclarées infructueuses, apprend-on du rapport des opérations du 08 au 12 avril 2024. Il s’agit du Congo, du Gabon et de la Guinée Equatoriale dont les émissions respectives de 25, 8 et 10 milliards de Fcfa ont été vouées à l’échec. Pour le Congo par exemple, son Obligation du trésor assimilable (OTA) de 6 ans de maturité était rémunérée à 7,25% tandis que les émissions des deux autres pays étaient sous forme de Bons du trésor assimilable (BTA) de 26 semaines, et les intérêts devaient être précomptés sur la valeur nominale des bons.

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Cette désillusion témoigne sans doute de la réalité selon laquelle l’argent se fait rare sur le marché. Une situation qui représente des risques en ce qui est du refinancement des pays émetteurs qui ont exprimé d’importantes émissions sur le marché monétaire cette année. Le Gabon est le pays qui a exprimé le besoin le plus important soit 854 milliards de Fcfa sur le marché des titres publics et environ 450 milliards de Fcfa sur le marché financier. La Guinée Equatoriale, le Congo et le Tchad n’ont pas encore révélé les montants à émettre. Le Cameroun s’est fixé un objectif de 854 milliards de Fcfa à lever cette année contre 200 milliards pour la Centrafrique.

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Malgré les récentes réformes de la Banque centrale qui encouragent les banques commerciales, membres des réseaux des SVT (spécialistes en valeur du Trésor) à souscrire chaque année un minimum de 60% des séances d’émissions des valeurs du Trésor, à présenter les taux pour chacune des lignes exigées, et d’assurer la participation effective annuelle d’au moins 5 % du montant total adjugé dans chacune des catégories des valeurs du Trésor, l’on n’assiste pas au dynamisme attendu. Une situation qui est à mettre en rapport avec le contexte actuel du marché, marqué par un resserrement agressif de la politique monétaire par la Beac qui active tous les leviers pour ponctionner les excès de liquidités dans les coffres forts des banques. Après avoir relevé à plusieurs reprises ses taux directeurs, la Beac a suspendu ses injections de liquidités et renforcé ses offres de ponctionnement.

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De plus, l’institution d’émission monétaire a introduit les Bons Beac qui sont des titres de créances émises sur une courte durée avec des niveaux de rendement assez intéressants. L’objectif étant de restreindre la création monétaire afin de réduire l’inflation qui se situe désormais au-dessus du seuil communautaire (3 %). L’impact de cette décision sur le marché domestique est que les investisseurs ont de manière globale durci leurs conditions d’emprunts, rendant difficile l’accès aux financements.

Ecomatin

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