Madagascar : le président de la République Hery Rajaonarimampianina destitué par les députés : un exemple pour le cas Touadéra !

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Hery Rajaonarimampianina, destitué par les députés

mercredi 27 mai 2015 | Léa Ratsiazo

À presque minuit le 26 mai 2015, le président de l’Assemblée nationale, Jean Max Rakotomamonjy a lu le résultat des votes des députés : par 121 voix pour, quatre (4) voix contre et zéro (0) abstention, les députés de Madagascar ont voté la destitution du président de la République Hery Rajaonarimampianina. Sur les 151 membres que compte l’Assemblée nationale, plus de deux tiers ont voté la motion de déchéance du chef de l’État selon les termes de la Constitution. Cette décision des députés, avec la requête, va être déposée à la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) ce jour, 27 mai 2015. Car, la décision finale lui revient. La requête d’accusation aux fins de déchéance du chef de l’État a été déposée le vendredi 22 mai et le long week-end de Pentecôte a été utilisé par les députés pour se convaincre de la nécessité de déchoir le chef de l’État.

Les griefs des députés contre le président de la République sont nombreux. Les députés déclarent pêle-mêle l’incapacité du chef de l’Etat à gérer le pays, son inaction depuis sa prise de pouvoir et surtout son non respect de la Constitution, le fameux article 54, la laïcité en l’occurrence, le non respect de la séparation des pouvoirs législatif et exécutif, son ingérence dans le fonctionnement de l’Assemblée nationale, sa non promulgation des lois pendant les 3 semaines après le vote, et la non mise en place de la Haute Cour de Justice. La signature par le président de la République des résolutions des dernières assises nationales avec le FFKM est également dénoncée par les députés. « Haute trahison », selon les élus. Signature vaut acceptation selon eux et c’est surtout cette menace de dissolution de l’Assemblée nationale qui a motivé la grande majorité des députés.

Les députés pro-régime contestent violemment ce vote. Les députés Kathy et Toto Lydia dénoncent le bourrage des urnes pendant le vote : « nous étions 102 députés présents dont 30 se sont affichés contre cette requête et sont sortis de la salle. Dès lors comment ont-ils pu avoir 125 voix dans ce cas ? » demandent-elles. Ces dernières déclarent qu’elles vont déposer des plaintes auprès de la HCC.

Mais la procédure n’a pas été respectée depuis le début. Le nombre des députés présents et qui vont participer au vote aurait dû être annoncé et déclaré avant le scrutin. C’est seulement après le vote que le nombre des votants a été connu.

Les résolutions des assises de la réconciliation nationale qui recommandent la dissolution de toutes les institutions sauf la Présidence de la République, sont à la source de tous ces problèmes. Le chef de l’État, indécis comme toujours, n’a jamais annoncé sa décision sur la dissolution ou non des institutions dont l’Assemblée nationale. Et les députés ont préféré prendre les devants. Malheureusement, ceux qui ont prédit une nouvelle crise ont raison ! Et voilà où nous a conduit le forcing du FFKM et du chef de l’État sur le processus de réconciliation nationale.

Madagascar est en perpétuelle crise !

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