Macron au Gabon : «Une légitimité internationale» offerte aux Bongo ?

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epa06384679 French President Emmanuel Macron (L) greets President of Gabon Ali Bongo Ondimba (R) as he arrives at the Elysee Palace for a lunch as part of the One Planet Summit held in Paris, France, 12 December 2017. EPA/IAN LANGSDON (MaxPPP TagID: epalivethree055690.jpg) [Photo via MaxPPP]

S’ils jugent juste la cause du One Forest Summit pour laquelle Emmanuel Macron est actuellement au Gabon, dans une lettre ouverte à Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de France, des députés LFI-NUPES craignent néanmoins que le déplacement du président français offre par la même occasion une légitimité internationale au régime en place depuis 56 ans.

Emmanuel Macron et Ali Bongo, à Paris, en 2017. © EPA/Ian Langsdon

 

À l’instar de certains acteurs de la société civile gabonaise, les députés de la coalition LFI-NUPES (La France insoumise-Nouvelle union populaire écologique et sociale) ne voient pas d’un bon œil le déplacement d’Emmanuel Macron en Afrique centrale, particulièrement au Gabon, où il prend part depuis ce mercredi 1er mars au One Forest Summit qu’il co-préside avec Ali Bongo. Et le fait que le pays est à quelques mois d’échéances électorales majeures constitue un sujet d’inquiétude pour les élus, membres de la commission des Affaires étrangères, qui ont adressé une lettre ouverte à Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

S’ils jugent «juste» la cause défendue par le président français dans le cadre du sommet de Libreville en faveur de la protection des forêts et de la biodiversité, les 9 signataires estiment néanmoins que ce déplacement «offre aussi, à 5 mois d’une élection présidentielle verrouillée, une légitimité internationale au régime de la famille Bongo au pouvoir depuis 1967». Un régime dont «les dérives autoritaires voire autocratiques sont pointées du doigt», accusent ces élus.

«Le refus des autorités gabonaises de délivrer un visa à la journaliste de Libération Maria Malagardis, qui souhaitait se rendre au One Forest Summit, illustre cette volonté de voir le One Forest Summit traité sous un angle positif pour le régime, alors même que de nombreux observateurs estiment qu’il s’agit d’une opération de ‘greenwashing’», prétendent les députés LFI-NUPES, non sans évoquer la brève interpellation, samedi dernier, de l’activiste Privat Ngomo, opposé à la venue d’Emmanuel Macron à Libreville.

https://www.gabonreview.com

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