LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU SAHEL  : Le capitaine IB-la diplomatie américaine- et Wagner  

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LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU SAHEL  : Le capitaine IB-la diplomatie américaine- et Wagner  

LUTTE CONTRE LE TERRORISME AU SAHEL  : Le capitaine IB-la diplomatie américaine- et Wagner

Au lendemain du coup d’Etat du capitaine Ibrahim Traoré qui a déposé, le 30 septembre dernier, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, lui-même tombeur de Roch Marc Christian Kaboré huit mois plus tôt, la question qui se posait à plus d’un et en inquiétait certains, est celle de savoir si le Burkina allait basculer dans le giron du groupe paramilitaire russe, Wagner. Ce, en raison des circonstances qui ont entouré le coup d’Etat du capitaine Ibrahim Traoré. En effet, dans la liesse populaire, des manifestants brandissant des drapeaux russes, en appelaient ouvertement à une coopération avec la Russie dans un contexte où la France est vouée aux gémonies pour ce qui paraît, aux yeux de certains, comme une inefficacité dans la lutte contre le terrorisme quand Paris n’est pas accusée de duplicité voire de collusion avec l’ennemi. Et pour ne pas vraiment arranger les choses, l’appel du pied de Evguéni Prigojine, patron du groupe Wagner, aux nouvelles autorités du pays des Hommes intègres au lendemain de la chute du lieutenant-colonel Damiba, est venu en rajouter à l’inquiétude de certains partenaires. Sont de ceux-là, les Etats-Unis d’Amérique qui avaient clairement mis en garde le Burkina contre une collaboration avec le groupe paramilitaire russe.

 

La question que l’on pourrait se poser, est de savoir ce que cache cette sortie de la diplomate américaine

 C’est dans ce contexte qu’au détour d’une visite au Burkina, la sous-secrétaire d’Etat américaine, Victoria Nuland, a laissé entendre que le capitaine Ibrahim Traoré n’a pas l’intention de recourir à Wagner et que le Burkina voulait plutôt compter d’abord sur ses propres forces pour assurer la défense de son territoire. La question que l’on pourrait se poser, est de savoir ce que cache cette sortie de la diplomate américaine. Pourquoi cet empressement à faire une telle déclaration au lieu de laisser la primeur de l’annonce d’une telle information capitale, aux autorités de la transition burkinabè ? Surtout que le débat sur le choix des partenaires stratégiques dans la lutte contre le terrorisme, continue de diviser les Burkinabè entre ceux qui ne jurent que par Wagner et ceux pour qui le débat se situe moins dans le fait de quitter une puissance étrangère pour une autre, que dans l’offre de l’aide qui pourrait permettre au Burkina de mieux faire face à la progression des groupes terroristes et de repousser l’ennemi. Est-ce une façon pour Washington de mettre la pression sur le jeune capitaine ou bien est-ce un besoin de se rassurer soi-même en coupant l’herbe sous les pieds de l’adversaire ? L’histoire nous le dira. En attendant, tout porte à croire que dans la lutte contre le terrorisme, le Burkina Faso est devenu un véritable enjeu pour les puissances occidentales.

 Il faut éviter de faire dans l’amalgame des genres en ramenant la coopération avec la Russie, à la coopération avec le groupe Wagner

 Comment peut-il en être autrement quand l’exemple du Mali voisin qui a éconduit la France dans les conditions que l’on sait, pour convoler en noces avec le groupe russe Wagner, semble parler aux populations du Sahel au point de susciter des appréhensions chez les partenaires occidentaux ?  Quoi qu’il en soit, la lutte contre le terrorisme est tellement complexe qu’il est aujourd’hui de notoriété publique qu’elle nécessite de nombreux partenariats. Et le capitaine Ibrahim Traoré qui a fait du rétablissement de la sécurité, la priorité des priorités, n’a jamais caché sa volonté de diversifier les partenariats gagnants, y compris Moscou. C’est pourquoi il faut éviter de faire dans l’amalgame des genres en ramenant la coopération avec la Russie, à la coopération avec le groupe Wagner qui n’est pas une entité étatique.  Même si cela peut paraître le souhait de certains Burkinabè. En tout état de cause, il appartient aux autorités de la transition burkinabè, de décider de la conduite à tenir et d’opérer les choix qui pourront leur permettre d’atteindre les objectifs visés. Le peuple n’attend que des résultats.  C’est pourquoi, si le choix du capitaine Ibrahim Traoré est de compter d’abord sur nos propres forces comme l’a laissé entendre la diplomate américaine, ce serait un choix courageux. Et le recrutement en cours de 50 000 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), participe de cette vision. Car, aucun partenariat avec quelque puissance étrangère que ce soit, n’est jamais gratuit. Or, la lutte contre le terrorisme est une lutte de longue haleine. A long terme, les coûts de tels partenariats ne peuvent être que prohibitifs pour des économies déjà en berne.

 « Le Pays » 

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