l’Onu s’est penchée sur la situation en République centrafricaine

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La nouvelle Constitution de la République centrafricaine, promulguée le 30 août dernier, marque une nouvelle étape pour le pays, a déclaré ce matin devant le Conseil de sécurité la Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).  Dans son exposé, Mme Valentine Rugwabiza a mis l’accent sur l’appropriation nationale du processus politique et de paix, en notant les progrès accomplis et restants en termes de stabilité et de sécurité.  Après la dissolution de neuf groupes armés, elle a invité à surfer sur cet élan pour renforcer encore la confiance entre toutes les parties prenantes.

Rien que ce lundi a eu lieu, à Bangui, le deuxième examen stratégique du processus de paix, en présence des garants et facilitateurs de l’Accord politique et de la feuille de route conjointe pour la paix en République centrafricaine (dite feuille de route de Luanda), ainsi que des Ministres des affaires étrangères de l’Angola et du Rwanda.  En relatant ces étapes, Mme Rugwabiza a fait part de l’établissement de la septième République, par suite du référendum constitutionnel du 30 juillet et de la promulgation de la nouvelle Constitution, le 30 août.  Un processus toutefois contesté par l’opposition quant à sa légitimité, rapporte le Secrétaire général dans son rapport, qui cite notamment le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) et quelques organisations de la société civile et groupes religieux, dont les évêques du pays.

La nouvelle Constitution allonge les mandats du Président et des parlementaires, qui passent de cinq à sept ans, et ne limite plus leur nombre.  Elle crée une fonction de vice-président, dont le titulaire est nommé par le Président, et abolit le Sénat.  La Constitution stipule également que les individus qui ont créé un groupe armé ou ont été affiliés à un tel groupe ne sont pas habilités à contester le résultat des élections législatives.

En parallèle de ces changements constitutionnels, le Gouvernement, avec l’appui de la MINUSCA, a poursuivi ses efforts pour décentraliser le processus politique et de paix au niveau local, a relaté la Représentante spéciale, qui s’est elle-même rendue, en compagnie des membres du Gouvernement et des partenaires de développement, dans plusieurs préfectures du nord-est et de l’ouest du pays, où la situation sécuritaire avait fait l’objet d’importants efforts de stabilisation.

L’Angola, invité à la séance du Conseil de sécurité, a félicité les autorités centrafricaines pour leur « appropriation nationale » des axes de la feuille de route de Luanda.  Les A3 (Gabon, Ghana et Mozambique) ont, pour leur part, salué la mobilisation du Gouvernement centrafricain pour organiser, le 24 octobre 2024, les premières élections locales depuis plus de 20 ans.

Sur le plan sécuritaire, les membres du Conseil se sont félicités de la dissolution de neuf groupes armés signataires de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, ainsi que des progrès accomplis en matière de désarmement, démobilisation, rapatriement et réintégration (DDRR).  D’autres avancées notables ont été soulignées dans la réforme du secteur de la sécurité, dans la politique nationale de gestion des zones frontalières et dans la restauration de l’autorité de l’État.  Le Brésil a néanmoins relevé qu’il demeure une certaine instabilité dans quelques régions, notamment des incidents impliquant des munitions explosives.

« La RCA revient de loin, de très loin », de « la crise meurtrière imposée par les terroristes de la Seleka en 2013 » à celle de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), a reconnu la Ministre des affaires étrangères, de la francophonie et des Centrafricains à l’étranger.  Mme Sylvie Valérie Baipo Temon a invité à mesurer l’ampleur de la tâche accomplie en confirmant qu’à présent, l’autorité de l’État est rétablie sur toute l’étendue du territoire.

Le rôle essentiel de stabilisation joué par la MINUSCA dans un environnement difficile a été mis en exergue par les intervenants, d’autant que, ont observé les Émirats arabes unis, les cas de violences sexuelles liées aux conflits ont plus que doublé entre 2021 et 2023 par rapport à la période précédente, et les violations graves commises contre des enfants ont presque triplé.  La France a condamné les violations des droits de l’homme commises par les groupes armés et les membres de Wagner, en demandant qu’elles ne restent pas impunies.  L’Albanie, les États-Unis, Malte et le Royaume-Uni ont également déploré les violations commises par Wagner, la délégation américaine pointant du doigt la participation du groupe à des activités illégales d’extraction minière.

Les A3 ont par ailleurs relevé que ces questions de sécurité ont pris une dimension régionale avec la crise au Soudan, qui aggrave la volatilité de la situation sécuritaire en République centrafricaine.  Ils ont plaidé pour la coordination d’une réponse sécuritaire au niveau régional, par l’organisation d’opérations militaires conjointes visant à neutraliser la capacité des groupes armés opérant dans les zones frontalières.

Alors que le vote sur le renouvellement du mandat de la MINUSCA est prévu à la mi-novembre, la Ministre centrafricaine a demandé un ajustement du mandat à la réalité avec un réexamen de l’accord sur le statut des forces, arguant qu’on ne peut poursuivre une opération durant 10 ans sans faire des points d’étapes.

La Ministre a exhorté d’autre part le Conseil de sécurité à la cohérence concernant la résolution qui renouvelle pour un an l’embargo, évoquant une incapacité ou un manque de volonté lorsqu’il s’agit de s’attaquer aux sources d’approvisionnement des armes par les criminels terroristes.  La Chine a d’ailleurs proposé de réduire les sanctions, en soulignant l’importance du respect de la souveraineté du pays qui reste menacé par des groupes armés.  La Fédération de Russie a reconnu que les sanctions, en dépit de leur assouplissement, limitent les capacités de Bangui à rétablir l’ordre.

LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (S/2023/769)

Déclarations

Mme VALENTINE RUGWABIZA, Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), a déclaré que cette séance revêt une importance particulière alors que le vote sur le renouvellement du mandat de la MINUSCA est prévu à la mi-novembre.  Présentant le dernier rapport du Secrétaire général sur le sujet, elle a mis l’accent en premier lieu sur le processus politique et de paix, alors que les préparatifs et la campagne du référendum, qui s’est tenu le 31 juillet, ont occupé une place centrale dans le calendrier politique national.

Le Gouvernement, avec l’appui de la MINUSCA, a ainsi poursuivi ses efforts pour décentraliser le processus politique et de paix.  La Cheffe de la MINUSCA a informé qu’elle avait accompagné les membres du Gouvernement et les partenaires de développement dans plusieurs préfectures du nord-est et de l’ouest du pays, où la situation sécuritaire avait fait l’objet d’importants efforts de stabilisation.  Elle a noté que certaines localités visitées recevaient, pour la première fois, la visite d’un premier ministre, comme dans la préfecture de la Vakaga (région nord-ouest).  Elle a, à cet égard, jugé central que les partenaires financiers internationaux et les acteurs du développement maintiennent leurs engagements pour consolider les gains de sécurité chèrement obtenus, que ce soit par des investissements ou des programmes de stabilisation destinés à fournir des services de base, ou par des moyens de subsistance socioéconomiques durables pour les populations.

La Cheffe de la MINUSCA s’est ensuite félicitée également de la réactivation et de l’opérationnalisation de nombreux mécanismes préfectoraux de mise en œuvre de l’Accord politique de 2019, qui restent essentiels pour promouvoir le dialogue inclusif et la réconciliation au niveau local, en particulier dans les zones historiquement marginalisées.  La septième République de la RCA et sa nouvelle Constitution, officiellement promulguée le 30 août dernier, marquent une nouvelle étape pour le pays, s’est-elle réjouie, se félicitant de l’engagement renouvelé du Président Faustin-Archange Touadéra à accélérer la mise en œuvre du processus politique et de paix.  L’appropriation nationale de ce processus a été une nouvelle fois illustrée par la convocation, ce lundi à Bangui, du deuxième examen stratégique du processus de paix, en présence des garants et facilitateurs de l’Accord politique et de la feuille de route conjointe pour la paix en République centrafricaine (dite feuille de route de Luanda), ainsi que des Ministres des affaires étrangères de l’Angola et du Rwanda.

La réunion a relevé la dissolution de neuf groupes armés signataires de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA), ou de leurs ailes, ainsi que les progrès accomplis en matière de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), de la réforme du secteur de la sécurité, de la politique nationale de gestion des zones frontalières, désormais adoptée, et de la restauration de l’autorité de l’État.  Mme Rugwabiza a encouragé à profiter de cet élan pour renforcer encore la confiance entre toutes les parties prenantes au processus politique de paix, par le biais d’actions et d’initiatives tangibles.

Elle a aussi salué l’annonce du Gouvernement centrafricain d’une stratégie d’engagement des chefs des groupes armés, en vue de leur retour dans le processus politique, et de la reprise des préparatifs des élections locales, le premier tour du scrutin étant prévu pour octobre 2024.  Ce nouveau chronogramme fournit un cadre pour accélérer la mobilisation des ressources et réviser le code électoral, afin d’assurer sa conformité avec la nouvelle Constitution, a-t-elle expliqué.

La situation sécuritaire reste volatile dans certaines régions en dehors de Bangui, notamment dans les zones frontalières, a poursuivi la Représentante spéciale, ajoutant que la MINUSCA est intervenue en renforçant son espace opérationnel dans les préfectures de la Haute-Kotto et de la Vakaga, avec pour effet une meilleure protection des civils et une dissuasion plus efficace des menaces posées par les groupes armés.  Dans le Haut-Mbomou, la Mission a facilité pour la première fois un déploiement conjoint avec les forces de défense centrafricaines, dans une zone où elles étaient totalement absentes jusqu’alors, qui a eu des effets immédiats: la nouvelle milice Azande Ani Kpi Gbe a annoncé à la MINUSCA sa décision de déclarer un cessez-le-feu, de rejoindre le processus de DDR et de favoriser la cohésion sociale.  La Cheffe de la MINUSCA a cependant insisté sur les « lacunes critiques » touchant les capacités aériennes, le transport terrestre et la chaîne d’approvisionnement de la Mission.  Les infrastructures limitées, l’absence ou non-utilisation de la majorité des pistes hors de Bangui entravent notre mobilité, a-t-elle affirmé, ajoutant qu’il faut plusieurs semaines à un convoi pour se rendre de Bangui à Birao, dans le nord-est, ou à Obo, dans le sud-est.

Elle a également fait état d’un « événement majeur », en l’occurrence la facilitation du rapatriement volontaire d’ex-combattants de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui étaient présents dans la préfecture du Haut-Mbomou depuis plus de 15 ans et représentaient une menace réelle et constante pour les civils. Elle a aussi salué la signature d’un accord de coopération frontalière entre la République centrafricaine et le Soudan du Sud le 1er septembre, qui devrait contribuer à renforcer le développement de réponses coordonnées aux menaces transfrontalières.  La Représentante spéciale a aussi salué les mesures gouvernementales tendant à accroître sa réponse aux violations des droits humains et sa la lutte contre l’impunité, comme l’adoption de la Politique nationale des droits de l’homme en août dernier, dont l’élaboration a bénéficié des contributions de la société civile.  Sur le plan socioéconomique, elle a signalé la persistance de défis aggravés par une augmentation des besoins humanitaires, due à l’afflux de réfugiés en provenance du Tchad et du Soudan.  S’agissant de la mise en œuvre de l’accord de paix, elle a jugé essentiel d’accorder une attention renouvelée à un dialogue inclusif avec l’opposition politique et les groupes armés, dans le cadre du processus de paix.

Mesurant le travail accompli, la Représentante spéciale a indiqué qu’à travers ses composantes en uniforme et civile, la MINUSCA a exécuté le mandat avec rigueur, en mettant l’accent sur l’apport de solutions innovantes aux défis identifiés. Elle a néanmoins prévenu que les acquis restent très fragiles et appelé à une consolidation des efforts conjoints pour minimiser les risques réels de régression, particulièrement dans la perspective des échéances des élections municipales en 2024 et 2025 qui appelleront a un maillage encore plus étendu du plan conjoint des Forces de défense et de sécurité centrafricaines et de la MINUSCA pour la sécurisation des élections, jugeant vitale la présence de la Mission dans « ses capacités actuelles pleines et entières ».

M. NICOLAS DE RIVIÈRE (France) a dit reconnaître les avancées de ces derniers mois en République centrafricaine.  Il a ainsi cité l’engagement des autorités en faveur du processus de paix et les progrès réalisés dans la lutte contre les groupes armés et dans le processus de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR).  Il a encouragé les autorités à poursuivre leurs efforts en matière de lutte contre l’impunité et pour la justice transitionnelle, entre autres.  Il a tout de même aussi relevé que la situation demeure fragile dans le pays, avec des groupes armés qui continuent de menacer les populations civiles, les forces centrafricaines et la MINUSCA.  La France condamne fermement toutes les attaques de ces groupes et s’inquiète aussi de la menace croissante posée par les engins explosifs dans plusieurs régions, a-t-il dit.

Le délégué a aussi condamné les violations des droits de l’homme commises par les groupes armés et les membres de Wagner, au nombre desquelles des violences sexuelles liées au conflit, qui sont par ailleurs en augmentation.  Ces violations ne doivent pas rester impunies, a prévenu le représentant en encourageant les autorités centrafricaines à poursuivre les mesures prises dans ce domaine.  Il a aussi souligné le besoin de renforcer la réponse humanitaire alors que la situation continue de se détériorer dans les régions frontalières du fait de la crise au Soudan et de l’afflux de réfugiés.

Sur le plan politique, il a pris bonne note de la nouvelle date prévue pour les élections locales, le 24 octobre 2024.  Il a encouragé les autorités à garantir l’exercice des droits civils et politiques de tous les Centrafricains et à créer les conditions favorables à la tenue de ces élections.  Il a enfin indiqué que sa délégation proposera prochainement un renouvellement du mandat de la MINUSCA.  Un travail préparatoire a été effectué en concertation étroite avec les autorités centrafricaines, a-t-il assuré, ajoutant compter sur le soutien de l’ensemble des membres du Conseil.

Au nom des A3 (Gabon, Ghana et Mozambique), M. PEDRO COMISSÁRIO AFONSO (Mozambique) a salué la mobilisation du Gouvernement centrafricain pour organiser les premières élections locales depuis plus de 20 ans et a encouragé les partenaires internationaux à soutenir ces efforts.  Il a appelé tous les acteurs politiques, y compris l’opposition et la société civile, à s’engager de manière constructive dans le renforcement de la cohésion sociale, dans la tolérance et le dialogue avec toutes les composantes de la société centrafricaine, en particulier les femmes et les jeunes.  Il a salué les efforts du Président Faustin-Archange Touadéra pour renforcer la coopération sous-régionale et pour améliorer la sécurité aux frontières de la République centrafricaine.

En matière de sécurité, le groupe des A3 a fermement condamné la violence des groupes armés contre les civils, ainsi que leurs attaques répétées contre les acteurs humanitaires, la MINUSCA et les forces armées centrafricaines.  Ces questions de sécurité ont pris une dimension régionale avec la crise au Soudan, qui aggrave la volatilité de la situation sécuritaire en République centrafricaine, s’est inquiété le représentant, ajoutant que le déplacement de réfugiés soudanais s’accompagne malheureusement d’un flux d’armes légères, ce qui pose de graves risques pour la sécurité et la stabilité de tous les pays voisins.  En conséquence, il a plaidé pour la coordination d’une réponse sécuritaire au niveau régional, par l’organisation d’opérations militaires conjointes visant à neutraliser la capacité des groupes armés opérant dans les zones frontalières.

Relevant qu’il ne peut y avoir de paix sans justice, le groupe des A3 s’est dit encouragé par le soutien de la MINUSCA au renforcement des capacités du Ministère de la justice, des tribunaux et du système carcéral dans leur lutte contre l’impunité.  Il a salué l’adoption, en août 2023, d’une politique nationale des droits humains.  Face à la gravité de la situation humanitaire, le groupe des A3 a plaidé pour une réponse coordonnée et des fonds suffisants pour l’aide humanitaire dans tous les pays de la région touchés par la crise soudanaise.

M. ROBERT A. WOOD (États-Unis) a noté le rôle essentiel de stabilisation joué par la MINUSCA en République centrafricaine ainsi que les difficultés rencontrées sur le terrain et l’environnement difficile auquel était confrontée la Mission, comme l’a illustré l’accident de la route qui a coûté la vie à plusieurs soldats de maintien de la paix.  La Mission doit être correctement équipée, a-t-il déclaré, en applaudissant notamment la coopération accrue entre la MINUSCA et les forces armées centrafricaines.  La mobilité améliorée du personnel est un élément important pour permettre aux forces de sécurité de restaurer l’autorité de l’État de manière durable, a expliqué le délégué, tout comme l’atténuation de la menace des engins explosifs ou encore le renforcement des capacités nationales de la RCA.  Par ailleurs, il est plus que temps pour les Centrafricains de pouvoir choisir leurs élus locaux, a-t-il dit, soulignant l’importance des élections locales pour le processus de décentralisation dans le pays et appelant à une véritable inclusivité et à la participation des femmes et des jeunes.

Les solutions exclusivement militaires dans la lutte contre les groupes armés ne mettront pas fin à la violence, a poursuivi le délégué, en apportant son soutien à l’appel du Secrétaire général pour la reprise d’un dialogue entre les groupes d’opposition et groupes armés d’une part, et le Gouvernement d’autre part.  Mais tous les partenaires de la RCA ne s’investissent pas dans la recherche d’une paix pérenne, a-t-il regretté, pointant notamment la participation du groupe Wagner à des activités illégales d’extraction minière et des ressources de la RCA, qui ne contribuent pas au développement du pays.  Tous les acteurs de la RCA, y compris les groupes armés, doivent pouvoir participer au processus de paix et notamment être inclus dans les efforts de désarmement, démobilisation et réinsertion, a conclu le délégué en assurant que les États-Unis resteraient un partenaire pour le peuple centrafricain.

Mme VANESSA FRAZIER (Malte) a salué la reconnaissance par les autorités centrafricaines du statut de réfugié des Soudanais qui entrent dans le pays et leurs efforts pour protéger et aider les plus vulnérables.  Mais elle s’est inquiétée que le nombre de violations graves signalées à l’encontre d’enfants ait augmenté de 294%, constat lié au nombre élevé d’enfants « autodémobilisés » anciennement associés à des groupes armés. La déléguée a appelé toutes les parties à adopter et à exécuter rapidement des plans d’action pour faire cesser et prévenir de telles violations.  Tout en prenant note de la promulgation d’une nouvelle constitution et du climat politique tendu qui a marqué le processus référendaire, elle a encouragé le Gouvernement centrafricain à se recentrer sur le processus de paix.  À cette fin, il doit remédier aux griefs profonds de l’intérieur du pays, résultant notamment de l’exclusion politique et socioéconomique et de l’investissement limité de l’État dans les services essentiels et l’état de droit.  Malte salue les progrès réalisés pour surmonter les obstacles à la participation des femmes aux comités de paix et réconciliation locaux et à des élections inclusives.  Pour garantir une véritable application de l’Accord politique, a conclu la déléguée, un investissement substantiel dans le processus de désarmement, démobilisation et réintégration demeure une alternative crédible au conflit et à la violence.  Se servir d’intermédiaires ou du groupe Wagner ne servira pas cette cause, a-t-elle encore averti.

Mme ANNA M. EVSTIGNEEVA (Fédération de Russie) s’est félicitée de la bonne tenue du référendum constitutionnel en juillet dernier, estimant qu’il s’agit d’une étape importante dans le développement de la République centrafricaine et d’une preuve éloquente du soutien populaire à la voie choisie par les dirigeants de ce pays.  La situation sur le terrain continue de s’améliorer, s’est-elle réjouie en notant qu’avec le soutien de l’ONU et des partenaires bilatéraux, dont la Russie, les troupes gouvernementales contrôlent actuellement plus de 85% du territoire national, « un résultat significatif ».  Elle a toutefois souligné que les menaces à la sécurité n’ont pas été complètement éliminées, principalement aux zones frontalières avec les pays voisins. Et pour cette raison, elle a salué les efforts de coordination et l’interaction spécialisée avec les pays de la région.

Sur le plan politique, la représentante a salué l’engagement des dirigeants centrafricains à mettre en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation et la feuille de route de Luanda.  Ces accords constituent la base des efforts visant à assurer la stabilité et la sécurité en RCA, a-t-elle souligné, appelant à poursuivre l’assistance à la République centrafricaine dans les domaines humanitaires et de développement afin de ne pas remettre en cause les acquis de ces dernières années.  Pour autant, cette fourniture d’assistance ne doit pas être politisée, car elle aide en premier lieu la population civile encore plus touchée par l’instabilité au Soudan et au Tchad voisins.  Concluant, la représentante a jugé que les sanctions actuelles contre la République centrafricaine, malgré leur assouplissement, limitent la capacité de Bangui à rétablir l’ordre.  Elle a dit que la Fédération de Russie est déterminée à parvenir à leur abolition complète.  Elle continuera aussi d’apporter à la République centrafricaine tout le soutien nécessaire, tant en tant que membre permanent du Conseil de sécurité que sur une base bilatérale, a-t-elle promis.

M. JAMES KARIUKI (Royaume-Uni) a salué les progrès mis en avant dans le rapport du Secrétaire général, estimant qu’il est temps d’en tirer parti pour parvenir à la paix et la stabilité.  En premier lieu, les autorités centrafricaines doivent mettre fin d’urgence aux conflits avec leurs partenaires, s’assurer qu’ils respectent le droit international et faire cesser l’impunité pour les violations des droits humains qu’ils commettent.  Les violations systématiques des droits de l’homme commises par le groupe Wagner, et la diffusion de fausses informations et la désinformation, ne sont pas la solution aux multiples défis de la RCA et ne font qu’alimenter le discours des groupes armés, a lancé le représentant.

Deuxièmement, a-t-il continué, toutes les parties doivent s’engager à nouveau en faveur de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, afin de garantir une solution à long terme au conflit.  Le Royaume-Uni appelle le Gouvernement à redoubler d’efforts pour faciliter un dialogue inclusif et mettre en œuvre la feuille de route conjointe avec tous les acteurs politiques et les groupes armés.  « Le rôle de la MINUSCA, qui offre ses bons offices et soutient le processus de paix, reste indispensable. »  Troisièmement, a dit le représentant, la tenue d’élections locales reste importante pour étendre la gouvernance démocratique locale et réaliser la décentralisation nécessaire à l’instauration d’une paix durable.  En conclusion, le Royaume-Uni appelle à renouveler le mandat de la MINUSCA avec les dispositions nécessaires pour lui permettre d’améliorer son efficacité.

Mme ALBANA DAUTLLARI (Albanie) a souligné la complexité de la situation en RCA et appelé à réfléchir aux causes profondes de la crise, notamment les tensions communautaires, la concurrence pour les ressources naturelles ou la faiblesse de la gouvernance.  La solution politique passe par la décentralisation du processus de paix, et la reprise des préparatifs pour les élection locales de 2024 est cruciale à cet égard, a-t-elle souligné.  Elle a recommandé la mise en œuvre de mesures de confiance pour réparer les « fractures profondes » issues du référendum de juillet et le renforcement de la transparence du processus électoral et de la confiance dans celui-ci.  Rappelant les abus dont ont été victimes les civils, la déléguée s’est félicitée de l’amélioration de la coopération entre la MINUSCA et les autorités locales, notamment de l’application « sans entrave » de l’accord sur le statut des forces.  Notant les difficultés liées à la sécurité, la justice ou encore la fourniture de services de base à la population centrafricaine, la déléguée a souligné que le peuple de la RCA méritait des institutions qui garantissent le respect des droits de la personne et l’application de l’état de droit, afin de restaurer l’autorité de l’État dans tout le pays.  Elle a enfin mis en garde le Gouvernement de la RCA contre « les promesses rapides et trop faciles des mercenaires de Wagner », dont les activités ont abouti à des violations et des meurtres et à un climat d’impunité.

Mme MAHA YAQOOT JUMA YAQOOT HARQOOS (Émirats arabes unis) a mis l’accent sur la protection des civils qui doit rester au cœur de toutes les interventions en matière de sécurité.  Notant la poursuite des activités des groupes armées qui s’en prennent aux civils, en particulier dans les régions orientales du pays, la représentante a relevé que l’utilisation accrue d’engins explosifs et de munitions a continué de faire payer un lourd tribut aux communautés.  Entre 2021 et 2023, a-t-elle illustré, les cas de violences sexuelles liées aux conflits ont plus que doublé par rapport à la période précédente.  Le nombre de violations graves commises contre des enfants a presque triplé, a-t-elle ajouté, en recommandant d’adopter d’urgence une approche globale, autant pour prévenir une nouvelle escalade de la violence que pour s’attaquer aux causes profondes du conflit.  Reconnaissant le rôle indispensable de la MINUSCA, la représentante a appelé à la poursuite du dialogue, essentiel pour progresser vers la réconciliation au niveau local et le règlement pacifique des tensions intercommunautaires.  Dans ce contexte, elle a recommandé de porter une attention particulière à l’impact néfaste des discours de haine et de l’incitation à la violence, surtout dans la perspective de la tenue des élections en 2024.  Pointant la grave situation humanitaire en RCA, où plus de la moitié de la population a besoin d’une assistance alors que le pays est en butte à une crise du carburant et la hausse du prix des articles de base, elle a également prévenu qu’il y a environ un demi-million de déplacés internes, ainsi que des réfugiés de pays voisins.

Mme SHINO MITSUKO (Japon) a déclaré que la RCA se trouve à un tournant critique à la suite du référendum sur la nouvelle Constitution.  « Ramener le pays sur la voie d’une paix et d’un développement durables reste la plus haute priorité. »  À cette fin, elle a prôné la pleine mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation de 2019.  La promotion de la réintégration politique et socioéconomique, en particulier dans les zones locales, est la clef pour réduire toute récurrence de la violence armée et améliorer le sort des populations sur le terrain.  Appuyant un dialogue inclusif, la représentante s’est dite encouragée par les efforts continus du Gouvernement centrafricain, y compris pour engager les groupes armés dans le processus de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement.  Elle a aussi souligné le rôle de la coopération régionale pour une stabilité durable en RCA et dans les pays voisins.  Selon elle, l’état de droit, tant en RCA que dans les pays voisins, est une condition préalable pour surmonter les défis posés par la porosité des frontières.  À cet égard, elle a salué l’engagement étroit des autorités centrafricaines avec les autorités des pays voisins.  La déléguée a conclu que tout processus électoral doit être équitable, ouvert, inclusif et crédible, afin que les citoyens puissent exercer librement leurs droits politiques.

M. HERNÁN PÉREZ LOOSE (Équateur) a considéré que le contrôle du territoire est essentiel pour renforcer l’état de droit, les institutions et la sécurité.  Relevant que l’Accord politique pour la paix et la réconciliation enregistre des progrès lorsque les mécanismes créés à cette fin sont activés, le représentant a salué la mise en œuvre du mécanisme de suivi préfectoral.  D’autre part, prenant note de l’augmentation de la participation des femmes au processus de paix, il a encouragé les parties à poursuivre leurs efforts pour qu’elles soient encore plus nombreuses, de même que les jeunes.

S’agissant des élections municipales et régionales, M. Pérez Loose a mis l’accent sur la nécessaire mobilisation de fonds afin de respecter le calendrier, de même que la coordination entre le Gouvernement et la MINUSCA pour qu’elles se déroulent en toute sécurité.  À ce propos, il a dit condamner le recours de plus en plus fréquent à des explosifs qui mettent en danger non seulement les opérations de sécurité, mais également l’acheminement de l’aide humanitaire.  Préoccupé que 56% de la population ait besoin d’aide humanitaire, besoin accentué par la hausse du flux de réfugiés en provenance du Soudan et du Tchad, le représentant a rappelé que l’appui international ne doit pas baisser dans de telles circonstances.  Face aux violences mentionnées dans le rapport, il a également lancé un appel à la consolidation des politiques qui permettent d’éliminer le recrutement de mineurs et de lutter contre l’impunité.  Par ailleurs, il a souligné que la MINUSCA doit continuer à mettre en place les mesures nécessaires pour combattre et éliminer les fautes de conduite de son personnel, telles que les actes d’exploitation et d’abus sexuels.

M. ADRIAN DOMINIK HAURI (Suisse) a salué le mandat « pleinement pertinent » de la MINUSCA, la protection des civils, l’appui au processus de paix, la promotion des droits humains et le soutien à l’extension de l’autorité de l’État restant, selon lui, les priorités de la Mission.  Jugeant que l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA demeurait central pour consolider la paix, il a souligné que la décentralisation du processus de paix devait être accélérée.  Le déploiement d’autorités administratives et sécuritaires de l’État en dehors de Bangui va dans ce sens, a-t-il indiqué.  La situation sécuritaire et humanitaire reste fragile, a toutefois rappelé le délégué, notant les plus de 50 000 réfugiés et rapatriés arrivés du fait des violences au Soudan et au Tchad, ou encore les restes d’engins explosifs improvisés laissés par certains groupes armés et qui compromettent la sécurité des civils.  Il a appelé toutes les parties à autoriser et faciliter un accès humanitaire rapide et sans encombre aux civils.  Le délégué a en outre rappelé que le respect des droits humains et la lutte contre l’impunité étaient « incontournables » pour parvenir à une paix durable en saluant l’adoption récente de la Politique nationale des droits de l’homme par les autorités centrafricaines.  Il a aussi appelé à garantir l’espace civique et les droits civils et politiques des Centrafricains et à lutter contre les discours de haine.  Il s’est félicité des progrès réalisés en RCA dans la lutte contre l’impunité, tant dans le cadre de la justice ordinaire que par le travail de la Cour pénale spéciale, auprès de laquelle la Suisse va « continuer à détacher deux juges », a-t-il indiqué.

M. DAI BING (Chine) a relevé les progrès réalisés dans le cadre du processus de paix, notamment les réformes législatives et judiciaires, la stabilisation et le programme désarmement, démobilisation et réintégration, soulignant que sur 14 groupes armés, 9 ont déclaré leur démobilisation.  Afin de préserver ces acquis, la Chine a soutenu la coopération internationale et régionale, a assuré le délégué, et elle appuie les autorités nationales et la MINUSCA, tout en insistant pour que la communauté internationale veille au respect de la souveraineté de la RCA qui reste menacée par des groupes armés et des problèmes de sécurité.  Le délégué a appelé la MINUSCA à renforcer davantage la sécurité, sachant qu’en novembre prochain le Conseil de sécurité devra se prononcer sur la prorogation de son mandat.  « La RCA est à la croisée des chemins et à un moment de transition dans la consolidation de la paix », a-t-il constaté, jugeant impératif de surmonter les défis socioéconomiques, conformément aux recommandations du Secrétaire général. Enfin, la Chine, se félicitant que le Conseil ait modifié en juin dernier l’embargo sur les armes, conseille de réduire progressivement les sanctions en vue de leur levée complète.

M. SÉRGIO FRANÇA DANESE (Brésil) a jugé encourageants les efforts déployés par la RCA pour décentraliser le processus de paix, avec la mise en œuvre d’initiatives communautaires et locales.  Le succès des accords de paix dépend, entre autres facteurs, de la manière dont les personnes les plus touchées par les conflits participent à leur mise en œuvre, a-t-il dit, avant de saluer l’augmentation de la participation des femmes dans les comités locaux de paix et de réconciliation.  Le représentant s’est dit préoccupé par l’instabilité persistante dans certaines régions du pays et par le nombre d’incidents impliquant des munitions explosives, y compris des engins improvisés.  Il a salué le travail de la MINUSCA visant à atténuer cette menace, notamment par le biais de séances d’éducation et de renforcement des capacités.  Le représentant a aussi déploré l’augmentation du nombre de violations des droits humains, de violences sexuelles liées aux conflits et de violations commises contre des enfants.  Les auteurs de ces actes doivent être traduits en justice, a-t-il plaidé, s’alarmant aussi de la situation humanitaire, 56% de la population ayant besoin d’une assistance.  Il a enfin salué les initiatives telles que la réactivation du mécanisme de coordination du renseignement et du maintien de la paix de la MINUSCA.

Mme SYLVIE VALÉRIE BAIPO TEMON, Ministre des affaires étrangères, de la francophonie et des Centrafricains à l’étranger de la République centrafricaine, a fait savoir que la situation sécuritaire et politique s’est nettement améliorée dans son pays, même si des défis persistent, en particulier du fait de groupes armés qui restent nuisibles.  Pour bien comprendre la situation actuelle, a-t-elle souligné, il faut se rappeler que « la République centrafricaine revient de loin, de très loin », de « la crise meurtrière imposée par les terroristes de la Seleka en 2013 » à celle de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC).  « Mon pays est en train de renaître de ses cendres », s’est réjouie la Ministre, saluant les acquis du Président Touadéra et la coopération avec la MINUSCA, les organisations sous-régionales, les garants de l’Accord de paix et les partenaires bilatéraux.

« Les défis restent nombreux certes », a reconnu Mme Baipo Temon, tout en se félicitant des grands pas réalisés, « à la grande surprise de tous ». Elle a notamment cité au rang des acquis la restauration de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire.

Toutefois, a fait observer la Ministre, le Gouvernement centrafricain déplore le traitement unilatéral de la MINUSCA quant à la lecture et à la présentation de l’accord sur le statut des forces entre l’ONU et la République centrafricaine relatif au statut de la MINUSCA.  Notant que le contexte a nettement évolué, le Gouvernement demande une revue de cet accord via un comité de travail qu’il souhaite voir mis en place avant le vote de renouvellement du mandat de la Mission, a-t-elle indiqué.  « Il est impensable de poursuivre une opération durant 10 ans sans faire de points d’étapes », a argué la Ministre, ajoutant que « la reconnaissance unanime des progrès réalisés nous oblige à devoir ajuster le mandat de la MINUSCA à la réalité ».  Notamment pour répondre aux défis transfrontaliers accentués par le déficit en infrastructures dû à un sous-développement entretenu par le poids des accords signés en période de vulnérabilité des autorités de transition de l’époque.  De plus, a insisté la Ministre, les abus et violations de l’accord sur le statut des forces par la partie onusienne sont devenus intolérables, tout en constituant un gros manque à gagner et, partant, un handicap pour la dynamique en cours de stabilisation, de relèvement et de développement.

Concernant les violations des droits humains, Mme Baipo Temon s’est insurgée contre la publication d’articles qui relève de « techniques de manipulation de l’esprit de masse » et qui vise à réduire à néant les efforts accomplis par le Gouvernement, tels que la mise en place du comité stratégique sur les violences sexuelles liées au conflit.

La Ministre a exhorté le Conseil de sécurité à la cohérence concernant la résolution qui renouvelle pour un an l’embargo, évoquant « une incapacité ou une non-volonté à s’attaquer aux sources d’approvisionnement des armes par les criminels terroristes ». Elle a également appelé à ce que les prochaines élections locales ne servent pas de prétexte pour maintenir la République centrafricaine « dans une précarité voulue », mettant en avant l’invitation du Gouvernement à faire preuve de pragmatisme et à apprécier les éléments de manière plus qualitative que quantitative, « si et seulement si le but recherché est réellement d’aider la République centrafricaine et non la maintenir sous une crise infinie ».

M. MATEUS PEDRO LUEMBA (Angola) a noté l’évolution positive du paysage politique et sécuritaire en République centrafricaine et rappelé que l’Angola avait, dans le contexte de la « Feuille de route de Luanda », participé à la troisième réunion du comité stratégique sur le DDRR, la réforme du secteur de la sécurité et la réconciliation nationale.  Cela a permis de faire un état des lieux des engagements politiques, des progrès et des défis de la situation en République centrafricaine en matière de restauration de l’autorité de l’État, de dissolution des groupes armés, de DDRR, de réforme du secteur de la sécurité et de la sécurisation des frontières.  À ce titre, le représentant a insisté sur l’importance de maintenir un tel examen stratégique « sur une base trimestrielle », tant au niveau politique qu’au niveau technique.

Les efforts de la République centrafricaine en ce qui concerne la dissolution des groupes armés et les processus politiques pour rétablir l’autorité de l’État sur plus de 85% du territoire centrafricain doivent être salués, a-t-il déclaré, en se félicitant une nouvelle fois de la visibilité de plusieurs résultats positifs.  Il a conclu son intervention en félicitant les autorités de la RCA pour leur « appropriation nationale » des axes de la feuille de route de Luanda.

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