Libye : la société de sécurité américaine Amentum forme des milices pour les intégrer dans l’armée régulière

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Date de création: 18 mars 2024 15:42

(Agence Ecofin) – Des hommes politiques libyens estiment que l’activisme américain dans l’ouest de la Libye vise à contrer la présence russe dans l’est du pays, et à éloigner les milices du lieu de la décision politique avant l’installation d’un nouveau gouvernement d’union nationale. 

La société de sécurité américaine, Amentum, est en train de dispenser des formations militaires à des milices armées basées dans l’ouest de la Libye en vue de les intégrer dans l’armée régulière, a rapporté RFI, le dimanche 17 mars 2024, citant des hommes politiques libyens.

La présence de la société affiliée au département d’Etat américain en Libye reposerait sur un contrat conclu avec le gouvernement dirigé par Abdulhamid Dbeibah, a-t-on ajouté de même source.

Abdelhakim Bayou, candidat à la présidentielle qui devait se tenir en décembre 2021 avant d’être reportée sine die, estime que « l’activité américaine intense à Tripoli vise à contrer la présence russe auprès du camp de l’est libyen ».

Deux gouvernements se disputent le pouvoir depuis plusieurs années en Libye. Dirigé par Abdulhamid Dbeibah, le premier exécutif est installé à Tripoli (ouest) et reconnu par la communauté internationale. Le second, qui siège à Benghazi (est), est soutenu par le maréchal Khalifa Haftar qui contrôle de larges pans du territoire libyen grâce notamment au soutien de plusieurs puissances étrangères, dont la Russie.

Mohamed al-Mazoghi, un autre homme politique libyen, inscrit quant à lui, la présence de la société Amentum à Tripoli dans le cadre d’un « dispositif sécuritaire global qui vise à éloigner les milices du lieu de la décision politique avant l’installation d’un nouveau gouvernement d’union nationale ».

L’ambassade américaine a d’ailleurs reconnu tout récemment sur son compte X que ses diplomates et militaires s’emploient actuellement à l’unification des groupes armés à Tripoli.

Pour rappel, trois hauts dirigeants libyens avaient annoncé, il y a une semaine, qu’ils s’étaient mis d’accord sur la nécessité de former un nouveau gouvernement d’union nationale.

Le président du Conseil présidentiel, Mohammed el-Menfi, le président du Haut Conseil d’Etat, Mohammed Takala, et le président de la Chambre des représentants, Aguila Saleh, ont précisé, dans une déclaration commune, que les principales missions de ce gouvernement d’union seraient « d’encadrer le processus électoral, d’offrir les services nécessaires aux citoyens et d’unifier les positions souveraines ».   

Ecofin

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