LEVÉE ANNONCÉE DE SUBVENTIONS SUR LE CARBURANT AU NIGERIA :  Va-t-on vers des émeutes … du carburant ?  

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LEVÉE ANNONCÉE DE SUBVENTIONS SUR LE CARBURANT AU NIGERIA :  Va-t-on vers des émeutes … du carburant ?

 

Longues files d’attente devant les stations-services du Nigéria, ce mardi 30 mai 2023.  Un vent de panique consécutif à l’annonce, par le nouveau président élu, Bola Tinubu, de supprimer prochainement les subventions sur le carburant.  Pour une première décision émanant d’un président tout fraîchement investi, cela parait fort de café si ça ne confine pas à de la provocation dans ce pays le plus peuplé d’Afrique où près de la moitié de la population vit déjà dans l’extrême pauvreté.  Mais, à vrai dire, la décision du président ne devrait pas surprendre outre mesure, étant en parfait accord avec sa promesse de campagne. La majorité des Nigérians a porté son choix sur lui. A elle de l’assumer à présent ! Cela dit, on sait que ces subventions, longtemps financées par emprunt, arrivent à échéance fin juin. L’on ignore, en revanche, la date d’entrée en vigueur de la mesure de suppression de ces subventions qui pèsent lourdement sur les finances publiques nigérianes régulièrement à flux tendu.  Pour s’en faire une idée, le gouvernement nigérian a réuni, jusqu’à mi-2023, une enveloppe de 7,5 milliards de dollars. Toute chose qui fait dire au Grand argentier nigérian, Zainab Ahmed, que cette politique de subvention est devenue « insoutenable ». A priori critiquable et anti- sociale, la levée annoncée des subventions, ne devrait pourtant pas manquer d’atouts. Mieux, elle devrait servir une cause noble si l’on en croit l’ancien gouverneur de Lagos ; celle de réorienter les fonds alloués à la subvention, vers des investissements dans les secteurs vitaux de la santé, de l’éducation, de l’emploi, etc.

 

La vie risque d’être encore plus dure pour le consommateur nigérian

 

 Une vision qui réjouit du reste les institutions financières internationales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) qui auraient préconisé cette approche pour favoriser le développement du pays. Reste à savoir si tout cela suffira à rasséréner et à réconforter le Nigérian lambda qui craint déjà que l’application d’une telle mesure, ne se répercute, à moyen terme, sur le coût du carburant et n’impacte, par ricochet, d’autres secteurs de l’économie parmi lesquels celui, très sensible, des transports. C’est dire si la vie risque d’être encore plus dure pour le consommateur nigérian, si la décision venait à être appliquée. L’on comprend pourquoi les précédentes autorités s’étaient toujours gardées de franchir la ligne rouge, chaque fois qu’elles manifestaient des velléités de suppression de ces appuis budgétaires liés au carburant. En face, il y avait toujours une population déterminée à ne pas se laisser faire.  Mais pour combien de temps cela pouvait-il encore durer ? Maintenant que Bola Tinubu veut joindre l’acte à sa promesse de campagne, va-t-on vers des émeutes … du carburant ? On attend de voir.  En tout cas, une telle mesure pourrait faire moins de vagues si le successeur de Muhammadu Buhari venait à appliquer une totale transparence sur la manière dont les fonds réorientés seront gérés.   Cette exigence de transparence est d’autant plus nécessaire que ce pays, comme on le sait, est profondément gangrené par la corruption.  Un fléau qui n’est certainement pas étranger au grand paradoxe nigérian : premier pays producteur de pétrole en Afrique, ce géant d’Afrique n’arrive pas à subvenir à ses propres besoins énergétiques. Non seulement, il est obligé d’importer du pétrole de l’étranger, mais aussi, il est constamment soumis à des pénuries de carburant. Et cela n’honore pas son image.

 

Par CBS

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