Les raisons du redéploiement des faca en appui aux soldats onusiens

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Selon des informations dignes de foi en notre possession, les forces armées centrafricaines sont déjà rentrées en action contre les bandes armées et les seigneurs de guerre  qui écument l’arrière – pays, depuis 2013, suite au départ du sanguinaire Djotodia, du pouvoir en janvier 2014. Leur redéploiement serait rendu possible, au lendemain des derniers évènements de Paoua, de la visite – éclair du président Touadéra dans la localité allant à la rencontre de plus de 65.000 déplacés, et après  des fructueux échanges entre les députés de l’Ouham – Pendé et l’Imparfait – Désiré Onanga.

 En réalité, il n’en est absolument rien du tout. Cette décision d’implication des forces armées centrafricaines dans les missions de sécurisation du pays, en appui aux soldats onusiens, n’est que la réponse de la Minusca à une enquête diligentée par l’Ounu et dont les résultats ont révélé de grosses failles dans l’application ad litteram du mandat à lui conférée par le conseil de sécurité, relative à la protection des populations. C’est ainsi que, pour tenter de soigner son image ternie et de prendre des dispositions avant le rapatriement de certains contingents, prévu pour mars et avril 2018, elle a décidé d’associer dorénavant les faca à toutes ses opérations sur le terrain. Décryptage.

14 novembre 2017. « C’est un exercice plutôt rare auquel va être confrontée la Mission de l’ONU en Centrafrique. A la veille du renouvellement de son mandat et au lendemain d’une visite d’Antonio Guterres dans le pays, le département des opérations de maintien de la paix a décidé de nommer des enquêteurs indépendants pour étudier de possibles défaillances dans la réponse des casques bleus à une vague d’attaques contre des civils. La Minusca, comme d’autres missions de maintien de la paix onusienne, est régulièrement accusée de ne pas faire suffisamment pour protéger la population.

Une enquête spéciale indépendante, c’est une prérogative du secrétariat général de l’ONU et de son département des Opérations de maintien de la paix. L’objectif affiché, selon le communiqué de l’ONU, c’est d’évaluer la performance de la mission onusienne dans la protection des civils et de faire des recommandations pour « combler les lacunes le cas échéant ». Le tout dans cette perspective de renouvellement du mandat de la Minusca.

Le Conseil de sécurité devrait, cette semaine, décider ou non de modifier ce mandat et surtout d’augmenter de 900 casques bleus les effectifs de la Mission. Les Etats-Unis, plutôt enclins à limiter leur contribution, se sont dits prêts à accepter cet appui supplémentaire, mais à condition que cela ait un réel impact sur le terrain. D’où sans doute cette très courte mission d’enquête qui devrait durer jusqu’au 28 novembre et faire l’objet d’un rapport public.

Les enquêteurs, dont le Béninois Fernand Marcel Amoussou, général béninois à la retraite qui avait dirigé la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, devront se pencher sur toutes les attaques de groupes armés contre les civils qui sont intervenus près de bases onusiennes entre le 1er mai et le 31 août 2017. Des incidents à répétition qui sont surtout intervenus dans les préfectures de la haute et basse Kotto, Mbomou et Haut-Mbomou, selon ce communiqué » RFI.

25 janvier 2018. « Une enquête interne de l’ONU réalisée fin 2017 recommande un changement de stratégie de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) pour une meilleure protection des civils, selon un communiqué sur les conclusions de l’enquête reçu vendredi par l’AFP. « La Minusca devrait revoir sa stratégie de protection des civils pour s’assurer que sa réponse opérationnelle soit mieux adaptée », explique le communiqué sur l’enquête indépendante, diligentée par le Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU. La Minusca, déployée en 2014 et qui n’a su endiguer un nouveau cycle de violences depuis fin 2016, est souvent prise à parti en Centrafrique.

Cette enquête a été demandée par Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint pour les opérations de paix des Nations unies, après les violences meurtrières survenues dans le sud-est de la Centrafrique entre mai et août 2017, selon le communiqué final. En mai, la ville de Bangassou avait été attaquée par des milices anti-balaka (prétendant défendre les chrétiens contre d’autres groupes armés à dominante musulmane), et en août, Gambo, à une centaine de km de Bangassou, avait été prise pour cible.Ces attaques avaient fait des dizaines de morts civils, malgré une présence proche des Casques bleus de la Minusca.

« Un certain nombre de carences ont été identifiées quant à l’entrainement des troupes et policiers de pays contributeurs et leur compréhension de la protection des civils », dit le texte, qui appelle à une révision des entrainements des troupes afin d’ »assurer une bonne compréhension des exigences de la protection des civils ».

« Aucune preuve n’a pu être trouvée » d’une possible partialité de certains contingents onusiens déployés dans le sud-est, souligne le communiqué. Certains contingents -le Maroc en tête- sont accusés par leurs détracteurs de connivence et de parti pris dans le conflit.

Le mandat de la mission a été renouvelé en décembre, avec l’assurance de l’arrivée de 900 troupes supplémentaires sur un total aujourd’hui de 10.000 militaires déployés.

Le renouvellement de son mandat vise à rendre les Casques bleus plus souples et mobiles pour contrer les menaces et les atteintes à la paix, selon les termes de la résolution.

La Centrafrique est embourbée dans un conflit depuis 2013.Des groupes armés s’affrontent sur une large partie du territoire pour le contrôle des ressources dans ce pays de 4,5 millions d’habitants, l’un des plus pauvres au monde  ». AFP.

Bangui, le 26 janvier 2018 – «  L’opération militaire lancée le 12 janvier 2018 par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) dans la zone de Paoua, préfecture de l’Ouham-Pendé (nord-ouest de la République Centrafricaine) se poursuit sur le terrain. L’intervention des casques bleus de la MINUSCA a déjà permis un retour au calme dans plusieurs localités, après les violences causées par les groupes Révolution et Justice (RJ), d’Armel Sayo, et le Mouvement National de Libération de Centrafrique (MNLC), de Mahamat Bahar. 

La MINUSCA se félicite de l’engagement du Gouvernement suite à la visite du Président de la République et de la décision de l’engagement conjoint de la Force de la MINUSCA et d’une unité des FACA, qui pourront ainsi contribuer à l’effort de stabilisation dans la région. La MINUSCA se félicite également de l’engagement des parlementaires de la préfecture et les encourage à continuer à sensibiliser les communautés sur la nécessité d’éviter  toute manipulation et se garder de  faire justice soi-même, en attisant les tensions intercommunautaires et le ciblage des minorités. 

Les équipes de la MINUSCA sont à pied d’œuvre avec les services compétents centrafricains pour établir les faits et identifier les instigateurs des actes de violence afin qu’ils puissent répondre de leurs actes devant les juridictions nationales. 

Les violences dans la région, déclenchées à la fin du mois de décembre dernier, ont provoqué le déplacement de 65.000 personnes. La MINUSCA se félicite de l’action humanitaire en cours afin de venir en aide aux populations affectées ». Minusca.

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La rédaction

 

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