Les Incorrigibles !

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Comment se taire sur la fâcheuse tendance des politiciens à répéter inlassablement les mêmes réflexes ? L’argent soulève la polémique et une fois encore, va nous détourner de l’essentiel avec des profiteurs qui cherchent à se sucrer

Dans les situations de guerre, il convient, dit-on, d’éviter toute polémique qui pourrait briser le consensus. Certains y voient une manière de remuer le couteau dans la plaie ; d’autres, une tentative de jouer les pyromanes en jetant de l’huile sur le feu pour raviver l’incendie. La citoyenneté, entendue comme une solidarité effective d’existence, interdirait une telle posture qui pourrait mener, plus qu’à la désertion citoyenne à une diversion politique ou une division des troupes, énergies vives et vitales de la nation appelées à se serrer les coudes pour résister à la tyrannie virale.

Mais comment se taire sur l’incorrigible et fâcheuse tendance des politiciens à répéter inlassablement les mêmes réflexes habituels ? Comment arriver à se confiner dans une telle posture de refoulement du consensus quand l’infructueuse tentative de confinement du naturel revient au galop avec son lot de scandales qui nous détournent de l’essentiel ?

L’incapacité de ces incorrigibles politiciens à se remettre en question montre à quel point il y a des polémiques utiles. Des polémiques qui ne sont pas forcément des discussions dénuées de tout intérêt, mais des interpellations pour traquer l’ennemi de l’intérieur qui cherche à se substituer à l’ennemi de l’extérieur pour mieux subtiliser l’effort de guerre. Pire que le virus, il y a le vaurien…….., rien ne semble pouvoir confiner l’incorrigible à bien se tenir ; à rester dans les rangs de la rigueur, de la transparence et de l’efficacité dans la gestion. L’argent soulève la polémique et une fois encore, va nous détourner de l’essentiel avec des profiteurs qui vont chercher à se sucrer sur le virus. L’argent est en train de devenir le nerf de la guerre. Le virus rend service à l’affairiste.

Les risques des soulèvements sont réels et il est de notre devoir d’alerter. Car, pire que le virus, un déferlement social des populations fatiguées d’être fatiguées par le confinement et l’insatisfaction des besoins vitaux, conduirait fatalement à une situation dont on ne peut que craindre l’issue. Les populations, dans leur écrasante majorité, pourraient rejeter la responsabilité de la situation de faillite économique, politique et sociale sur l’incapacité des gouvernants qui ont fait, fort de leur légitimité électorale, des choix de politiques publiques qui n’étaient ni nécessaires ni pertinentes. Elles pourraient aller plus loin en s’en prenant à tout signe extérieur de richesse, à toute symbolique du pouvoir et de l’avoir pour survivre en ces temps de guerre. Les pouvoirs publics devraient commencer à envisager le pire qui, s’il n’arrivait pas, aurait le mérite d’avoir un effet dissuasif sur les mauvais comportements. Tout amateurisme, toute improvisation, toute arrogance, toute légèreté, toute politisation négative face à ce virus, en plus de la vulnérabilité sanitaire, risque de mener à une vulnérabilité sociétale exposant la société à de terribles périls. Que Dieu nous en préserve !

Si le virus persistait au point de nous contraindre à un confinement total appelé à durer, il faudrait craindre les conséquences politiques qui en dérouleraient fatalement. Mieux vaut prévenir que guérir. Car, dans ce contexte rien n’est plus dangereux et suicidaire pour les gouvernants d’avoir des certitudes sur quoi demain sera fait ou défait.

Après avoir compté sur les réflexes citoyens habituels pour s’assurer la conservation du pouvoir, la classe politique devra se rendre compte qu’il faudra compter dans les mois et années à venir sur des comportements citoyens inhabituels. Il faudra s’attendre à une prolifération des attaques contre les autorités de la République. Pour celles-ci, l’enjeu n’est pas de tout savoir ou tout avoir, mais de bien comprendre ce que nous sommes en train de vivre aussi étrange soit-il. Comprendre. Prévoir. Rectifier. Corriger. Se corriger.

C’est pour éviter cet élan vers le pire que certaines voix se lèvent, sortent du silence et de l’indifférence pour vous demander de revoir votre copie et espérant que vous cesserez d’être incorrigibles pour une fois. N’oubliez pas qu’on peut être certes corruptibles, nuisibles et incorrigibles mais pas invincibles.

PAR IBRAHIMA SILLA

Source : seneplus.com

Lu Pour Vous

La rédaction

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