M. le premier ministre Ngrébada, que se passe – t – il exactement à Bambari et Obo ?

0
240

Alors que le premier ministre centrafricain Firmin Ngrébada, à la tribune de l’assemblée nationale, le mercredi 13 novembre 2019, en réponse aux questions orales des députés, lors de la séance hebdomadaire d’interpellation du gouvernement, avait donné l’air trop rassurant et avait martelé sur un ton plus qu’autoritaire que des dispositions  hautement secrètes et militaires ont d’ores et déjà été prises, en vue du retour de la sécurité dans la ville de Bambari, à quelques jours de la tenue de la Journée Mondiale d’Alimentation et de la Femme Rurale, prévue le 18 novembre prochain, d’une part, et également dans le Haut – Mboumou où sévit son ministre – conseiller en charge de la sécurité de la région du Centre – est,  le mercenaire nigérien Ali Darass, d’autre part,  les nouvelles qui nous sont parvenues des minutes plus tard, sont malheureusement, quant à  elles, plus qu’alarmantes.

A en croire, ont souligné nos sources, comme dans ses habitudes, cet inspecteur de travail et des lois sociales qui avait usé des pouvoirs plénipotentiaires à lui donnés par le président Touadéra pour nouer des relations de partenariat et de solides affaires juteuses sur le dos de la République et du peuple centrafricain, dans le cadre des négociations ayant précédé la signature de l’Accord de Paix de Khartoum, avec les groupes armés et les seigneurs de guerre dont les plus en vue ne sont ni plus ni moins que  des mercenaires étrangers, déterminés à jamais à occuper nos terres arables, nourricières et riches, quitte à marcher sur des cadavres puants des centrafricains, et à faire mains basses sur nos zones minières pour en tirer profits, s’est tout simplement joué de nos députés en leur racontant des bobards.

En effet, au moment où nous mettons sous presse et au jour d’aujourd’hui, ni à Bambari, chef – lieu de la préfecture de la Ouaka, ni à Bambouti, l’une des sous – préfectures du Haut – Mboumou, son partenaire Ali Darass, comme lui – même l’a reconnu dans une interview accordée à RFI, n’est prêt à être disposé à  bien vouloir se soumettre à ses injonctions, en dépit des menaces verbales et de l’ultimatum lancé par la Minusca à son endroit, il y a plusieurs jours déjà.

Mieux, dans le « Pays Zandé » dont les populations vivent depuis lors un véritable martyre sur leur propre terre dont le niveau d’extrême gravité dépasse en atrocités, en humiliations, en malheurs, en pleurs, en deuils et en inhumanités les plus abjectes, tous les pires crimes commis dans cette partie de l’Oubangui – Chari par la colonisation et ses administrateurs,  l’homme continue allégrement  la mise en œuvre de sa politique de conquête de tout l’Est. C’est ainsi qu’après avoir mis en coupes réglées la sous – préfecture de Bambouti, vidée de tous ses habitants, et y nommé un préfet et un sous – préfet, après avoir fait assiéger Zémio et Mboki, Ali Darass veut rentrer en grand conquérant dans la ville d’Obo, dans les tout prochains jours. A cet effet, suite à de très violents accrochages, il y a deux jours, avec les Faca en nombre très minoritaire, qui y sont basées depuis le départ des forces spéciales américaines, il a opté pour la méthode d’encerclement et d’étouffement avant l’assaut final qui ne saurait tarder.

A Bambari, c’est cette même approche qui est mise en exécution et qui avait déjà été signalée et dénoncée illo tempore par des éléments des Anti – Balaka et des sources indépendantes crédibles, bien avant la tenue de la JMA à la date initialement retenue par le gouvernement mais « fort curieusement reportée pour des raisons de calendrier trop chargé du mathématicien de Boy – Rabé ». Tout naturellement, le but visé en l’espèce consiste, en voulant coûte que coûte empêcher l’organisation de ces festivités, non seulement à lancer un message à l’endroit du gouvernement, comme quoi, la ville de Bambari n’est pas non seulement une « ville sans armes et fait partie de ce qui reste encore du territoire national » dont la superficie s’est dangereusement rétrécie au profit des groupes armés, au lendemain de la cérémonie du 30 mars 2019, mais surtout elle passe, selon l’une des clauses de leur contrat, pour la capitale de la « Darass Land », et ce, conformément aux termes de l’Accord de Paix de Khartoum.

Pour ce faire, le ministre – conseiller du premier ministre Ngrébada, en fin stratège et futé businessman, a déjà fait positionner des éléments de l’UPC, lourdement armés dans les villages et les communes attenants à la ville, sans compter ceux qui s’y sont déjà installés, « intra muros », en attendant que l’ordre ne leur fût donné afin de passer à l’assaut, le moment venu, et ne cesse depuis lors de faire monter les folles enchères pour presser Touadéra et les siens à lui donner une part de ce qu’ils prennent tous les jours au peuple centrafricain, en contrepartie de son autorisation.

Combien lui ont – ils déjà fait parvenir dans des sacs en banco par des membres du gouvernement et d’autres intermédiaires sans visage, et extraits directement de la caisse du trésor public ? 150 millions de Fcfa ? 50 millions de Fcfa ? Ou plus, en sus de l’enveloppe d’un montant de plus de 500 millions de Fcfa destinée à la préparation de cette fête et des dépenses liées aux frais de missions, de carburants et de commodité, à un moment où cet argent aurait pu servir à venir en aide aux sinistrés des inondations, livrés à eux – mêmes tant à Bangui que dans certaines parties de la République ? Personne ne le saura. Dans tous les cas, qu’ils mettent la main à la poche afin de monnayer la tenue de cette JMA ou qu’ils refusent de satisfaire à cette condition, Ali Darass, lui en tant que mercenaire, ne reculera pas et mettra ses menaces à exécution.

Il continuera d’humilier la République, de pisser et de déféquer sur le peuple centrafricain, jusqu’à ce que le mathématicien de Boy – Rabé et  président de la République du Centre de Nulle Part et des Groupes Armés puisse se réveiller enfin  de sa longue de sommeil, se rendre à l’évidence et tenter de chercher à comprendre le sens de la célèbre locution latine de l’auteur romain Végèce : « Si vis pacem para bellum » ou « Igitur qui desiderat pacem, praeparet bellum »; ce qui signifie en français « celui qui veut ou désire la paix, prépare la guerre ». En d’autres termes :  » Ainsi, celui qui désire la paix devrait préparer la guerre. Celui qui désire la victoire devrait entraîner soigneusement ses soldats. Celui qui désire des résultats favorables devrait combattre en se fiant à ses habiletés et non à la chance. » , selon Végèce, Epitoma Rei Militaris.

Jean – Paul Naïba

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here