Le ministre Dondra accusé de pratiques de siphonnages des crédits de l’Etat

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Le ministre des finances et du budget Henri Marie Dondra est accusé de pratiques honteuses et irrégulières de siphonnages des crédits ouverts chaque année dans la loi de finances, et ce, depuis sa nomination en avril 2016 à ce jour, ont rapporté à notre rédaction des sources proches des partis politiques siégeant à l’assemblée nationale et de la commission finances. C’est lors des différents travaux en commissions, dans le cadre d’examen du projet de la loi de finances 2020, rythmés par des auditions des représentants des divers départements ministériels, des institutions républicaines, des entités périphériques, des sociétés d’état et autres offices publics ou agences nationales que ces phénomènes ont été constatés.

En effet, pour des raisons d’indisponibilité en temps réel des plans de passation des marchés publics, dues à l’incompétence notoire du directeur général des marchés, le « taxateur d’impôts » Alain Modeste Konzi, d’une part et à la non – maîtrise de la technicité par les administrateurs et les gestionnaires des crédits, d’autre part, il est  courant qu’en fin d’exercice budgétaire une part non négligeable des crédits ouverts tant pour leurs dépenses de fonctionnement que la réalisation des actions liées à leurs projets ne soient pas engagés, liquidés et ordonnancés. Par conséquent, ces crédits en langage budgétaire sont considérés comme « tombés dans la masse », et de ce fait, ne peuvent qu’impacter négativement leur niveau de consommation et poser l’éternelle problématique de leur capacité limitée d’absorption.

Mais, au lieu de chercher à remédier, par l’élaboration et la mise en place des mécanismes techniques, matériels et humains, à  cette situation de nature à lier l’allocation de ces crédits à une meilleure stratégie de leur consommation pour une réalisation efficace et efficiente des prestations sociales et manifestement d’intérêts publics pour lesquelles ils ont été créés et ouverts, le « filou » de Dondra, comme l’appellent ironiquement certains élus de la nation, du fait de ses trop particuliers talents de séducteur et de maquilleur d’intérêts cupides sous des dehors d’exécutions de dépenses somptuaires nobles, a préféré tout bonnement user du recours systématiques des transferts de crédits pour les réorienter ailleurs, et ce, sans l’avis préalable de leurs ordonnateurs, administrateurs et gestionnaires.

Pour ce faire, il suffit que l’ancien directeur général du Fagace fasse soumettre à la très haute attention du président de la République  un projet de décret de transferts de crédits et obtienne son auguste signature. Et le tour est ainsi joué. Par ce mécanisme de dépossession des structures bénéficiaires de ces crédits qui constituent « leur propriété exclusive » et dont l’allocation et la destination sont formellement bien définies et consacrées par la loi, ceux – ci sont ainsi détournés de leurs objectifs, à travers la production et le maniement d’un acte règlementaire qui est dans ce cas précis le décret.

Ainsi récupérés, au grand dam des responsables des ministères et autres institutions propriétaires ou concernés, ces crédits sont réorientés pour alimenter  certaines lignes de crédits déficitaires et servir à des engagements des dépenses à caractère hautement politique, à savoir les fonds spéciaux, les actions gouvernementales et autres. Du vrai siphonnage, donc ! Du coup, les élus de la nation ont découvert le pot aux roses et  disposent dorénavant  en leur possession des informations selon lesquelles les montants des crédits des dépenses initialement arrêtés, par exemple au titre de l’exercice en cours à 4 milliards de Fcfa, et contenus dans la loi de finances, avoisineraient en réalité la somme de 10 milliards de Fcfa.

A cet exemple patent qui a convaincu les bailleurs de fonds de l’impérieuse nécessité de lui coller dans les prochains mois des coopérants techniques, s’ajoute le cas d’un fournisseur de l’Etat dont l’entreprise a été adjudicataire du marché de livraison de manuels didactiques pour le compte du ministère de l’enseignement supérieur dont le montant s’élève à 60 millions de Fcfa, au titre de l’exercice 2018 ou de celui en cours, qui a eu la grande surprise de sa vie de s’entendre dire, au niveau de la direction du budget et celle du contrôle financier, que les crédits y relatifs n’existent plus ou ont été transférés ailleurs, sans que les responsables du ministère concerné n’aient été informés et sans que leur avis n’ait été préalablement requis.

C’est donc par ces opaques et illégales transactions budgétaires, comptables et financières qu’il ravitaille le chef de l’Etat régulièrement et hebdomadairement en billets de banque contenus dans des sacs en banco, alimente en cash les comptes du MCU, et  finance les manœuvres politico – politiciennes pour déstabiliser les leaders de certains partis politiques, en achetant la conscience de leurs députés, en soutenant les milices privées du régime de Bangui et en tenant des meetings et des rencontres par – ci et par – là.

Fort naturellement, comme il y a toujours eu 99 jours pour le voleur et seulement un pour le propriétaire, ces pratiques d’extractions frauduleuses de fonds publics qui constituent ni plus ni moins des actes consommés de détournements et de malversations financières éhontées, sont au jour d’aujourd’hui connues par les représentants nationaux. Plus déterminés que jamais,  ceux – ci veulent  lui demander des comptes et en découdre cette fois – ci avec lui. Des pratiques constatées et dénoncées à l’époque par le président Méckassoua et pour lesquelles l’homme du Fagace avait déjà été interpellé. Des pratiques de siphonnages de crédits dont l’assemblée nationale est actuellement victime dans l’affaire de paiements des arriérés de salaires dus aux anciens conseillers nationaux et celle de non – virement à la CBCA, sur le budget 2018, des frais de restitution des députés, en règlement des factures des véhicules 4×4 dont ils ont été bénéficiaires.

Affaire à suivre…. !

Jean – Paul Naïba

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