Le discours de la candidature de Mme Cathérine Samba – Panza à la présidentielle

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ALLOCUTION DE MADAME CATHERINE SAMBA-PANZA

A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE PRESENTATION OFFICIELLE DE SA CANDIDATURE A L’ELECTION PRESIDENTIELLE DE DECEMBRE 2020 

Centrafricaines, Centrafricains,

Mes chers Compatriotes,

Le 13 août dernier notre pays a célébré l’anniversaire de son accession à l’Indépendance. Même à rebours, je saisis cette opportunité pour rendre un hommage à celles et ceux qui ont œuvré au péril de leurs vies afin de nous offrir cette Liberté chère au Père de l’indépendance, j’ai nommé Barthélemy Boganda et ses compagnons de lutte.

Nous célébrons les 60 ans de notre accession à l’Indépendance en même temps que nous affrontons une période difficile pendant laquelle nous devrons nous protéger les uns les autres contre le Covid-19, redoutable fléau pour la santé publique. Je présente mes sincères condoléances à celles et ceux qui ont perdu des êtres chers et je vous exhorte tous à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité prescrites par les Autorités sanitaires.

Cette année 2020 est une année de grands défis : défi pour la protection de nos vies et celles de nos proches et défi électoral dans lequel vous fondez légitimement l’espoir d’une consolidation de l’ancrage de notre pays à la démocratie. La pandémie du covid19 a été le révélateur d’une part, de nos propres faiblesses et de nos propres insuffisances, et d’autre part, des limites du modèle de développement économique qui a prévalu jusqu’à ce jour. Elle doit nous inciter à présent, à promouvoir un nouveau modèle économique et social.

En 2014, pendant que j’essayais d’apporter ma modeste contribution à l’amélioration de la situation de la Mairie de Bangui et sous la pression des événements militaro-politiques de décembre 2013 et janvier 2014, des Centrafricaines de tous les horizons avaient suscité ma candidature pour la magistrature suprême de l’Etat. Devant les difficultés de tenir l’agenda de la transition en 2015, beaucoup m’avaient prêté l’intention de louvoyer pour m’éterniser au pouvoir.

J’ai administré la preuve que je n’étais pas atteinte par le virus du pouvoir en tenant l’engagement constitutionnel de ne pas me présenter à l’élection présidentielle,en dépit de nombreuses pressions, et de me retirer après la passation de pouvoir au nouveau Président qui a prêté serment le 30 mars 2016. Pour donner au Président élu toute la chance de réussir son mandat, mon équipe et moi n’avons rien fait qui puisse être interprété comme une entrave ou une gêne à l’exercice de son pouvoir. Je me suis donc personnellement confinée dans ce que j’aime appeler « les activités saines ».

En effet, depuis la fin de la Transition, je poursuis mes engagements politiques auprès de l’Union Africaine, des Nations Unies et au travers de nombreux réseaux internationaux, en m’investissant dans la diplomatie préventive par la promotion des processus de Paix, la prévention et la médiation des conflits ainsi que dans l’implication des femmes dans la gouvernance politique.

Cependant, face à la crise socio-politique accrue et à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire de notre pays, de nombreux appels émanant de tous les milieux, et provenant de toutes les sensibilités me demandent avec insistance de solliciter le suffrage de mes compatriotes. Comme en 2014, je suis interpellée par les jeunes et les femmes soucieux de leurs conditions de vie, de leur propre avenir et du futur de leurs progénitures.

Le scrutin de décembre 2020coïncidepour la Centrafrique avec 60 ans d’indépendance parsemés d’errances politiques.

La Centrafrique n’a pas besoin de projet messianique ni d’homme providentiel. Mais, après les années de chaos et de dilapidation des acquis de la transition, le temps est venu de tracer un chemin d’avenir pour transformer la Centrafrique par le rassemblement de toutes les forces vives de la Nation dans une large Coalition pour le Changement et pour en finir avec l’abaissement continu de notre pays.

Nous assistons depuis bientôt cinq (5) ans à une incapacité à libérer les terres de nos ancêtres, devenues le terrain de jeu et le fonds de commerce des rébellions armées. Cette situation mine la paix dans notre pays et n’offre aucun avenir à nos enfants.

  • Nous ne voulons plus d’une Centrafrique où notre peuple subit une crise chronique de l’eau, de l’électricité en pleine capitale, et ou les citoyens dans l’arrière-pays sont exposés à toutes sortes de risques dus à la frénésie d’intérêts étrangers à délester la RCA de ses ressources minières,
  • Nous ne voulons plus d’une Centrafrique où la corruption gangrènent nos institutions,
  • Nous ne voulons plus d’un pays où le peule continue à payer le prix du sang ;

La population centrafricaine est abandonnée à son triste sort. L’Etat ne la protège plus. L’Etat ne la rassure plus.

Je perçois une fois encore, des divisions profondes, de nombreuses querelles intestines entre les acteurs politiques, des esprits intolérants, tout ceci dans une absence totale de vision politique partagée.

Devant une telle situation, ouvrir une autre voie pour la gouvernance politique de notre pays devient une exigence citoyenne. Une gouvernance participative mettant la population au centre des préoccupations et des actions publiques de développement.

Ensemble, nous avons le devoir de bâtir une nouvelle République. Une République qui protège et qui rassure, fondée sur une gouvernance vertueuse ; une gouvernance de proximité pour mieux comprendre les aspirations profondes de nos populations afin d’apporter des solutions appropriées.

Centrafricaines, centrafricains,

 Mes chers compatriotes,

J’ai écouté depuis des mois vos interpellations. Comme en 2014, je suis interpellée dans ma conscience de Centrafricaine, dans ma conscience de Femme Leader, dans ma conscience de Mère. Sourde et réticente à vos appels au départ, je ne puis demeurée plus longtemps insensible et indifférente aux appels du « pays profond » qui me parviennent depuis plus de deux ans. Je les ai encore entendus résonner ce matin de vive voix en ce lieu.

Fort de ces appels, je me suis résolue à répondre favorablement au DEVOIR CITOYEN qui prime en tout et devant lequel, je n’ai plus le droit, je n’ai pas le droit de me soustraire en tant que Centrafricaine imbue des valeurs fondamentales de notre société.

Aussi, tout en remerciant chaleureusement tous ceux qui, de partout, m’ont rappelé à ce devoir, je déclare solennellement ce jour vendredi 28 août, ma candidature à l’élection présidentielle de décembre 2020 dont le premier tour aura lieu le 27 décembre 2020.

Notre pays, la Centrafrique, est une terre d’abondance, bénie des Dieux.

  • Nous avons des terres fertiles, je veillerai à leur valorisation de seconde génération par l’introduction de la mécanisation ;
  • Notre situation d’enclavement doit à présent être considérée comme une opportunité en faisant de notre pays une plateforme : nous allons construire des routes pour garantir une meilleure connectivité et le désenclavement des différentes préfectures ;
  • Nous devons optimiser la production de l’énergie pour l’exploitation optimale du potentiel hydroélectrique que possède le pays ;
  • Il nous faut booster le numérique pour créer des services à valeur ajoutée y compris dans le rural avec l’introduction de la fibre optique et favoriser la connexion du pays avec l’extérieur;
  • Nous devons créer des milliers d’emplois pour les centrafricains en particulier pour les jeunes et les femmes ;
  • La diaspora sera notre 8ème région de par sa contribution attendue au transfert de compétences et des ressources financières.

Par-dessus tout, nous devons renégocier en toute transparence, et dans un esprit gagnant-gagnant à votre profit, et à votre bénéfice, les conditions d’exploitation des richesses de notre sol et de notre sous-sol.

Si J’accepte en toute humilité de me mettre encore au service de mon pays, c’est par ce que je veux à nouveau le regarder et lui parler au fonds des yeux.

Il est apparu clairement à tous les observateurs sérieux que la fameuse « politique de ruptures » promise en 2016, n’a été qu’une vaste mystification.

Or, une voie a été tracée par les consultations populaires à la base, le Forum National de Bangui et le pacte républicain pour la réconciliation, la paix et la reconstruction nationale. Elle n’a pas été suivie.

Désormais, elle sera la ligne directrice de mon action politique à votre service pour les années à venir,au regard de l’aggravation de la pauvreté dans notre pays. Cette ligne directrice s’articulera autour d’une gouvernance participative mettant le citoyen centrafricainau centre de mon action et résumée dans la signature : « GOUVERNER AUTREMENT ».

  • Gouverner Autrement,pour garantir notre sécurité et notre souveraineté alimentaire,
  • Gouverner Autrement,pour construire des logements décents,
  • Gouverner Autrement,pour des soins de santé de qualité,
  • Gouverner Autrement,pour un système éducatif performant,
  • Gouverner Autrement,pour promouvoir des emplois pour tous les centrafricains en particulier les jeunes,
  • Gouverner Autrement,pour la protection des femmes et leur insertion sociale,
  • Gouverner Autrement,pour resituer notre Dignité et notre fierté d’être centrafricain,
  • Gouverner Autrement,pour qu’enfin les familles centrafricaines s’assemblent et se rassemblent.
  • Bref,
  • Gouverner Autrement,pour construire une société de prospérité partagée, dans la paix et la cohésion nationale. A cet égard, il est temps de nous engager véritablement sur le chemin de la réconciliation nationale, de promouvoir la coexistence pacifique entre nos diverses communautés, d’encourager le retour des populations déplacées ou réfugiées. Il nous parait essentiel de soutenir le dialogue interreligieux, de nous fédérer autour des valeurs de fraternité, de tolérance et de vivre-ensemble.

C’est autour de cette vision et de ses exigences que je vais mobiliser toutes les compétences de notre pays sans exclusive et travailler sans relâche à leur réalisation.  Le souci du peuple, vos soucis seront le cœur de ma gouvernance. Je serais une présidente fidèle à ses engagements et ses promesses républicaines. J’en fait le serment devant vous. (J’en prends l’engagement fermement devant vous)

Pour avoir dirigé ce pays dans des conditions particulièrement difficiles et au regard desexpériences passées en matière de gouvernance politique, je suis en mesure de dire que le problème de fond de la RCA, c’est l’EXCLUSION et sa solution, c’est l’INCLUSION, pertinemment prônée par le Forum National de Bangui.

Jeunes, femmes,adultes,associations et ONGS Nationales, plateformes religieuses, journalistes, hommes d’affaires, sportifs, hommes de culture, centrafricains de Bangui, de l’intérieur et de la diaspora, vous tous qui œuvrez avec abnégation pour l’avènement d’un mieux-être de nos compatriotes,

PEUPLE de Centrafrique,

AMIS et PARTENAIRES de la RCA de tous bord sans discrimination,

Rejoignez-moi afin que nous bâtissions ensemble une République Centrafricaine dont nous rêvons, et ce,sans distinction d’ethnies, de religions, de clivages partisans ou idéologiques, en préservant notre cohésion nationale.

Partisane convaincue de la culture du dialogue, je prendrai vos avis et conseils pour une construction citoyenne de notre cité et pour l’enrichissement du plan d’action de ma Vision 2025 pour la Centrafrique.

A l’adresse des Amis et Partenaires qui ont fait le choix d’accompagner la République Centrafricaine, je voudrais les rassurer que leurs avis et conseils seront également pris en considération pour qu’ensemble nous puissions développer une coopération qui rassure. Ma doctrine en politique étrangère sera assise sur la diplomatie préventive avec l’appui de nos partenaires traditionnels et de ceux de l’espace francophone qui ont toujours été à nos côtés dans des moments difficiles.

Centrafricaines, centrafricains,

Mes chers compatriotes, 

La puissance des forces qui vont s’allier contre notre projet, contre une FEMME, une MERE à qui vous avez demandé de remettre le pays sur les rails, est prévisible et terrifiante, croyez-moi.

Il nous faut travailler dur et surtout être courageux, comme on dit, mouiller le maillot et surtout mouiller nos cœurs. ll nous faudra distinguer entre ce que nous pourrons accepter et ce que nous ne pouvons pas accepter et s’y opposer.

Mais, tandis que je me tiens devant vous et que je sens votre désir de changement, je n’ai jamais été aussi confiante dans la capacité d’un groupe d’individus rassemblés autour d’une même cause à trouver la force nécessaire pour lutter et vaincre.

Je livrerai un combat sans réserve pour que nous réussissions ce défi que je me sens capable de relever en vue de récolter ce que nous avions semé au cours de la transition en 2014.

Je sollicite d’ores et déjà massivement votre mobilisation citoyenne pour la réussite de ces engagements.Ensemble donnons-nous les moyens de restaurer notre fierté d’être Centrafricain.

Soyons attentifs et vigilants,

Restons engagés.

Unis et engagés, tout est possible. Engageons-nous pour un avenir gagnant.

Je suis extrêmement fière d’être votre candidat, le candidat du peuple.

Je vous remercie.

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