La situation en République centrafricaine demeure fragile, selon le représentant permanent de la France auprès de l’Onu M. Nicolas De Rivière

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REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

INTERVENTION DE M. NICOLAS DE RIVIERE,
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 26 octobre 2023

Monsieur le Président,

Je remercie la Représentante spéciale du Secrétaire général pour sa présentation. Je tiens à la féliciter pour son action déterminée à la tête de la MINUSCA, et lui redire tout le soutien de la France. J’en profite pour rendre hommage au sacrifice consenti par trois casques bleus de la MINUSCA récemment.

Je salue la présence de la ministre des Affaires étrangères de la République centrafricaine.

Monsieur le Président,

Il y a eu, ces derniers mois, des avancées en République centrafricaine.

Je salue notamment l’engagement des autorités en faveur du processus de paix. Cette semaine a eu lieu, à Bangui, la deuxième revue stratégique du processus de mutualisation de l’Accord pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine et de la Feuille de route de Luanda. L’engagement personnel du Président Touadéra dans ce processus est à saluer. Nous nous réjouissons des efforts menés par les autorités centrafricaines, avec l’appui de la MINUSCA, pour la décentralisation du processus de paix. C’est essentiel pour que l’ensemble de la population centrafricaine s’approprie ce processus.

Nous reconnaissons aussi les progrès enregistrés, avec l’appui de la MINUSCA, dans la lutte contre les groupes armés, et dans le processus de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement.

Nous encourageons les autorités centrafricaines à la poursuite de l’engagement avec les pays de la région. Il s’agit de mettre en œuvre des coopérations concrètes, et d’ancrer les progrès accomplis dans la durée en lien avec l’Union africaine, la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, et la Conférence internationale de la région des Grands Lacs.

Monsieur le Président,

La France encourage les autorités centrafricaines à poursuivre leurs efforts en matière de lutte contre l’impunité et de promotion de la justice transitionnelle, et en faveur du renforcement de l’Etat de droit et du bon fonctionnement du système judiciaire.

La France salue également le renforcement de la coopération entre les autorités centrafricaines et la MINUSCA. Les engagements conjoints de la Représentante spéciale et du Premier ministre dans plusieurs préfectures régionales témoignent d’une coopération positive en faveur de la décentralisation du processus de paix et du renforcement de la restauration de l’autorité de l’Etat.

Monsieur le Président,

La situation demeure toutefois fragile.

Les groupes armés continuent de menacer les populations civiles, les forces centrafricaines et la MINUSCA. La France condamne fermement toutes les attaques de ces groupes. Elle s’inquiète également de la menace croissante posée par les engins explosifs dans plusieurs régions.

En outre, la France demeure préoccupée par les violations des droits de l’Homme et notamment par les groupes armés et les membres de Wagner. Nous condamnons également l’augmentation des violences sexuelles liées au conflit, notamment celles commises par les groupes armés. Ces violations ne doivent pas rester impunies et nous encourageons les autorités centrafricaines à poursuivre et accentuer les mesures prises dans ce domaine.

Il est essentiel de renforcer la réponse humanitaire dans le pays et de garantir un accès complet, sûr et sans entrave pour l’acheminement de l’aide, alors que la situation continue de se détériorer dans les régions frontalières du fait de la crise au Soudan et de l’afflux de réfugiés. La France a soutenu l’action des organisations humanitaires en République centrafricaine à hauteur de plus de 10 M€ cette année, en complément de la réponse apportée à la crise au Soudan et dans les pays voisins.

Sur le plan politique, nous prenons note de la nouvelle date prévue pour les élections locales le 24 octobre 2024. Nous encourageons les autorités centrafricaines à garantir l’exercice des droits civils et politiques de tous les citoyens et à créer, dès à présent, les conditions favorables à la tenue d’élections locales libres, transparentes et inclusives. Elles représentent aussi une opportunité de renforcer l’appropriation et la décentralisation du processus de paix.

Monsieur le Président,

La France proposera prochainement aux membres de ce Conseil de renouveler le mandat de la MINUSCA pour un an, comme le recommande le Secrétaire général. Un travail préparatoire a été effectué en concertation très étroite avec les autorités centrafricaines. Nous comptons sur le soutien de l’ensemble des membres de ce Conseil pour cet objectif essentiel à la stabilité de la République centrafricaine.

Je vous remercie./.

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