LA LETTRE DE L’EDITEUR : Que Le Sang Versé De Nos Martyrs Et Combattants, Scelle Le Sort De L’ennemi !

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Le temps imparti à l’an 2023, touche à sa fin ; plus que quelques heures encore et l’année en sursis, mangera les pissenlits par la racine. Une fois ensevelie par l’espèce adamique heureuse, joyeuse de lui avoir survécu, 2023 ira rejoindre ses ascendantes dans le grand caveau du Temps ; ce temps dont l’immensité nous happera tous, sans exclusive, dans sa dévorante et implacable spirale. Vanitas vanitatum et omnia vanitas ! (Vanité des vanités et tout est vanité). Naufragé du temps qui s’écoule, 2023 fera donc place à 2024 dont on espère une odyssée plus tranquille et moins périlleuse. En tout cas, c’est sans aucun doute le vœu le plus ardent et le mieux partagé des populations du Sahel et plus particulièrement de celles de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), en proie à une violence aussi effarante qu’insensée, que leur imposent depuis quelques années maintenant, des hordes de cerbères tout droit surgies des profondeurs des ténèbres, en quête inextinguible de sang humain. Plaise au Ciel que 2024 marque enfin un tournant décisif ; autrement dit, le moment crucial où les « brebis » égarées se verront obligées de revenir dans l’enclos de la raison, au risque de s’endormir brutalement de leur dernier sommeil.   Cela dit, que retenir de l’année qui gît désormais dans les abîmes du Temps ? « Au pays des Hommes intègres », il faut, de prime à bord, se féliciter de l’engagement et de la détermination de nos vaillants Forces de défense et de sécurité (FDS) et Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) qui, au prix du sacrifice suprême, continuent de mouiller le treillis et de promener par monts et par vaux, leurs godasses, en vue de la libération totale du territoire. Que le sang versé de nos martyrs et de nos vaillants combattants tombés au front, au-delà de l’immense commotion ressentie à juste titre par leurs familles éprouvées, scelle sans appel, le sort de l’ennemi, et marque enfin l’avènement d’une ère nouvelle débarrassée de l’ogre sanguinaire ! En tout état de cause, l’année qui s’achève n’aura pas échappé à la folie meurtrière de la bête immonde. Hélas, cette année encore, le Faso a été labouré des balafres profondes du sang et de l’horreur. Et face à l’atroce et interminable feuilleton du chaos, des populations entières ont dû fuir leurs patelins et quasiment tout abandonner pour se mettre à l’abri.  Certes, les lignes ont bougé sur le front de la lutte contre le terrorisme.  Il est, au demeurant, évoqué la « montée en puissance » de nos forces combattantes, avec en toile de fond la création de nouveaux Bataillons et l’instauration de réaménagements qui devraient concourir à tailler davantage de croupières à l’ennemi.  Mais, la tâche, il faut bien le reconnaitre, ne sera pas de tout repos, les « hommes de la brousse » comme on les appelle chez nous, poursuivant leur effroyable et interminable bal avec le diable où ils en sortent toujours plus enragés, comme ce fut le cas lors de l’attaque qui a frappé le 26 novembre dernier, la ville de Djibo.  Gageons que les funestes expéditions de ces barbares des temps modernes, soient la manifestation des dernières convulsions d’un monstre à l’agonie. En somme, que ce soit, pour la bête, le chant de cygne. C’est le moins que l’on puisse souhaiter pour ce pays qui aura été profondément marqué au fer rouge par la tragédie.  Pour le reste, et dans un tout autre registre, on peut se réjouir de la posture des nouvelles autorités burkinabè aujourd’hui lancées, sabre au clair, à l’abordage de l’impérialisme avec, en ligne de mire, la reconquête de notre souveraineté nationale. Que le Burkina Faso ambitionne, sous l’impulsion de son nouveau Guide, de prendre enfin sa destinée en main, c’est fort courageux et hautement louable ! D’autant qu’aussi longtemps que la main qui donne (celle de l’Occident) sera au-dessus de celle qui reçoit (celle de ses anciennes colonies), il n’y aura point de salut pour le continent noir et ses peuples, toujours à la recherche de leurs marques au triple plan politique, économique et culturel.  C’est clair comme le nez au milieu de la figure : nos anciens maîtres ne feront jamais notre bonheur à notre place. Ils n’y ont pas intérêt.  Vu sous cet angle, on peut se féliciter de la nouvelle orientation imprimée à la marche de la Nation, par l’Exécutif burkinabè. Une posture qui appelle évidemment à des sacrifices de la part du peuple burkinabè récemment invité à en consentir encore plus.  Une cause noble s’il en est. Mais prudence ; le pouvoir de la transition devrait se garder de trop tirer sur la corde, au risque de rendre la charge trop pesante sur les frêles épaules de ce peuple déjà fort éprouvé au double plan sécuritaire et économique. Quid justement du front social ?  Dans un contexte de lutte engagée contre le terrorisme, faire chorus contre l’ennemi commun et aller à l’essentiel, est une nécessité si absolue que cette exigence devrait être le mantra le mieux partagé des Burkinabè. Toutefois, la lutte contre le terrorisme ne doit pas être un alibi à tout, notamment pour remettre en cause bien des acquis obtenus de haute lutte dans ce pays, au prix de sacrifices innombrables.

 

Quid justement du front social ? 

 

 

Nous avons, en tout cas, la faiblesse de croire que les sacro-saints principes de la séparation des pouvoirs, de l’indépendance de la Justice, de la liberté d’expression, du respect des libertés individuelles et collectives, du droit à l’information juste et saine, etc., ne sont pas antithétiques à notre quête de sécurité nationale. Dans tous les cas, le pouvoir de Koulouba devrait se méfier de ses zélateurs invétérés toujours enclins à agiter les castagnettes de l’encensement et du « tout va bien ».   En tout état de cause, personne n’a le monopole de la vertu ni de la science infuse. Et s’il y a un sens que ce pouvoir devrait davantage cultiver, c’est bien celui du juste, de l’équité et de la fermeté. Ce faisant, il doit prendre en considération certaines critiques portant l’estampille du constructif et du positif.  Cela dit, notre vœu le plus cher pour le pouvoir de transition, est qu’il réussisse. C’est dans l’intérêt de tous. Il faut, à tout prix, se prémunir contre les affres de tout bond en arrière qui puissent être préjudiciables à la Nation.  Certes, les réformes les plus hardies dans l’histoire d’une nation à la croisée des chemins, sont généralement celles opérées en temps de transition politique. Et en la matière, on peut féliciter le gouvernement pour avoir pris des initiatives heureuses et pour le moins osées. Mais attention à ce que certaines réformes ne propulsent le pays sur des trajectoires incertaines. Ces réformes devraient, dans tous les cas, être le reflet exact des aspirations du peuple. Toujours est-il qu’en ce qui concerne le pouvoir de la Transition, une question essentielle devrait constamment l’habiter : « Que retiendra l’Histoire de son passage à la tête de ce pays ? »  Cela dit, il est notoire que les changements anticonstitutionnels opérés récemment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, ne sont pas du goût de l’Occident, et plus particulièrement de la France. Non pas parce qu’elle se soucie tant de démocratie et de respect des droits de l’Homme. Mais parce que ces grands bouleversements ne participent pas, au regard de vieux accords dénoncés çà et là par les pouvoirs kaki de l’AES, du maintien et du renforcement de ses intérêts.  Plus grave, pour l’Hexagone, le french baching gagne du terrain en Afrique. Rien de surprenant à cela : la jeunesse africaine a pris conscience du jeu malsain, du clair-obscur de l’ancienne métropole dans ses rapports avec ses anciennes colonies ; elle qui continue de les maintenir dans les liens pernicieux de la servitude et de la dépendance.  A rebours de « l’immersion » de l’Hexagone au Sahel, émerge une Russie plus ambitieuse, plus conquérante, qui se positionne de plus en plus en partenaire privilégié, essentiellement sur le plan sécuritaire. Si l’essai pouvait être transformé sur le terrain de la lutte contre le terrorisme, ce serait tant mieux !  Reste que l’impérialisme tant décrié de l’Occident, pourrait en cacher un autre. Autant l’on refuse d’être enserré dans les pattes du Coq gaulois, autant il faut éviter d’être pris dans les griffes de l’Ours russe. C’est aux peuples africains de savoir tirer le meilleur parti de ce jeu d’intérêt dont personne ne devrait être dupe.  A nos nombreux lecteurs d’ici et d’ailleurs, nous présentons nos meilleurs vœux de santé, de prospérité et de succès à tous. Que Dieu bénisse et protège le Burkina Faso et ses habitants.

 

Cheick Beldh’or SIGUE, journaliste-écrivain.

 

Directeur général, Directeur de publication des Editions « Le Pays »

Chevalier de l’Ordre national

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