Km5 : cuisant échec de la Minusca et des forces défense et de sécurité !

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Les mots  font et feront certainement défaut pour exprimer la honte que ressentent tous les combattants de la liberté et les derniers gardiens du temple, au lendemain de la dernière mission de sécurisation du quartier Km5, du désarmement par la force de tous les groupes armés et de l’arrestation du bandit de grand chemin connu de tous sous le nom de Force.

 Une mission voulue par tous les habitants de la ville de Bangui, d’une part, et par les paisibles populations et commerçants de ce quartier, d’autre part, pris en otages par des bandits de grand chemin et des mercenaires de diverses nationalités, depuis janvier 2014, c’est – à – dire au lendemain du départ de Djotodia. Une mission qui était préparée, selon le chef des opérations de la Minusca, le sénégalais Balla Keita, avec beaucoup de professionnalisme et de détermination et dont le but vise, comme souligné un plus haut, à désarmer par la force, évidemment sous le chapitre VII de la charte de l’Onu, tous les groupes armés qui y sévissent sans exception. Une mission qui aurait dû  donc être inévitablement  préparée avec  beaucoup moins de publicité et trop de confidentialité, entre des professionnels.

Malheureusement hélas, il n’en était pas ainsi. A quatre jours du déclenchement de l’opération, en effet, tout Bangui grouillait de la rumeur de l’imminence de l’attaque du Km5 par les forces spéciales de la Minusca appuyées par des forces de défense et de sécurité. L’ennemi qui avait eu le courage d’inviter la Minusca et le gouvernement de Sarandji à venir se battre avec lui, et qui était alerté plusieurs jours à l’avance, avait donc largement le temps d’affûter ses armes et de prendre ses positions.

Du coup, il n’est pas aujourd’hui  étonnant de s’inquiéter des raisons de l’échec cuisant de cette opération qui a commencé à 2h 30 mn pour prendre fin à 7 h du dimanche 8 avril 2018 ; car la Minusca et le gouvernement Sarandji se devaient constamment d’amuser la galerie et d’entretenir la crise par ces actes de graves atteintes aux droits humains. Il leur fallait prouver à l’opinion nationale et internationale que le sang continue de couler en Centrafrique, comme à l’exemple de ces nombreux blessés et de ces milliers de sans – abris, et que de ce fait leur présence est plus qu’urgente et nécessaire.

Cela ne saurait en être autrement tant cette opération qui vient d’être un cuisant échec pour tous les combattants de la liberté et les gardiens du temple, n’en est pas un pour la Minusca et le gouvernement qui parlent plutôt de succès, d’arrestations de bandits et d’importantes saisies d’armes et munitions de guerre. Mais quoiqu’ils disent, cette opération reste et demeure un cuisant échec, puisque la cible à atteindre n’a pas été atteinte : l’égorgeur Force est toujours au Km5 dans sa base et continue de défier la République en ces termes :

«  Ils disent que Ils étaient venues pour Moi État Major FORCE, pourquoi attaquer les innocents? J’étais là quand ils étaient venu depuis 2h du matin, on a fait presque 4 à 5h d’affrontements pourquoi ils étaient tous retirés? Fuir plutôt ? Je suis la présent et à tout moment. Quiconque nous attaque, on les brisera et quiconque on l’attaque on les détruira et je suis prêt à les combattre jusqu’à la fin. Vive km5 »

 

C’est ainsi qu’après avoir forcé ses agresseurs, c’est – à – dire la Minusca et les forces de défense et de sécurité, à un retrait ou plus exactement à une capitulation, il a ordonné et obtenu le pillage et le saccage du commissariat du 3ème arrondissement dont le local vient d’être réhabilité à grands coups d’argent de la communauté internationale. Un véritable gâchis pour les uns, un acte de provocation et de signe de victoire pour les autres. Gâchis, parce qu’il faudra encore rechercher des financements pour une nouvelle réhabilitation de ce commissariat. Acte de provocation, parce qu’en s’attaquant à un commissariat qui est un bien public, une institution et un symbole de la République, l’égorgeur Force continue par là de défier l’autorité de l’Etat.

Alors, pourquoi la Minusca forte de sa puissance de feu et de frappe s’est – elle précipitamment retirée du Km5, sans avoir réussi à mettre la main sur l’ennemi public numéro 1 ? Et où se sont refugiées les forces de défense et de sécurité dont l’une des missions premières est d’assurer la sécurité des biens publics et des patrimoines de l’Etat ? Est – ce à dire qu’elles se seraient parties leurs jambes au cou avant que n’arrivassent Force et ses mercenaires pour commettre en toute quiétude leur forfait ?

Honte à la Minusca ! Honte à M. «  Toudéra » ! Honte au gouvernement de son cher aîné Sarandji, alias le Boxeur ! Honte à eux pour leur gestion amateuriste de cette opération et leur incapacité à ramener la paix au Km5 depuis mars 2016, en faisant appel à des forces spéciales centrafricaines aguerries et chevronnées dont la plupart sont aujourd’hui admises à faire valoir leurs droits à la retraite, pour cette mission. Une mission qui aurait été couronnée d’éclatants succès et dont la durée n’aurait pas dépassé plus de trois (3) heures de temps et aurait pris fin avant le lever du jour. Une fois de plus, honte à M. «  Toudéra » et à son cher aîné Sarandji, alias le Boxeur !

Jean – Paul Naïba

 

 

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