KHARTOUM SONNE LE GLAS DU GOUVERNEMENT SARANDJI 2, PLUS QUE 48 HEURES LA BOUCLE EST BOUCLÉE

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Le nouveau gouvernement doit intervenir immédiatement après la signature à Bangui de l’Accord de Khartoum. Le gouvernement Sarandji 2 bénéficie d’un préavis de 05 jours, car le Chef de l’Etat doit prendre part à Addis-Abeba au sommet des Chefs d’Etat de l’Union Africaine. La démission du Premier Ministre Simplice Mathieu Sarandji et celle de son gouvernement doivent déjà être signées et déposées sur le bureau de Big-Boss. Nul n’est indispensable ici bas sur terre. Simplice Mathieu Sarandji a géré deux gouvernements sur trois ans. Il faut éviter l’usure du pouvoir, la monotonie. Le premier ministre Burkinabé a démissionné de lui-même pour céder son fauteuil à un autre compatriote. Voilà un homme d’Etat. Que du sang neuf vienne pour poursuivre cette noble mission.

En Centrafrique, il faut tenter d’arrêter un journaliste, tout simplement parce qu’il a alerté un Premier ministre de ce qu’il y a lieu de faire. La presse a fait la lecture de l’Accord de Khartoum qui recommande que la carte gouvernement soit rebattue. C’est écrit noir sur blanc. Le peuple centrafricain en général et Bangui en particulier attend le départ imminent du Premier ministre Sarandji. Ce n’est pas un secret, tout le monde souhaite ardemment son départ. « A-t-il déjà déposé sa démission ? », question à laquelle la presse doit apporter une réponse. Dans tous les débats, le long des artères de la capitale, les jeunes, les femmes, des adultes, en parlent. Curieusement, personne ne plaide en faveur de l’ancien Premier ministre, personne ne défend sa cause. La presse est au sein et à l’écoute de la population pour porter haut et fort sa voix, afin qu’elle soit entendue.


La majorité de la population estime que l’échec de Touadéra viendra du Premier ministre Sarandji s’il reste à son poste. La liberté d’expression est une réalité en RCA. La population a son opinion à elle sur tous les acteurs de la vie politique nationale. Tous les Centrafricains ont marqué un vif intérêt pour le dialogue de Khartoum. Les débats étaient très passionnés au sein de la population, toutes les couches confondues, allant des extrémistes aux modérés. Les Centrafricains étaient accrochés à leurs postes radios pour suivre les échos de Khartoum. Aujourd’hui, tous les Centrafricains attendent un nouveau gouvernement. Après Khartoum, c’est immédiatement la question du gouvernement. Le Chef de l’Etat a promis solennellement de s’y atteler sans délai. Après la signature de l’Accord de Khartoum, bien des gens doivent faire leurs valises pour déménager de la Primature et du gouvernement pour d’autres horizons. Selon la Constitution du 30 mars 2016, le Chef de l’Etat nomme et révoque, à différents postes de responsabilités, notamment à la Primature.


Les Centrafricains attendent du sang neuf, un homme sage, intelligent et posé, capable de piloter avec dextérité l’Accord de Khartoum. Les Centrafricains veulent la paix, rien que la paix pour enfin vaquer librement à leurs occupations. Pour appliquer un accord aussi sensible que celui de Khartoum, il faut de grandes qualités d’homme d’Etat, avoir les reins solides pour encaisser les coups qui arriveront. Les coups de gueule ne manqueront jamais en pareille circonstance. La presse ne fait que son travail de lanceur d’alerte, d’information du public et de porte voix des sans voix. Si l’on en croit les débats dans les quartiers, dans les gargotes, dans les bars et tous les lieux publics, le Premier ministre Sarandji est très impopulaire.

Une mission d’Etat n’est pas une entreprise privée, personnelle. L’administration est en perpétuelle rotation dans l’espace et dans le temps. Au Tchad, une femme ministre a mis seulement un mois à la tête de son département et a été relevée. Elle n’a pas remué ciel et terre. Une mission d’Etat peut être courte, moyenne ou longue. Si Touadéra a passé cinq (5) ans comme Premier ministre, cela ne concerne que Bozizé. Cela ne s’impose pas à tous les chefs d’Etat. La moyenne de vie d’un premier ministre à son poste est de deux à trois ans. L’usure du pouvoir est le mal qui guette les Premiers ministres dans le monde. Il faut rebattre les cartes pour insuffler une dynamique, du sang neuf, afin d’atteindre les objectifs fixés dans la feuille de route du gouvernement. Partir de la Primature n’est pas la fin du monde, la vie continue dans l’espoir d’un second mandat.


Un chef d’orchestre est remplacé quand il n’y a pas de répétitions, de concerts, de tournées, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. L’orchestre court à sa perte. Et en écoutant le Chef de l’Etat, c’est la rupture. En écoutant les partenaires au développement, c’est la lutte contre la corruption, la rigueur dans la gestion de la chose publique, les sanctions sévères contre les détournements des deniers publics. De tout cela, la presse ne voit rien, absolument rien. La bonne gouvernance n’est nullement à l’ordre du jour. Il est difficile de donner une appréciation du gouvernement Sarandji 2. Fort heureusement, dans quelques heures, ce sera le grand big-bang.

Julien BELA

CM N°2895 du lundi 11.02.2019

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