Khartoum : le gouvernement Sarandji avait – il pris le temps de se préparer ?

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Le gouvernement centrafricain avait-il pris le temps de bien se préparer aux pourparlers de Khartoum ? Les représentants du gouvernement avaient-ils pris le temps d‘analyser ou de travailler sur les revendications des groupes armés afin d’y apporter des réponses structurées et soutenues pouvant convaincre les parties en discussion et les facilitateurs à un consensus ? Avaient-ils conscience que c’est avec des chefs rebelles, c’est-à-dire des gens qui défient l’ordre et les normes qu’ils vont discuter ?

Convaincre par le dialogue, les gens qui ont épousé la violence comme moyen d’expression pour exister ou pour s’imposer dans la société à renoncer à la violence pour redevenir des citoyens normaux, respectueux des institutions républicaines, exige de la méthode et un savoir-faire. De nos jours, il y a même des spécialistes en la matière.

Au vu de ce qui se passe à Khartoum depuis un peu plus d’une semaine, je suis tenté de répondre par la négative à toutes les questions que j’ai posées dans le premier paragraphe de mon post.

Des représentants du gouvernement aux pourparlers de Khartoum, personne, mais vraiment personne, a une expérience dans une négociation de cette nature, certains en sont à une découverte. Quand on est sérieux et qu’on sait qu’il s’agit des discussions qui engagent la vie d’une Nation, on ne peut se permettre cette légèreté.

On ne peut pas aller dans ces genres de négociation avec le seul argument : « Par rapport à la Constitution, nous disons non! »

C’est une excellente chose de faire respecter la Constitution, mais comme nous sommes à la recherche d’un compromis, quelles sont les réponses ou l’alternative que le gouvernement propose aux revendications des groupes armés ? On nous parle beaucoup des revendications des groupes armés et très peu, voire pas du tout des solutions proposées par le gouvernement à part: « Nous devons respecter la Constitution ou nous devons tenir compte des résolutions du forum de Bangui. » Comme s’ils étaient entrain de débattre d’un conflit naissant pour oublier que c’est depuis plusieurs années que de part et d’autre, la Constitution est violée, que les résolutions du forum de Bangui ne sont aucunement considérées dans leurs actes.

J’ai l’impression que les représentants du gouvernement attendent que ce soient les facilitateurs de l’Union Africaine et des Nations Unies qui leur proposent des solutions et ces derniers eux croyaient que le gouvernement centrafricain avait réfléchi à des solutions.

Vous qui êtes parti à Khartoum au nom du peuple centrafricain, donnez-nous au moins l’impression que vous n’y êtes pas en tourisme🇨🇫

Fred Edgard Gassia Mon Engagement Pour Le Centrafrique

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