Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes 2 novembre

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Lutter contre les menaces de violence et de crimes à l’encontre des journalistes pour protéger la liberté d’expression pour tous

Mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes constitue l’un des enjeux les plus pressants pour garantir la liberté d’expression et l’accès à l’information pour tous les citoyens.  Entre 2006 et 2020, plus de 1 200 journalistes ont été tués dans le monde et près de 9 cas sur 10 n’ont pas été élucidés, selon l’Observatoire de l’UNESCO des journalistes assassinés.  Ce cycle de violence à l’encontre des journalistes est souvent révélateur d’un affaiblissement de l’État de droit et du système judiciaire.

Ce chiffre n’inclut pas les nombreux autres journalistes qui, quotidiennement, subissent des agressions non mortelles, y compris la torture, la disparition forcée, la détention arbitraire, l’intimidation et le harcèlement, que ce soit en situation de conflit ou non. En outre, il existe, pour les femmes journalistes, des risques spécifiques, notamment les agressions sexuelles.

Si les meurtres constituent la forme la plus extrême de censure des médias, les journalistes sont également confrontés à d’innombrables menaces, allant de l’enlèvement, de la torture et d’autres agressions physiques au harcèlement, notamment dans la sphère numérique. Les menaces de violence et les attaques contre les journalistes en particulier créent un climat de peur parmi les professionnels des médias, entravant la libre circulation des informations, des opinions et des idées au sein de la population.

Dans de nombreux cas, les menaces de violence et les attaques contre les journalistes ne font pas l’objet d’enquêtes appropriées, ce qui conduit trop souvent à des agressions plus graves, voire à des meurtres.

Lorsqu’elles restent impunies, l’UNESCO s’inquiète que les agressions de journalistes envoient aux gens ordinaires un message très négatif selon lequel s’ils diffusent une « vérité embarrassante » ou des « opinions indésirables », ils s’attireront des problèmes. En outre, la société perd confiance dans son propre système judiciaire, censé défendre les droits de chacun. Les auteurs de crimes contre des journalistes s’enhardissent donc lorsqu’ils se rendent compte qu’ils peuvent agresser leurs cibles sans jamais être traduits en justice.

En outre, les systèmes judiciaires qui enquêtent fermement sur toutes les menaces de violence à l’encontre des journalistes envoient un message fort, à savoir que la société ne tolèrera pas les attaques contre les journalistes et contre le droit à la liberté d’expression pour tous.

10e anniversaire du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité

Le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité est le premier effort concerté au sein des Nations Unies pour lutter contre les attaques et l’impunité des crimes contre les journalistes, avec une approche multipartite et intégrée. Il réunit des organes des Nations Unies, des autorités nationales, des médias et des organisations de la société civile.

Depuis l’adoption du Plan, la question de la sécurité des journalistes a gagné en visibilité au sein des Nations Unies, comme en témoigne le nombre croissant de déclarations, résolutions et autres textes normatifs, ainsi que l’Appel à l’action pour les droits de l’homme du Secrétaire général des Nations Unies. La protection des journalistes fait également partie du Programme 2030 pour le développement durable. Le Plan a également contribué à la constitution de coalitions internationales de gouvernements et de la société civile et a servi à susciter des changements sur le terrain, comme la création de mécanismes nationaux de sécurité dans au moins 50 pays.

Malgré ces avancées, des défis subsistent. Le taux élevé d’impunité pour les crimes contre les journalistes persiste et de nouvelles formes de menaces se développent de manière inédite.

Le dixième anniversaire est une étape importante pour réaffirmer, recommander et repositionner les efforts visant à faire progresser le plan des Nations Unies.

 

Événement

Pour commémorer la Journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes de 2022 et le 10e anniversaire du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, une conférence de haut niveau sera organisée les 3 et 4 novembre 2022 à Vienne, en Autriche.

La conférence de deux jours se déroulera en deux parties. Le premier jour sera consacré à une pré-conférence au cours de laquelle les acteurs non étatiques se réuniront pour partager les leçons et les meilleures pratiques dans la mise en œuvre du Plan des Nations Unies, et discuter des stratégies de résolution des problèmes émergents. Le deuxième jour se tiendra une conférence ministérielle au cours de laquelle l’engagement politique envers la mise en œuvre du Plan des Nations Unies sera renouvelé.

L’UNESCO organise par ailleurs une série de consultations avec les parties prenantes locales afin de faire le point sur les avancées et les défis en matière de protection des journalistes au cours des dix dernières années et de définir une stratégie pour mettre en œuvre le Plan de manière plus efficace, en s’appuyant sur les réussites et les enseignements tirés dans le contexte spécifique de chaque région. Les consultations permettront d’élaborer une série de recommandations qui seront présentées lors de la Conférence ministérielle de Vienne.

Historique

En décembre 2013, lors de sa 68e session, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution intitulée « La sécurité des journalistes et la question de l’impunité » (A/RES/68/163), qui a proclamé à la date du 2 novembre la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Cette résolution a exhorté les États Membres à prendre des mesures précises pour combattre la culture actuelle d’impunité. La date de cette journée internationale a été choisie en mémoire de deux journalistes français, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés le 2 novembre 2013 au Mali.

Cette résolution historique condamne toutes les attaques et violences perpétrées contre des journalistes et des travailleurs des médias. Elle exhorte également les États Membres à faire tout leur possible pour prévenir cette violence, en faire rendre compte, traduire en justice les auteurs des crimes commis contre des journalistes et des travailleurs des médias, et veiller à ce que les victimes disposent de recours appropriés. Elle demande, en outre, aux États de promouvoir un environnement sûr et propice dans lequel les journalistes puissent effectuer leur travail de manière indépendante et sans ingérence indue.

Nations Unies

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