Insécurité : Centrafrique ou une terre de prédilection pour les fabricants et grands trafiquants d’armes

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En Afrique, les conflits évoluent constamment, selon l’Organisation humanitaire de développement, Oxfam International. Une étude menée en République Centrafricaine, en République Démocratique du Congo, en Libye, au Mali, au Soudan, au Soudan du Sud et en Somalie, a permis à l’institution de faire le diagnostic selon lequel trois aspects caractérisent les conflits en Afrique.

Le premier concerne la nature changeante des conflits et l’insécurité. La plupart des conflits actuels sont le reflet de causes et d’éléments déclencheurs imbriqués, de réseaux complexes d’acteurs et de processus transnationaux, ainsi que d’une régionalisation et d’une internationalisation croissantes. Le deuxième aspect concerne l’effet de contagion des conflits qui se propagent, ayant ainsi des répercussions plus importantes. Enfin les conflits se caractérisent par leur continuité, et par de nouvelles tendances observées concernant leurs causes, les acteurs, la durée et les impacts sociopolitiques, économiques et humanitaires sous-jacents.

Une situation, estime Oxfam International, due au fait que la plupart des 100 millions d’armes légères et de petit calibre qui circulent en Afrique se concentrent dans les zones de crise et autres environnements dangereux, causant ainsi de nombreuses pertes en vie humaine, des blessés et des déplacements forcés de populations. A cela s’ajoutent les violences liées au genre, dans lesquelles les femmes payent le plus lourd tribut.

En effet, Oxfam relève que certaines estimations font état de 45,6% de femmes africaines victimes de violences liées au genre en lien avec un conflit armé, contre un chiffre mondial de 35%. Dans les pays en proie aux conflits, des génocides ciblés ont divisé des familles, de nombreux sites historiques et éléments du patrimoine culturel de certaines villes ont été détruits, créant ainsi un climat de méfiance et d’intolérance entre les populations. Pour illustrer cet état de fait, un film intitulé « les femmes, les armes et le viol », réalisé en République Centrafricaine par Oxfam International a été projeté à l’assistance venue pour la présentation du rapport. Ce film montre des images et témoignages poignants qui traduisent l’ampleur de la situation.

C’est pourquoi, Oxfam a saisi l’occasion pour lancer un appel aux États ayant ratifié le Traité International sur le Commerce des Armes (TCA), à prendre des mesures nécessaires pour l’inclure dans leur législation nationale et veiller à sa mise en application effective. Quant aux États non signataires dudit traité, en particulier les pays fabricants d’armes, Oxfam  les invite à envisager d’y adhérer. Aussi, demande-t-il aux États de faire en sorte que l’approvisionnement en armes et leur transfert sur leur territoire soient contrôlés conformément aux normes internationales en la matière.

Pour Oxfam International, les États doivent également se pencher sur les causes profondes des conflits, qui sont devenus récurrents du fait de la prolifération des armes non contrôlées, la pauvreté, les problèmes de gouvernance,  les insuffisances en matière de développement  et de droits inhérents à la citoyenneté. L’Union africaine est aussi appelée à offrir un cadre de suivi des transferts d’armes sur le continent, en ce sens que sa feuille de route 2016-2020 relative à la paix et à la sécurité est une bonne stratégie pour influer sur les armes non contrôlées en Afrique.

Les bailleurs de fonds et le secteur privé sont aussi invités à jouer chacun sa partition en veillant à ce que les ressources, qu’elles soient financières ou minières, soient gérées de façon transparentes. C’est de cette manière, recommande Oxfam International, que l’on pourrait faire taire les armes en Afrique.

 Source : Presse Oxfam International

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