Gouvernement Sarandji 2 : GTSC recommande le retrait des rebelles

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Depuis près d’un mois, les paysages sociopolitiques et politico-sécuritaires centrafricains connaissent d’énormes bouleversements ayant entrainé diverses réactions au sein de l’opinion aussi bien nationale qu’internationale. Du point de vue sociopolitique, les discours ramant à contre courant du projet pilote DDRR tenus par certains chefs rebelles, le réaménagement gouvernemental opéré par le Président et son Premier Ministre et la nomination des préfets occupent une place prépondérante dans le débat. En ce qui concerne le paysage politico-sécuritaire, nous avons remarqué la résurgence de la violence armée dans l’arrière-pays avec pour conséquence immédiate le déplacement massif des populations dans les zones touchées ainsi que le retrait systématique des Organisations Non Gouvernementales. Face à ces points combien importants, nous membres du Groupe de Travail de la Société Civile, avons compris ce qui suit :

S’agissant des discours dénonçant le projet pilote DDRR, ceci est une fois de plus le signe qui montre clairement la mauvaise foi de certains groupes qui, nul doute, disposent d’un agenda caché ayant pour corolaire la question d’amnistie et de la libération sans condition aucune de leurs membres détenus dans les prisons. Face à cette situation, le gouvernement gagnerait à revoir son approche du processus DDRR afin d’être efficace et efficient.

La nomination des officiers des FACA comme Préfets est une initiative à saluer dans la mesure où cela peut dissuader les ennemis de la paix et participer au projet de la pacification des régions sous contrôle des groupes armés identifiés et non identifiés. Toutefois, une question se pose avec acuité : Que vaut un préfet officier sans bataillon des FACA dans sa région de commandement ? La réponse à cette interrogation fondamentale va de soi. Il faut impérativement déployer aux côtés des préfets des bataillons d’au moins 120 soldats permettant aux préfets de répondre aux exigences de sécurité dans les régions envahies par les rebelles et mercenaires venus d’ailleurs.

La nomination des membres du gouvernement est une initiative qui relève du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat, de concert avec le Premier Ministre. Ceci étant, le principe voudrait qu’il nomme qui il veut et quand il veut. Seulement, cela doit être dans l’esprit de la Constitution. Celle-ci stipule que les chefs rebelles ne doivent plus participer ou associer à la gestion de la chose publique. L’intérêt de cette disposition est de dissuader tous les citoyens centrafricains qui considèrent le chemin de la rébellion comme un tremplin permettant de prendre part à la gestion du pouvoir. Il relève de la responsabilité du Chef de l’Etat de veiller à ce que ces dispositions soient respectées afin que nul n’en ignore. Malheureusement, le réaménagement gouvernemental que vient d’opérer Faustin Archange Touadera témoigne une fois de ses mauvais choix dans la gestion de la chose publique.

Au regard de ce qui précède, il devient dès lors facile de comprendre la recrudescence des violences observées dans l’arrière-pays. Aujourd’hui, il y a un déséquilibre de force en défaveur du gouvernement centrafricain. Face au refus du pouvoir en place de se doter des moyens susceptibles de renverser l’équilibre de force, les groupes armés continuent de semer panique et désolation au sein de la population sans crainte de représailles.

Fort de tout ce qui précède, le Groupe de Travail recommande au Chef de l’Etat de :

–          Accompagner l’installation des préfets par le déploiement des bataillons des FACA dans toutes les régions occupées par des groupes rebelles ;

–          Retirer les Chefs rebelles du gouvernement afin de respecter la Constitution Centrafricaine ;

–          Changer son approche du DDRR en opposant un argument de force aux groupes armés qui jusqu’ici refusent de prendre part au processus DDRR ;

–          Prendre des mesures permettant d’assurer sur toute l’étendue du territoire la sécurité des biens et des personnes.

Nous invitons le Gouvernement à prendre en compte ces recommandations et faire évoluer la situation dans un délai raisonnable. Passer ce délai, nous membres du Groupe de Travail de la Société Civile prendrons des mesures citoyennes pour obtenir la mise en œuvre de ces recommandations qui visent uniquement l’amélioration de la situation sécuritaire et générale du pays.

 

Pour la Coordination,

Le Porte Parole par Intérim

 

Paul Crescent BENINGA

Source : Fraternité.overblog.com

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