GABON : INCARCÉRATION DE NOUREDDIN BONGO : Une belle leçon de vie pour Touadéra et ses ouailles !

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« Arx tarpeia Capitoli proxima ». Noureddin Bongo, le fils du président déchu Ali Bongo, apprend à ses dépens la maxime romaine se rapportant au passage douloureux du « Capitole à la Roche tarpéienne ».  Hier tout-puissant parce que « fils de… », aujourd’hui, honni et qui pis est, incarcéré à « Sans famille », le surnom de la prison centrale de Libreville.  Que la chute est ahurissante et vertigineuse ! Passer de coordinateur à la présidence, puis conseiller stratégique de papa au parti PDG et, par-dessus tout, apparaitre comme un successeur potentiel de papa, et se retrouver du jour au lendemain, « nu » comme Adam souillé pour son péché originel.  Mis en examen et placé en détention provisoire, notamment pour « haute trahison » et « corruption active », le fils de l’autre venait de passer sa première nuit derrière les barreaux, au moment où nous tracions ces lignes.  Mais il n’est pas le seul à boire le calice de la déchéance et du déshonneur. Bien d’autres « enfants gâtés » de la République, dans la galaxie des amis de Bongo fils habitués à la vie mondaine, ont été placés sous mandat de dépôt.  Mais pour ce qui le concerne particulièrement, Noureddin Bongo devrait désormais faire le deuil de son rêve de succéder à son géniteur à la tête de l’Etat. Sans doute y pensait-il en se rasant tous les matins. Si on le voyait venir après que son père semblait lui avoir tracé le chemin vers une succession dynastique par laquelle Ali lui-même est parvenu au pouvoir, eh bien, Noureddin Bongo n’arrivera très probablement pas à bon port. 

 

Il faut éviter que l’affaire prenne les tournures d’une chasse aux sorcières

 

C’est « gâté », pour reprendre une expression « nouchi » propre aux Ivoiriens.  Faut-il, pour autant, plaindre le jeune homme à la barbe fournie et soigneusement entretenue ? A priori, non, tant on a envie de penser qu’il paie pour ses turpitudes et frasques, si l’on en juge du moins par les lourdes charges qui pèsent contre lui. Selon toute vraisemblance, cet enfant chouchouté qui croquait la vie à pleines dents, semblait ne se fixer aucune limite éthique face au bien commun.  Triste fin donc pour cet adepte du bling-bling, qui aura, d’une certaine façon, contribué à la chute de son père par ses excès et ceux de son entourage en mode « bad boys ». Un destin qui, somme toute, devrait constituer une leçon de vie.  Non seulement pour tous ces potentats africains rêvant de succession de père en fils, mais aussi pour leurs rejetons qui aspirent à prendre la place de papa au sommet de l’Etat.  Certes, en la matière, pères Gnassingbé Eyadéma, Idriss Déby Itno et autres ont réussi leur coup. Mais il faudra se rendre à l’évidence que les temps ont changé. Prudence ! Sans doute certains dinosaures de la faune politique africaine, après le coup de force survenu au Gabon et riche en enseignements, réfléchissent-ils en ce moment sur l’opportunité ou non de passer la main à leur rejeton.  Vivement qu’ils soient bien inspirés !  Cela dit, et pour revenir au cas gabonais, maintenant qu’ils sont contraints de rendre des comptes, il faut espérer que Noureddin Bongo et Cie désormais sous les fourches caudines de la Justice, bénéficient d’un procès équitable.  C’est bien de faire le ménage, comme s’emploie en ce moment à le faire le tombeur de Ali Bongo.  Mais à tout prix, il faut éviter que l’affaire prenne les tournures d’une chasse aux sorcières.

 

CBS

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