Finances : Dondra accusé de répartition opaque, clientéliste et trop partisane du quota d’intégration

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Rien ne va plus au ministère des finances et du budget entre le GSTC, les demandeurs d’emploi et les éternels stagiaires et le ministre de ce département, M. Henri Marie Dondra. Et pour cause.

 Il y a exactement plusieurs jours déjà, au moment où nous mettons sous presse cet article, après avoir massivement pris part à une marche de protestations, organisée par tous les demandeurs d’emploi en instance d’intégration dans la fonction publique et tenue devant la primature, pour exiger purement et simplement la suspension du processus en cours, en flagrante et manifeste violation des lois et règlements en vigueur en République centrafricaine, relatifs à la fonction publique, ceux – ci étaient revenus à la charge contre le directeur de cabinet du ministre des finances et du budget, Jacob – Désiré NGAYA.

Répondant à la question de savoir pourquoi cet autre mouvement de contestations devant le ministère des finances et du budget, à lui posée par l’un de nos journalistes, présent sur les lieux, l’un des manifestants avait répondu en ces termes:

 » Nous sommes ici pour exprimer notre  plus vive préoccupation de la  manière la plus opaque, clientéliste et trop partisane ayant caractérisé jusqu’à ce jour la répartition du quota d’intégration, alloué au ministère des finances et du budget. Sur les 1520 quotas retenus par le gouvernement, au titre de l’exercice budgétaire 2018, il a été officiellement affecté à ce département 105 quotas devant être répartis, par ordre de priorités et en adéquation avec la politique d’assainissement des finances publiques, entre les principales régies financières. Mais au lieu de se fonder sur les demandes et les données disponibles dans les fichiers actualisés de la direction des ressources humaines et d’y associer le syndicat et les représentants des demandeurs d’emploi et ceux des stagiaires, nous avons étonnement assisté à une distribution de ces quotas, selon le bon vouloir du ministre des finances et du budget et suivant  le degré de ses relations avec les directeurs généraux des différentes régies financières. A l’arrivée, après avoir donné « intuitu personae » 10 par-ci, 15 par-là, 10 par – ci et 15 par-là dont 5 auraient été attribués à son propre directeur de cabinet, le ministre des finances et du budget, en l’occurrence M. Henri Marie Dondra, en aurait gardé pour lui plus de 50 postes qu’il aurait exclusivement réservés à ses parents, amis et connaissances. Selon des informations dignes de foi en notre possession, en seraient aussi bénéficiaires ses propres domestiques, n’ayant jamais mis pied dans un quelconque service du ministère et n’ayant jamais présenté  les qualifications requises et les profils pour y travailler. Nous sommes là donc pour dénoncer ces pratiques irrégulières, ces actes d’exclusion et ces actes d’injustice avérée, contraires à la constitution du 16 mars 2018,  à la loi n°09.014 du 10 août 2009 portant statut général de la fonction publique centrafricaine et à la loi portant code de transparence et de la bonne gouvernance, et susceptibles d’ajouter une nouvelle crise sociale à la crise d’insécurité généralisée actuelle. »

Que disent, en réponse, le ministre des finances et du budget et son directeur de cabinet de toutes ces graves accusations ? Rien du tout, puisque notre journaliste – reporter n’a jamais pu les joindre pour avoir leur version des faits. A croire qu’ils n’en ont cure des ragots et des mensonges entretenus par des petits journalistes pour leur extorquer de l’argent et qu’ils ignorent tout simplement les dispositions constitutionnelles faisant formellement obligation à toute autorité publique de rendre compte de sa gestion au peuple, au nom du sacro-saint principe de la redevabilité, de la transparence et de la bonne gouvernance.

Rappelons que cette crise est née depuis la dépossession, de la gestion de ce dossier d’intégration, du ministre de la fonction publique, responsable de l’administration, de la gestion des emplois et des dossiers des fonctionnaires et agents de l’Etat, par le premier ministre, Simplice Matthieu Sarandji. Elle s’est accentuée par la création d’une cellule chargée de la gestion des dossiers d’intégration, logée à la primature, placée sous son autorité directe et dans laquelle ont siégé exclusivement ses hommes de mains, en remplacement de la commission mise en place par le ministre de la fonction publique, conformément aux dispositions de l’article 6 de la loi n°09.014 du 10 août 2009.

Depuis lors, il règne un climat de méfiance, de discordance et de guéguerre entre les demandeurs d’emploi et les autorités légales et légitimes, sur le choix des critères et les conditions devant guider la gestion de ces dossiers d’intégration. Pour la primature, cette prise en main de ces dossiers est l’expression de la volonté du président de la République qui a fait de la question d’intégration l’une des priorités de son programme politique. C’est donc pour veiller au bon grain, à travers une sélection rigoureuse que cette décision a été prise. Mais, pour les concernés et le GSTC, cette initiative, en flagrante violation des dispositions des lois et règlements en vigueur, n’est qu’une manoeuvre politico – politicienne de la part du président Touadéra, du premier ministre Sarandji et des différents membres de leur gouvernement de faire intégrer dans la fonction publique, leurs parents, amis et connaissances, au détriment des plus méritants.

C’est pourquoi, ils exigent depuis le 28 mai 2018, dans un mémorandum adressé au premier ministre et dont les copies ont été transmises au président de la République et à toutes les institutions de la République, la suspension du processus d’intégration en cours, l’application sans condition des lois et règlements en la matière en vigueur et l’implication des partenaires sociaux, de la coordination des demandeurs d’emploi et des membres de la haute autorité chargée de la bonne gouvernance dans la gestion de ce dossier, afin de garantir la transparence et l’équité.

Au cas où le gouvernement refuserait de déférer à leurs propositions, ils se réserveraient le droit de mener des actions multiples et multiformes, au regard des dispositions de la constitution, pour défendre « le principe d’égale admissibilité de tous au travail et à l’emploi ».

 Aux dernières nouvelles, le GSTC, les demandeurs d’emploi et les éternels stagiaires du ministère, après la dernière conférence de presse organisée par le premier ministre et au cours de laquelle il a remis les dossiers d’intégration pour signature des arrêtés, n’auraient pas été satisfaits et auraient  purement et simplement exigé la mise en place d’une nouvelle commission.

Affaire à suivre…

La rédaction

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