Exclusif – Côte d’Ivoire –  La Cour africaine ordonne la suspension du mandat d’arrêt du pouvoir Ouattara contre Soro et ordonne la libération des députés

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C’est par une ordonnance prise depuis la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), ce mercredi 22 avril 2020, que les juges ont exigé que la Côte d’Ivoire suspende le mandat d’arrêt émis contre Guillaume Soro et l’inculpation des élus et proches de lui.

« La Cour ordonne à l’Etat défendeur de surseoir à l’exécution du mandat d’arrêt émis contre Guillaume Kigbafori Soro », ordonne le tribunal présidé par le vice-président, le juge kenyan Ben Kioko. De fait, le président de la Cour, l’Ivoirien Sylvain Oré n’a pas siégé, conformément aux textes relatifs aux conflits de compétence.

La Cour a par ailleurs ordonné la justice ivoirienne de « surseoir à l’exécution des mandats de dépôt décernés contre les requérants Alain Lobognon, Camara Loukimane, Kanigui Soro, Yao Soumaila, Soumahoro Kando, Kamaraté Souleymane Koné Karidioula Souleymane, Tehfour Koné, Simon Soro, Porlo Rigobert Soro, Félicien Sékongo, Marc Kidou Ouattara, Mamdou Djibo, Aboubacar Touré, Babou Traoré, Ladji Ouattara, Gnamiand N’Drin, Dahafolo Koné, Adama Zebret, et de les mettre en liberté provisoire ».

Enfin la Cour a ordonné au pouvoir du Président Alassane Ouattara de lui faire un rapport « sur la mise en œuvre des mesures provisoires ordonnées dans la présente décision dans un délai de trente (30) jours, à compter de la date de sa réception ». En clair, le pouvoir RHDP a jusqu’au 21 mai, pour suspendre le mandat d’arrêt émis contre Soro et pour mettre en liberté provisoire les détenus.

Le 23 décembre 2019, le procureur Richard Adou, contre lequel une plainte a d’ailleurs été déposée au parquet de Paris, par Soro ; avait déclaré qu’il existait un mandat d’arrêt contre Soro. Ce dernier était dans son avion pour Abidjan. Son jet privé avait dû faire un détour par Accra, avant de repartir sur l’Espagne et de rejoindre la France. Le même jour, plusieurs proches de Soro avaient été arrêtés.

L’AFFAIRE SORO ET L’ORDONNANCE DE LA COUR AFRICAINE

Plusieurs organisations des droits de l’homme avaient dénoncé une procédure chaotique. L’ordonnance de la Cour africaine vient leur donner raison. Ce n’est pas la première fois que le pouvoir Ouattara est accusé de violer les droits élémentaires de personnes physiques ou morales. En 2016, la Cour avait déclaré la CEI mise en place en 2014, non conforme aux règles démocratiques.

Début avril, les conseils de l’ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne avaient annoncé avoir saisi au moins cinq juridictions internationales.  » Maîtres Affoussy Bamba, William Bourdon, Emmanuel Daoud, Charles Consigny et Robin Binsard, Conseils de Monsieur Guillaume Kigbafori Soro, Président du mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS) et 18 autres personnes, députés, conseillers municipaux, maire, médecin, philosophe, militants et frères, tous proches de ce dernier et de son mouvement, et qui se trouvent actuellement détenus arbitrairement en Côte d’Ivoire à la suite d’une opération de police orchestrée par le Parquet d’Abidjan depuis le 23 décembre 2019, confirment avoir d’ores et déjà initié des procédures internationales et françaises ».

Prince Beganssou

Afriksoir.net

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