EVICTION DE LA PRESIDENTE DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE LA CENTRAFRIQUE : Un départ  qui grandit Danièle Darlan

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EVICTION DE LA PRESIDENTE DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE LA CENTRAFRIQUE : Un départ  qui grandit Danièle Darlan

EVICTION DE LA PRESIDENTE DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE LA CENTRAFRIQUE : Un départ  qui grandit Danièle Darlan

Violemment attaquée, voire menacée sur les réseaux sociaux et dans des manifestations pro – pouvoir, Danièle Darlan, la présidente de la Cour constitutionnelle  centrafricaine, a fini par rendre le tablier le 29 octobre 2022. Le  président centrafricain, Faustin Archange Touadéra,  peut à présent se frotter les mains après avoir poussé à la sortie, cette brave dame qui, jusque-là, dirigeait la juridiction suprême de la Centrafrique. Danièle Darlan  ainsi écartée, un grand boulevard s’ouvre au président Touadéra pour assouvir son ambition de briguer un troisième mandat pourtant anti-constitutionnel ; maintenant que la seule personne  qui s’était opposée à son projet, a été contrainte à la démission.  Le locataire de la présidence de la Centrafrique peut  boire son petit lait. D’autant plus qu’il a réussi  à rallier à sa cause non seulement les autres membres de la Cour constitutionnelle,  mais aussi  d’anciens  collègues de Danièle Darlan de la faculté de droit de l’université de Bangui. Certes, dans son bras de fer contre le docteur en mathématiques, qu’elle n’avait quasiment aucune chance de remporter, elle plie l’échine. Mais elle tombe avec dignité et honneur et c’est l’histoire qui lui en saura gré. Elle peut  partir la tête haute. L’Afrique et le monde entier  garderont d’elle, l’image d’une femme courageuse, intègre et  incorruptible.   On imagine d’ailleurs  que   ce ne sont pas les propositions venant du camp du pouvoir,  qui ont manqué dans  l’optique de la pousser à apporter son soutien  au  président  Touadéra  qui reste « focus » sur son objectif de s’offrir un troisième bail.

 

Elle  part avec le sentiment d’avoir mené le bon combat du droit et de la légalité jusqu’au bout

 L’ex-présidente de la Cour constitutionnelle  a dû certainement résister à toutes ces propositions.  Aujourd’hui, elle  part avec le sentiment d’avoir mené le bon combat du droit et de la légalité jusqu’au bout. Quant au président Faustin Archange Touadéra, il vient de réussir un grand coup  c et savoure certainement  une victoire  d’étape. En prenant ce décret qui pousse à la sortie,  la présidente de la Cour constitutionnelle, celui-ci vient ainsi d’opérer un coup d’Etat constitutionnel en violant la sacro- sainte règle constitutionnelle de l’inamovibilité des juges de la Cour.  La plate-forme des partis de l’opposition et d’organisations de la société civile  qui  n’entend pas  garder le silence face à cette « forfaiture »,  récuse déjà  ce décret d’éviction de Danièle Darlan. Elle n’entend pas se laisser faire puisqu’elle a déjà déposé un recours en inconstitutionnalité. Touadéra veut certes  aller vite. Mais il risque gros. En  attendant, il est en train de réunir tous les ingrédients d’une instabilité supplémentaire dans un pays qui a déjà beaucoup trop souffert. Cinq ans après son élection pour un deuxième mandat,  le bilan économique n’est pas du tout reluisant. Touadéra  ne contrôle jusque-là pas encore l’entièreté du territoire de son pays et ce,  malgré la présence de centaines de mercenaires de la société privée de sécurité Wagner. Touadéra doit se rendre à l’évidence ; ce n’est pas en rallongeant son bail à la tête de l’Etat que la Centrafrique guérira de ses maux. Bien au contraire, le risque est grand que ce mandat de plus voire de trop n’ouvre plutôt une voie vers l’enfer.

 Ben Issa TRAORE

Le Pays

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