ENQUETE SUR L’ASSASSINAT DE MARTINEZ ZOGO AU CAMEROUN  : Les lignes bougent

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ENQUETE SUR L’ASSASSINAT DE MARTINEZ ZOGO AU CAMEROUN  : Les lignes bougent

 

Quelques semaines seulement après la mort, dans des circonstances pour le moins troubles, du journaliste Martinez Zogo, l’on assiste à une vague d’interpellations au Cameroun. En effet, plusieurs personnes, « fortement suspectées » d’être impliquées dans cet assassinat barbare et indigne d’une époque civilisée, ont été mises sous les verrous. La dernière prise et pas des moindres, a été l’interpellation de l’influent homme d’affaires, Jean-Pierre Amougou Belinga, qui a été cueilli très tôt dans la matinée du 6 février, à son domicile à Yaoundé. Conduit manu militari dans les locaux du Secrétariat d’Etat à la défense (SED) qui mène l’enquête sur la mort du patron de la radio privée Amplitude FM, Jean-Pierre Amougou Belinga, réputé pour être proche de plusieurs hauts dignitaires, y était gardé jusqu’au moment où nous tracions ces lignes. Saura-t-il se tirer d’affaire ? La suite nous le dira. En attendant, l’on sait que l’homme d’affaires camerounais qui a fait fortune dans les domaines de la banque, de l’assurance, de l’immobilier et des médias, est soupçonné d’avoir trempé les mains dans le cambouis si fait qu’il était constamment cité par le regretté Martinez Zogo au cours de sa célèbre émission dénommée Embouteillage. Est-ce donc lui qui a commandité cet assassinat odieux, espérant ainsi vivre en paix ? Il est encore très tôt pour l’affirmer ; l’enquête n’étant, vraisemblablement, qu’à ses débuts. Cela dit, la vague d’arrestations ou d’interpellations en cours actuellement au Cameroun, est la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que les lignes bougent dans l’enquête sur l’assassinat de Martinez Zogo.

 

La Justice camerounaise doit faire son travail en disant le droit

 

Tout en espérant que les enquêteurs iront jusqu’au bout de leur travail sans entrave aucune, on peut, d’ores et déjà, tresser des lauriers aux autorités camerounaises qui, on s’en souvient, avaient pris l’engagement de tout mettre en œuvre pour que ce crime ne reste pas impuni. Est-ce un signe des temps ? On ne peut que souhaiter qu’il en soit ainsi. Surtout quand on sait que, dans un pays comme le Cameroun, les enquêtes judiciaires tournent généralement court. C’est la stratégie toute trouvée par certains satrapes du continent noir, pour noyer le poisson. Mais dans le cas d’espèce, tout laisse croire que le gouvernement camerounais semble décidé à aller jusqu’au bout. C’est tout à son honneur. Car, ce n’est pas parce que l’on se croit fort que l’on peut s’arroger le droit de vie et de mort sur les autres. Cela dit, la Justice camerounaise doit faire son travail en disant le droit. Que tous ceux qui ont contribué à la mort de Martinez Zogo, se voient appliquer la rigueur de la loi, et que ceux qui, à l’issue de l’enquête, seront déclarés innocents, soient purement et simplement relâchés. C’est ainsi que doit fonctionner un Etat de droit digne de ce nom.

 

B.O

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