Encensées, les forêts du bassin du Congo encaissent le mépris

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Encensées, les forêts du bassin du Congo encaissent le mépris

 

Les discours entendus des officiels à Libreville lors de l’ouverture du « One forest summit » à propos des forêts du bassin du Congo font pitié. D’un côté, il y a comme des donneurs de leçons qui font pression sur la protection des forêts et de l’autre, les africains qui pleurnichent, quémandent des compensations.

Le ministre français de la transition écologique, Christophe Béchu, a dans une conférence de presse avant même l’ouverture du sommet livré un détail important. Les forêts du bassin du Congo couvrent une superficie moins importante par rapport à celle de l’Amazonie, mais celles du Congo, mieux préservées captent plus de CO2.

L’on croirait que ces données connus de tous les spécialistes en changement climatique feraient des forêts du bassin du Congo, l’une des principales destinations des fameux financements verts. Non. Chrysoula Zacharopoulou, la Secrétaire d’État chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux qui a prononcé l’un des deux discours de la cérémonie d’ouverture a indiqué que les forêts du bassin du Congo ne captent à peine que 11% des financements internationaux pour les forêts. « Ces financements sont insuffisants », a-t-elle avoué.

Où va le reste de financements ? Personne n’a posé la question, personne ne l’a dit aux participants de la rencontre de Libreville.

Plus grave, a souligné, la ministre congolaise de l’Environnement, Arlette Soudan Nonault dans une conférence de presse : entre la date de l’annonce d’un financement en faveur de la forêt, et sa mise réelle à disposition, le délai d’attente est trop longue. Les conditions à remplir sont trop importantes et deviennent parfois un obstacle.

Cette injustice laisse interrogateur sur les enjeux réels des différentes réunions internationales sur le changement climatique, connu sous l’abréviation COP. La dernière du genre a été la COP 27 tenue en décembre dernier en Egypte.

Mme Zacharopoulou a résumé le danger qui guette les forêts tropicales en quelques chiffres : « en 40 ans, nous avons perdu près de 20% des forêts tropicales mondiales. Cette déforestation tropicale est responsable de 13% des émissions mondiales de CO2… ».

« Une gabonaise venue exposer des produits naturels extraits des richesses des forêts gabonaises a alerté sur la puissance des engins utilisés dans les forêts gabonaises par les exploitants forestiers de moins en moins respectueux des textes réglementaires.

La menace de voir les forêts primaires disparaitre est réelle alors que, selon Mme Zacharopoulou, 350 millions de personnes (1,6 milliards indirectement) absorbent 2 fois plus de CO2 qu’elles n’en émettent, près de 7,6 milliards de tonnes par an, davantage que les émissions annuelles des Etats-Unis !

Selon d’autres données régulièrement citées, les forêts tropicales à elles seules représentent 20% de la solution au changement climatique.

Toute chose qui appelle la mise en place de la fameuse justice climatique. Appliquer le principe pollueur-payeur et conservation-compensation. Fin

Ne pas le faire encouragerait les Etats notamment ceux du bassin du Congo à laisser prospérer l’exploitation forestière par des société peu vertueuses. Le but étant de récolter quelques ressources pour les besoins de développement économique, pour satisfaire les demandent des populations vivant autour des forêts qui subissent les attaques quotidiennes des éléphants ravageurs de leurs plantations…

Carl Nsitou

gabonactu

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