En Centrafrique, le viol pour terrifier les populations

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Afrique

En Centrafrique, le viol pour térifier les populations

Les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre dans de nombreux conflits. En Centrafrique, une victime livre un témoignage accablant.

Le viol est utilisé dans les conflits en Afrique et à travers le monde, comme en Ukraine actuellement, pour « déshumaniser les victimes », selon l’Onu

La Cour pénale internationale vient à la rencontre des victimes des crises qui ont ensanglanté la République centrafricaine.

Son président, le juge Piotr Hofmanski, est en visite de travail à Bangui. L’occasion pour lui de discuter avec les autorités mais surtout d’échanger avec les victimes des crimes de guerre relevant de la compétence de la CPI. Cette cour met d’ailleurs en œuvre un fonds au profit des victimes.

Agnès Yangakola est l’une des bénéficiaires de ce fonds, elle vivait à Bambari, dans le centre du pays, au moment des faits et elle explique, dans un témoignage terrible, comment les Séléka l’ont violé, ont tué son mari, son garçon et sa sœur.

Agnès Yangakola s’est confiée à la DW. Attention, les passages qui vont suivre peuvent heurter la sensibilité de certains lecteurs :

« J’ai deux enfants, un garçon et une fille. La fille a été touchée par une balle perdue pendant le conflit. Elle était mourante et je l’ai jetée à l’eau pour sauver le garçon. Dans notre fuite pour trouver un lieu de refuge, nous avions faim, j’ai vu de l’igname sauvage dans la brousse que j’ai mise au feu pour manger. Mais des gens de bonne volonté ont sauvé ma fille et me l’ont ramenée. Je l’ai portée dans mes bras en réfléchissant à son père que les Séléka ont tué. Moi-même je voulais mourir à ce moment-là », se souvient Agnès Yangakola, qui a été formée et accompagnée par l’Association des femmes juristes dans le cadre de du fonds d’aide de la CPI.

Graphique sur les violences sexuelles en AfriqueLes violences sexuelles sont souvent passées sous silence

Elle poursuit : « Quand les Séléka ont vu la fumée de notre feu, ils nous ont trouvé et ils voulaient savoir où se trouvaient nos maris. Ma sœur et moi leur avons dit que nos maris sont morts. Mais ils ne voulaient pas nous croire et nous ont dit que si on n’indiquait pas l’endroit où ils se trouvent, ils allaient tuer les enfants. Je leur ai dit que s’ils veulent fait ça, ils n’ont qu’à commencer par moi. Ils m’ont attaché à un arbre, ils ont tué mon garçon et m’ont remis sa tête. Ils ont tué ma sœur devant moi. Ils ont uriné sur moi avant de me violer. Puis ils m’ont mis une pierre dans le vagin qu’ils ont enfoncé à l’aide de la crosse de leurs armes. J’étais hors de moi et je ne sais pas comment je me suis retrouvée à Bangui et prise en charge par MSF. »

  • Date 25.11.2022
  • Auteur Jean-Fernand Koena

DW

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