ECHEC DES SANCTIONS CONTRE LES AUTORITES TCHADIENNES : Quand l’UA rend service au pouvoir tchadien

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ECHEC DES SANCTIONS CONTRE LES AUTORITES TCHADIENNES : Quand l’UA rend service au pouvoir tchadien

Mahamat Idriss Déby, le locataire du Palais rose à N’Djaména, peut se frotter les mains. En effet, le 11 novembre dernier, à la grande majorité de ses pays membres, le Conseil paix et sécurité (CPS) de l’UA, a décidé de ne pas prononcer de sanctions contre le Tchad comme le réclamait Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’organe continental. Le pouvoir tchadien peut trinquer ce d’autant plus que des motifs de sanction existent, bel et bien.  Primo, les militaires au pouvoir au Tchad n’ont pas respecté leur engagement de remettre le pouvoir aux civils dans un délai de 18 mois comme le demandait l’UA. A la faveur de la « conférence nationale souveraine tchadienne inclusive », la transition a même été prolongée de deux ans avec la possibilité donnée au général Mahamat Idriss Deby, de se présenter à un mandat électif au terme du processus.  Secundo, cette possibilité donnée à Déby fils de se présenter à la prochaine élection présidentielle, constitue en elle-même une entorse aux principes de l’UA et cela a été relevé par l’instance continentale elle-même.  « Dans le cas tchadien, le CPS avait rappelé les principes de l’UA et a pris à trois reprises, la même décision sur l’inéligibilité des militaires et de la durée de la transition. Les autorités de la transition ont violé ces principes et décisions », a souligné d’ailleurs dans une note.

 Entre le général Mahamat Idriss Déby et le peuple tchadien, l’UA semble avoir fait son choix

 Tertio, le non-respect de la durée de la transition a conduit à un massacre historique de Tchadiens lors d’une manifestation, le 20 octobre dernier. Pour rappel, selon les chiffres officiels, au moins 50 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées. Même si les autorités s’en défendent, ce massacre porte la marque du régime du général Déby dont la responsabilité, ici, n’est pas à discuter.  Pour ces « œuvres » attentatoires aux droits de l’Homme et aux principes de l’UA, l’on devait s’attendre à ce que le CPS inflige au pouvoir tchadien, la punition qu’il mérite. Mais, au lieu de châtiments, des membres du CPS ont estimé qu’il faut continuer à accorder aux autorités de la transition, un traitement dérogatoire et cela, au mépris des textes de l’UA en pareilles circonstances. Pourquoi alors une telle mansuétude du CPS à l’égard de Mahamad Idriss Déby ? Pourquoi refuser de punir, pour l’exemple, les autorités tchadiennes ? Ne dit-on pas que la sanction a une valeur pédagogique ?  Les pays membres du CPS qui ont évité les sanctions contre les autorités tchadiennes face aux dérivés, ont leurs raisons. Mais il faut craindre que cette tolérance de ce régime, ne soit une façon de l’encourager. Car, consciemment ou inconsciemment, le CPS vient de poser là, un acte qui rend service au pouvoir tchadien. Visiblement, entre le général Mahamat Idriss Déby et le peuple tchadien, l’UA semble avoir fait son choix qui est en faveur du prince régnant.  Or, une instance comme l’UA a le devoir d’être au service des peuples et non des dirigeants. Désormais, et c’est peu de le dire, le CPS et l’UA seront tenus pour responsables des dérives autoritaires auxquelles est exposé le peuple tchadien.

 Michel NANA

Le Pays

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