DIALOGUE SUR FOND DE TENSIONS SOCIOPOLITIQUES AU PAYS DE LA TERANGA  : Quels lendemains pour le Sénégal ?

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DIALOGUE SUR FOND DE TENSIONS SOCIOPOLITIQUES AU PAYS DE LA TERANGA  : Quels lendemains pour le Sénégal ?

Après plusieurs mois de tensions dans un feuilleton judiciaire aux allures de jeu d’échec, ce jeudi 1er juin 2023, se présente comme celui de tous les dangers au pays de la Teranga. Pour cause, le verdict du procès pour viols de l’opposant Ousmane Sonko, est attendu par tout un pays qui retient son souffle. Ce, dans un contexte où le président Macky Sall a lancé, le 31 mai dernier, un dialogue national qui n’a pas pu rassembler tous les acteurs politiques ; certains, dont le parti de Ousmane Sonko, ayant choisi la voie du boycott pour mieux se lancer dans un contre-dialogue. Lesquelles contre-assises, au-delà des divergences et de la profonde division de la classe politique qu’elles révèlent, sont tout aussi symptomatiques des fortes tensions qui menacent de faire basculer le pays dans le chaos. De quoi s’interroger sur l’avenir de ce pays dont la stabilité a toujours paru le point fort mais qui est en train d’écorner sérieusement, si ce n’est déjà fait, son image de vitrine de la démocratie dans une sous-région ouest-africaine en pleine mutation.

 

Les ingrédients d’une forte déflagration semblent réunis

 

Une partie du continent noir où, au-delà des raisons sécuritaires, le retour du pouvoir kaki dans les palais semble faire écho aux velléités monarchistes de certains dirigeants. Comment alors s’étonner de cette poussée d’adrénaline sur fond de secousses sociopolitiques au pays de la Teranga, quand tous les ingrédients d’une forte déflagration semblent réunis face à la volonté supposée ou réelle du chef de l’Etat, de briguer un troisième mandat polémique ? Et Ousmane Sonko n’est pas le seul Sénégalais à attendre Macky Sall au tournant des velléités qu’on lui prête de chercher à prolonger son bail à la tête de l’Etat. En témoigne le lancement, en avril dernier, d’une coalition anti-troisième mandat du natif de Fatick, qui ne comprend pas moins d’une centaine de partis politiques et d’organisations de la société civile. C’est pourquoi, aussi justifié que soit le combat de Ousmane Sonko contre une prolongation « indue » du pouvoir de Macky Sall à la tête du Sénégal, son refus de comparaître devant la Justice aussi bien pour les accusations de diffamation que de viols au motif qu’il s’agit de machinations politiques visant à le disqualifier, apparaît aujourd’hui non seulement  comme un argument bien mince, mais aussi et surtout comme une erreur de casting. Et le jeune opposant pourrait se mordre les doigts si ses ambitions politiques devaient se briser définitivement sur le rocher de la Justice qui l’a jugé par contumace. Ce, nonobstant le soutien indéfectible de la rue qui ne peut, malheureusement pour lui, changer une décision de justice. C’est dire si l’édile de Ziguinchor file du mauvais coton. Et il semble aujourd’hui conscient que par son attitude de défiance vis-à-vis d’une institution qu’il a voulu ignorer, il a finalement donné à la Justice des verges pour se faire flageller.

 

Les risques de débordements voire d’affrontements sont bien réels

 

 C’est pourquoi l’on est porté à croire qu’en recourant à la pression de la rue tout en ne manquant pas d’initier un contre-dialogue au moment même où le président Macky Sall lançait son dialogue national, Ousmane Sonko joue son va-tout. D’autant que la journée de ce 1er juin 2023 s’annonce décisive, sur le plan judiciaire, pour ses ambitions présidentielles. Et pour ne pas arranger ses affaires sur le plan politique, la coalition du F24 à laquelle il appartient, ne présente pas les meilleures garanties d’harmonie et d’homogénéité quand on sait que certains de ses camarades de l’opposition, à l’instar du PDS de Abdoulaye Wade ou encore Taxawu Senegal de Khalifa Sall, ont accepté la main tendue du dialogue national du président Macky Sall. Et ce, au moment où le PASTEF optait pour le boycott.  C’est dire si dans son bras de fer avec le pouvoir de Dakar, Ousmane Sonko joue gros. Toujours est-il qu’entre dialogue national, contre-dialogue et attente du verdict du procès pour viols du natif de Thiès, le Sénégal vit des moments difficiles. Et cela n’est pas sans susciter des inquiétudes et des interrogations. Alors, quels lendemains pour le Sénégal ? La question est d’autant plus fondée que les risques de débordements voire d’affrontements sont bien réels.  Surtout en cas de verdict non favorable à Ousmane Sonko.  Et la situation peut dégénérer à tout moment, tant les esprits sont déjà chauffés à blanc, dans l’attente de ce verdict. Et les Sénégalais ont raison de vivre dans la peur. Car, ces tensions sur fond de violences parfois meurtrières, constituent plus que des menaces sérieuses pour la stabilité du pays. En tout état de cause, les couteaux semblent tirés entre les partisans de l’opposant fortement mobilisés dans la rue pour la cause de celui qu’ils ne sont pas loin de hisser déjà au rang de successeur de Macky Sall, et le pouvoir de Dakar qui a choisi la voie de la fermeté pour que force reste à la loi. Entre les deux, le Sénégal a rarement été autant à la recherche d’équilibre : celui de la paix.

 

 « Le Pays »

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